Avec leur parodie de la série "Bref", les jeunes catholiques de la "Frassateam" n’hésitent pas à partager leur "bon plan" : le Christ. Interview avec Amaru Cazenave, membre du groupe.
La "Frassateam" est un groupe d’amis qui se réunit depuis 2007 toutes les semaines pour prier le chapelet. Ces jeunes catholiques s’inspirent de la "vie simple et décalée" de Pier-Giorgio Frassati, étudiant, alpiniste et membre du tiers ordre dominicain, béatifié par le pape Jean-Paul II le 20 mai 1990 à Rome. En 2008, la "Frassateam" se lance dans une aventure audiovisuelle originale: raconter la Nativité avec des playmobils et en prenant le point de vue de l’âne. C’est ainsi que naît "Cadichon". Les années suivantes, le groupe réalise des JT humoristiques et, en 2011, se lance dans la parodie de la mini-série "Bref" diffusée sur Canal+ depuis le mois d’août. Selon le quotidien catholique français "La Croix", les deux épisodes de "Bref je suis catho" ont déjà été visionnés plusieurs dizaines de milliers de fois.
- Pourquoi avez-vous choisi le format de la série "Bref" pour faire passer votre message?
Amaru Cazenave - Déjà, parce que ça nous a beaucoup fait marrer. Et puis c’est une façon très innovante de raconter des histoires. On se reconnaît, comme beaucoup de jeunes de notre âge, dans le personnage principal. Bref, c’est frais et ça permet d’aller à l’essentiel.
- Quel objectif poursuivez-vous à travers ces vidéos?
- On sent que notre génération a un profond désir d’évangéliser au sens noble du terme. Il ne s’agit pas de convaincre les gens qu’on est les plus forts à grands coups d’arguments, mais, un peu à la manière d’un bon plan qu’on aurait trouvé – des fringues pas chères par exemple – de partager celui qui a changé nos vie, le Christ.
On est souvent un peu désarmé lorsqu’il s’agit d’expliquer à nos collègues et nos amis non cathos ce que l’on vit en tant que croyants. Avec ces petites vidéos, les gens se marrent, l’autodérision aide à briser la glace et la simplicité du message permet de se concentrer sur l’essentiel.
Les vidéos seules sont peut-être inefficaces, mais entre les mains d’un catho missionnaire, elles peuvent aider à entreprendre un vrai dialogue. C’est pour ça qu’elles ont été créées.
- Les acteurs sont-ils tous membres de la "Frassateam"?
- L’acteur principal, Fitzgerald, est un vrai comédien. Je l’avais rencontré lors des Journées Mondiales de la Jeunesse et j’ai pensé à lui pour les parodies. Pour les autres personnages, nous avons bénéficié de son réseau professionnel et demandé à nos connaissances.
- Encouragez-vous les jeunes chrétiens à s’investir, comme vous, sur le net?
- Je crois beaucoup à l’outil Internet. Il permet de s’exprimer librement et ouvre des champs énormes de créativité. Comme disait Pier-Giorgio Frassati: "A nous, il ne nous est pas permis de vivoter, vive est notre devoir". Transposées à notre génération, ces paroles nous incitent à ne pas rester spectateurs sur Facebook, Youtube, Twitter… Nous avons des choses à partager avec nos contemporains, alors exprimons-nous. Il est parfois difficile de savoir comment faire. Il ne faut pas hésiter à nous tourner vers nos paroisses, aumôneries, groupes de prières pour trouver de l’aide.
- Que pensez-vous de la communication de l’Eglise catholique?
- Je travaille dans l’audiovisuel et j’aimerais mettre mes compétences au service de l’Eglise. Malheureusement, la communication est souvent considérée comme quelque chose d’annexe. L’Eglise est réticente à faire appel à des spécialistes. Les campagnes, faites par des gens de bonne volonté mais souvent non qualifié, sont pauvres, peu attirantes… quand elles ne sont pas inexistantes. C’est vraiment dommage parce que beaucoup de jeunes professionnels aimeraient s’investir.
Apic

