Histoire authentique, Le vent de la liberté nous ramène au temps de l'Allemagne de l'Est. Voici un manuel pour prendre la poudre d'escampette par la voie des airs.

L'Allemagne de la guerre froide a toujours inspiré littérature et cinéma. Le pays divisé jusque dans sa capitale, les privations, les familles déchirées arbitrairement, l'espionnage, tous ces éléments font, en effet, un terreau idéal pour raconter de passionnantes histoires. Au cinéma, on pense à Goodbye Lenin!, La vie des autres ou plus récemment Werk Ohne Author, qui exploitent sous des angles différents les conséquences de ce fameux mur pour la population. Le vent de la liberté s'inscrit dans la lignée de ces films témoins d'une époque. Inspiré d'une histoire vraie, il raconte l'incroyable fuite de deux familles, d'Allemagne de l'Est vers l'eldorado de l'Ouest. Ce n'est d'ailleurs pas la première fois que leur périple est porté à l'écran. Certains se souviendront ainsi de La nuit de l'évasion, un film américain sorti en 1982.
Le vent de la liberté fait donc office de remake, en allemand cette fois. Tout débute dans la ville de Pössneck, en Allemagne de l'Est où vivent les familles Strelzyk et Wetzel. Après la séparation de leur pays, ces deux couples et leurs enfants se sont retrouvés bloqués du mauvais côté. Interdites de contact avec leurs proches habitant à l'ouest et constamment surveillées par la Stasi et ses agents, les deux tribus décident de mettre les voiles, en 1979. Comme les routes sont truffées de contrôleurs, Peter Strelzyk et Günter Wetzel réfléchissent à un autre moyen de quitter le territoire. Ils trouvent leur réponse en regardant vers le ciel. Une montgolfière! Le projet est hasardeux, certes. Les deux familles risquent à tout moment de se faire prendre en plein vol. Sans parler des préparatifs pour réussir à assembler un ballon capable de les emmener tous les huit à bon port. Les magasins où se procurer le matériel sont surveillés, tandis que leur voisin, membre de la Stasi ne leur laisse aucun répit. Les deux hommes sont obligés de coudre la toile la nuit, dans la cave, pour éviter d'attirer l'attention. Et puis il y a les tests, à faire en cachette également, pour s'assurer de la sécurité de l'engin.
Les heures sombres de l'Allemagne divisée
On vous laisse imaginer (et découvrir) les inévitables imprévus qui jalonnent cette folle entreprise et font de ce film un entraînant suspense. Sur un rythme trépidant, Le vent de la liberté montre le courage de ces deux familles pour retrouver leurs droits humains. Si on n'en apprend pas nécessairement davantage en termes de faits historiques, on se prend rapidement d'affection pour les Strelzyk et les Wetzel. Ce genre de film rappelle avec force les années sombres par lesquelles sont passés les Allemands arbitrairement séparés. L'ambiance de plomb qui pesait sur leur quotidien est ainsi retranscrite avec beaucoup de justesse. La grisaille traduit la méfiance, la crainte d'être pris en défaut, tous ces sentiments ressentis par les populations opprimées. Au-delà de sa portée divertissante, Le vent de la liberté est donc un précieux rappel qu'il n'est jamais inutile d'administrer.
Elise LENAERTS

