A l'appel de la communauté scientifique de l’UCLouvain et de l’ULB, les étudiants sont invités à rejoindre la marche des jeunes hebdomadaire.
Sur Facebook, un événement rassemble déjà plus de 400 candidats marcheurs de l'UCLouvain. Ce jeudi 14 février, de concert avec les étudiants de l'ULB, ils délaisseront les auditoires pour se joindre au mouvement de leurs petits frères et petites soeurs du secondaire.
Secouer le monde politique jusqu'aux élections!
La génération des 12-40 ans se sent de plus en plus concernée et demande d'agir immédiatement. Ce qui était au départ un mouvement pour les générations futures révèle à présent l'urgence d'agir immédiatement. Les étudiants, qui sont à l'entrée de la vie active, s'y mettent aussi. Le mouvement fait donc tâche d'huile.
Constatant que les jeunes se remettent de plus en plus en question par rapport au monde professionnel et ont fait un bond dans leur cheminement intellectuel, la communauté scientifique estime qu'il est de son devoir de les soutenir.
Ainsi, les corps scientifiques de l’UCLouvain et de l’ULB représentent 3 500 chercheurs de Fédération Wallonie Bruxelles. Ceux-ci participent à la définition de la politique de recherche, d’enseignement et de service à la société des universités. Ils ont décidé d'adresser un triple message au monde politique et académique:
Servir d'exemple
Premièrement, ils appellent à ce que les universités deviennent des exemples de la transition écologique. Cela signifie devenir des institutions zéro déchet, intégrer des critères sociaux et environnementaux dans les appels d’offre, désinvestir leur épargne de fonds finançant les énergies fossiles, etc. Cela veut dire également financer davantage de recherche sur la transition écologique et sociale. Aux yeux du corps scientifique, il n'est plus question de se contenter d'un cours "mineur" en développement durable, il faut enseigner plus largement les dernières connaissances scientifiques en la matière dans tous les cursus.
Soutien inconditionnel au lobby jeune
Deuxièmement, ils invitent les directions universitaires à soutenir les mouvements citoyens, en particulier de leur communauté étudiante. Par exemple, par la tolérance de l’absence d’étudiants qui iraient marcher les jeudis avec les élèves de secondaire, comme cela va être le cas dans plusieurs universités le 14 février 2019. Le bouillonnement intellectuel et les débats qui ont lieu pendant et autour de ces marches entrent pleinement dans la volonté des universités de former des « têtes bien faites » et pas juste des « têtes bien pleines ». Ou, selon la terminologie officielle, des CRACS, des « Citoyens Responsables Actifs Critiques et Solidaires ».
Indispensable transition écologique et sociale
Troisièmement, ils enjoignent les pouvoirs publics à suivre les recommandations du GIEC. Celui-ci demande de mettre en place des changements sans précédent afin de réduire massivement l'empreinte carbone. Cela doit se faire à grande échelle dans les domaines de l’énergie, des industries, de l'utilisation des sols, de l’organisation des villes, du transport et des infrastructures. Un exemple parmi d'autres serait de promouvoir la gratuité des transports en commun, comme cela a déjà été décidé au Luxembourg. Le financement de cette transition doit se faire; les chercheurs étudient des pistes valables. Ils en appellent les pouvoirs publics à les concrétiser.
Selon Olivier Malay, président du Corps scientifique de l’UCLouvain, "les constats ont été amenés de manière claire par la communauté scientifique depuis des années. Aujourd’hui, il faut que les pouvoirs politiques s’en saisissent et agissent de manière ambitieuse pour changer le système productif. Nous remercions les jeunes de nous montrer la voie en ce sens, et nous espérons que les universités répondront à leur appel."
A l'appel de la communauté scientifique de l’UCLouvain et de l’ULB, les étudiants sont invités à rejoindre la marche des jeunes hebdomadaire.