La fin d’une époque ?


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La fin d’une époque ?
Par Jean-Jacques Durré
Publié le - Modifié le
2 min

Editorial du P. Charles Delhez paru dans le "Dimanche Express" n°42 du 27 novembre 2011 :

Les textes bibliques dits “apocalyptiques” des dernières semaines de l’année liturgique – en fait, des textes d’espérance – semblent faire écho au pessimisme ambiant. “C’est la décadence”, entend-on dire. En tous les cas, nous vivons la fin d’une époque. Les signes s’accumulent, mais nous les lisons séparément et ne voyons pas comment ils se renforcent les uns les autres. Pourtant le poète Valéry nous a appris que les civilisations sont mortelles. Il suffit, pour s’en convaincre, de faire un peu de tourisme archéologique: que visite-t-on sinon les ruines des civilisations précédentes? Or, enfants de la modernité, nous avons cru que nous étions définitivement au top.

En ces temps de mutations très profondes, il y a trois sortes de gens. Ceux qui ne s’en rendent pas compte et continuent à vivre comme à la “belle époque”. La deuxième espèce est très consciente des séismes qui affectent notre société et ils paniquent. C’est le pessimisme quotidien, voire l’angoisse. D’autres enfin, sans être aveugles, gardent l’espérance. La crise, qui impose des changements qu’il aurait fallu effectuer plus tôt, est l’occasion d’une renaissance. N’est-ce pas l’attitude chrétienne: voir en toutes circonstances, même les plus douloureuses, un lieu de résurrection?

Oui, les temps seront durs. Nos enfants savent bien que demain sera plus difficile qu’aujourd’hui. Les aînés ont connu le printemps, et le mois de mai où on peut faire ce qu’il nous plaît. Voilà l’automne, et nous nous demandons quand il faudra remettre le pull. Plus question de sauver les avantages acquis. À gauche comme à droite, on parle désormais d’austérité. Ainsi les élections espagnoles…

L’urgence est de préparer l’avenir. Les valeurs évangéliques passeront-elles aux générations qui porteront la civilisation de demain? Ce ne se pourra que si nous les vivons dès aujourd’hui dans leur radicalité. Ce n’est pas un rafistolage de surface qui sauvera la mise, mais une plongée en profondeur. Au cours de ces vingt siècles, ce n’est pas le premier changement de civilisation, même si celui-ci paraît plus décisif. À chaque fois, des témoins ont emporté dans leurs bagages – au risque de leur vie parfois – le précieux trésor qu’est l’Évangile. À chaque fois, un monde nouveau, après une longue période de transition, a pu voir le jour. Pourquoi pas cette fois-ci encore?

Charles DELHEZ

Catégorie : L'actu

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