Benoît XVI s'est envolé avec sa suite et une quarantaine de journalistes, ce 18 novembre de l’aéroport de Rome-Fiumicino, vers la capitale économique et politique béninoise, Cotonou où il arrivera vers 15h. Le pape sera accueilli par le président Thomas Yayi Boni à l’aéroport qui porte le nom d’un célèbre haut prélat de la curie, le cardinal béninois Bernardin Gantin décédé en 2008. Un voyage dominé par la publication de son Exhortation apostolique post-synodale "Africae Munus". Lors de son 2e déplacement sur le continent africain, le pape devrait insister sur les thèmes de la réconciliation, de la justice et de la paix qui étaient au cœur du synode des évêques convoqué au Vatican en octobre 2009. Il devrait encourager l’immense “poumon spirituel“ que représente l’Eglise en Afrique, selon ses propres mots. Mgr Nikola Eterovic, secrétaire général du Synode des évêques, a dévoilé dans "L’Osservatore Romano" du 17 novembre quelques axes de l'exhortation que Benoît XVI remettra symboliquement aux évêques africains, le 20 novembre à Cotonou.
L’Exhortation apostolique "Africae munus" (l’engagement de l’Afrique), publiée le 19 novembre, se félicite des progrès notables en matière de dialogue œcuménique. Ce dernier est important dans le Continent noir "pour rendre les chrétiens plus crédibles dans l’annonce de la Bonne nouvelle". Il fait aussi référence "au dialogue interreligieux, surtout avec les religions traditionnelles africaines et l’islam", indique Mgr Nokola Eterovic.
Le document pontifical constate que, "malheureusement, il existe des difficultés non seulement avec beaucoup de sectes et de mouvements syncrétistes, mais aussi avec ce que l’on appelle les Eglises autochtones chrétiennes".
La politique et la santé
Le document s’adresse aussi "aux responsables du destin social et politique de l’Afrique". Il invite les chrétiens laïques à "bien se former et s’engager dans le domaine social et politique, en collaboration avec des hommes de bonne volonté", afin de gérer les affaires publiques et le bien commun de façon professionnelle, honnête et désintéressée. A l’inverse, ils ne doivent pas œuvrer en fonction "d’intérêts personnels ou de groupes".
L’Exhortation apostolique post-synodale "fournit des critères clairs pour un bon gouvernement des Etats". Elle appelle "au respect de la Constitution, aux élections libres, à l’administration transparente, à la préservation des biens fondamentaux comme la terre et l’eau". Il est souhaité que "l’exploitation des grandes richesses du continent serve au développement intégral de tous les Africains".
Le texte traite aussi de l’action de l’Eglise dans le domaine de l’éducation et de la santé, qu’il s’agisse de "la lutte contre le fléau de l’analphabétisme" ou contre "les grandes pandémies: la tuberculose, le sida et la malaria".
Appel au monde entier
Le document renvoie également la communauté internationale devant ses responsabilités. Il est question de "mondialisation de la solidarité, garantie de la justice et de la paix, dans la mesure où l’abondance des uns devrait pallier le manque des autres".
Le texte propose "le principe de subsidiarité" dans le contexte africain. Il rappelle "le primat des personnes et des corps intermédiaires", que l’Etat ne doit en aucun cas remplacer. En conformité avec la doctrine sociale de l’Eglise, explique Mgr Eterovic dans "L’Osservatore Romano", le document pontifical souligne que "la charité va au-delà de la justice distributive". "Les défis de la faim, de la pauvreté, des pandémies, du sous-développement interpellent l’Eglise, mais aussi tous les hommes de bonne volonté du monde entier".
Le texte français, de l’exhortation post-synodale "Africae Munus", sur l’Église en Afrique au service de la réconciliation, de la justice et de la paix, sera publié demain samedi 19 novembre à 13 heures sur le site info.catho.be, au même moment de sa publication à Rome.
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