Dos à dos ou côte à côte ?


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Dos à dos ou côte à côte ?
Par Jean-Jacques Durré
Publié le - Modifié le
2 min

Après les scrutins fédéral et régional de dimanche dernier, notre pays paraît difficile à gouverner. Tous les partis de la majorité sont en recul, comme les autres partis traditionnels à qui l’opposition n’a pas profité. Si l’on excepte l’avance des écologistes, on peut écrire sans se tromper que le grand vainqueur des élections en Belgique est l’extrémisme. Certes, comme à l’accoutumée, chaque parti a tenté de minimiser son recul. Mais, il ne faut pas se mettre la tête dans le sable: nous sommes aujourd’hui placés dans une situation complexe et on peut craindre qu’il faudra du temps pour mettre en place le gouvernement fédéral, avec les risques que cela induit.
Il faut maintenant transformer ce "dimanche noir" en opportunité. S’interroger d’abord sur les raisons pour lesquelles au nord du pays, les nationalistes atteignent plus de 40% des votes. A lui seul, le parti d’extrême droite atteint près de 20% des voix et a surtout fait recette chez les jeunes Flamands. Ceux-ci sont-ils racistes, anti-francophones, antisociaux? Pas sûr. On peut penser que pour beaucoup, c’est le discours qui a séduit, plus que le rejet de l’autre. Un discours simpliste qui fait miroiter un avenir meilleur; discours que l’on retrouve en Wallonie à l’extrême gauche. Cette analyse est indispensable pour contrer cette montée des extrémistes.
Nos partis dits traditionnels (dans lesquels on doit englober les Verts) ont donc une question à résoudre: travailler dos à dos ou côte à côte? Ce scrutin a montré les limites de la régionalisation et de la communautarisation: il faut revenir à une forme de fédéralisme des partis, dont les ailes linguistiques travailleront de concert sur des grands thèmes de société. Avec des propositions communes. La régionalisation a un côté pervers: celui de ne s’adresser qu’à un électorat régional alors qu’au fédéral il faut impérativement négocier et faire des compromis. D’où la frustration face à certaines promesses non tenues.
Les jeunes ont besoin de rêves, d’avenir. Pas de vagues promesses. Les récentes manifestations pour le climat et contre l’exclusion sociale l’ont démontré: beaucoup ont l’impression de ne pas être entendus ou compris. Il y a donc dans le résultat de ce scrutin, un beau challenge: celui de revenir à une politique prônant l’ouverture, l’entente au-delà des différences. Un projet mobilisateur qui combat le repli sur soi, où chacun est appelé à travailler à un monde plus juste.

Jean-Jacques DURRÉ
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Catégorie : Opinions

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