Comment vivre en harmonie avec la nature? Réponse avec The Biggest Little Farm, un documentaire inspirant sur une ferme pas comme les autres.
En 2011, John et Molly Chester font une promesse à leur chien. Ils lui jurent que, bientôt, ils quitteront la ville pour ne plus jamais y remettre les pieds. Le couple d’Américains ne se doute pas alors qu’il s’apprête à vivre une aventure exceptionnelle. Car ils vont la tenir, cette promesse. A quelques kilomètres de Los Angeles, Molly et John trouvent le terrain de leurs rêves. Enfin, ils avaient de l’espoir car ces vastes étendues arides n’étaient, a priori, pas l’endroit idéal pour démarrer une exploitation agricole autorégulée. Le but de ces deux rêveurs est effectivement de mettre en place un véritable écosystème qui s’intégrerait à la nature. Pour y arriver, John et Molly vont devoir tout reprendre à zéro, aidés par des spécialistes en la matière. Le chemin sera semé d’embûches, mais ils ne baisseront pas les bras et créeront un petit paradis dont beaucoup devraient s’inspirer à l’avenir.
Une ode à la vie
Cette formidable aventure n’est pas le fruit de l’imagination d’un scénariste. John et Molly sont bien réels, leur ferme et leurs projets aussi. Le couple a décidé de filmer le processus, pour en faire un documentaire. Une ode à la vie et à l’environnement qui montre qu’une cohabitation avec notre planète est encore possible. The Biggest Little Farm fait effectivement partie de ces films qui font du bien à l’âme. A l’instar de Demain, le documentaire de Cyril Dion, il détaille les solutions plutôt que de se lamenter sur le sort de l’humanité. Ce qui ne veut pas dire que Chester et Molly sont naïfs ou utopistes. Leur ferme autorégulée ne s’est pas construite en un jour. Que du contraire. Chaque étape apporte son lot de défis, de déconvenues, et, heureusement, de joies. Si The Biggest Little Farm est passionnant de bout en bout, c’est aussi parce qu’il nous fait entrer dans le quotidien de ces sympathiques personnages. On s’attache inévitablement aux fermiers en devenir. On panique avec eux quand Emma, la cochonne, tombe malade et refuse de s’alimenter, menaçant, de ce fait, la vie de ses porcelets. On est attendris par la complicité que l’animal entretient avec un coq solitaire. Mais, surtout, on s’émerveille de voir qu’on peut toujours trouver une solution naturelle, si on prend le temps d’observer notre environnement.
Un vrai film
L’objectif d’une ferme en harmonie avec la nature est effectivement de se passer des pesticides et autres produits chimiques créés par l’homme. Alors, évidemment, ça prend du temps, de l’énergie et de la réflexion. Mais on découvre alors à quel point on a oublié que chaque animal, chaque insecte, chaque plante a une place et une utilité. The Biggest Little Farm n’est donc pas un documentaire comme les autres. Il s’inscrit parfaitement dans l’air du temps, en permettant de faire connaître les voies alternatives à notre mode de consommation. Il s’agit, en outre, d’un vrai film, qui attache de l’importance à la photographie et à la narration. Chester et Molly donnent une leçon sur le cycle de la vie. En témoignent les derniers plans sur leurs cultures, leurs prairies, leurs animaux. Une œuvre à donner le vertige!
Elise LENAERTS
