
Greg Burke
La convocation du pape, adressée à l'ensemble des présidents des conférences épiscopales pour aborder la question des abus sexuels dans l'Eglise, du 21 au 24 février 2019, est "sans précédent". C'est ce qu'a relevé Greg Burke, directeur du Bureau de presse du Saint-Siège, ce vendredi 23 novembre 2018.
"Le pape François veut que les responsables de l'Eglise aient une pleine compréhension de l'impact dévastateur que les abus sexuels par des membres du clergé ont sur les victimes", a déclaré Greg Burke, directeur du Bureau de presse du Saint-Siège. Selon lui, cette convocation révèle que le pape a fait de la protection des mineurs une "priorité fondamentale pour l'Eglise".
Cette rencontre, a poursuivi Greg Burke, vise à "protéger du danger les enfants à travers le monde". C'est pourquoi, a-t-il précisé, “le pape François veut que les responsables de l'Eglise aient une pleine compréhension de l'impact dévastateur que les abus sexuels par des membres du clergé ont sur les victimes”.
Cette rencontre est d'abord pour les évêques, a détaillé Greg Burke, car "ils ont une grande part de responsabilité dans ce problème grave". Toutefois, a-t-il ajouté, des hommes et femmes laïcs apporteront leur "contribution", en particulier pour mettre en évidence "ce qui doit être fait afin d'assurer la transparence et la responsabilisation".
Implication de femmes laïques dans la préparation
Ces déclarations de Greg Burke font suite à un communiqué du Saint-Siège, indiquant que le pape François avait désigné un comité de préparation de cette rencontre. Sont chargés de cette mission: le cardinal Blase Cupich, archevêque de Chicago (Etats-Unis); le cardinal Oswald Gracias, archevêque de Bombay (Inde); Mgr Charles Scicluna, archevêque de Malte, secrétaire-adjoint de la Congrégation pour la doctrine de la foi et expert de ces questions; le Père Hans Zollner, président du Centre pour la protection des mineurs de l'Université grégorienne et membre de la Commission pontificale pour la protection des mineurs (CPPM).
Outre ces quatre prêtres, indique le communiqué, deux femmes laïques seront également impliquées dans les travaux de préparation: Gabriella Gambino et Linda Ghisoni, toutes deux sous-secrétaires du Dicastère pour les laïcs, la famille et la vie. La CPPM participera également à la préparation de même que des victimes d'abus commis par des membres du clergé.
Selon le communiqué du Vatican, François participera à la rencontre. Outre le pape et les présidents des conférences épiscopales, assisteront: les supérieurs des Eglises catholiques orientales; les supérieurs de la Secrétairerie d'Etat; les préfets des Congrégations pour la doctrine de la foi, pour les Eglises Orientales, pour les évêques, pour l'Evangélisation des peuples, pour le clergé et pour les instituts de vie consacré. Seront également présents le préfet du Dicastère pour les laïcs, la famille et la vie ainsi que des représentants de l'Union des supérieurs généraux et de l'Union internationale des supérieures générales.
Le scandale des abus sexuels nécessite une réponse "ferme et universelle"
Le scandale des abus sexuels commis par des membres du clergé concerne le monde entier et doit être combattu "sans hésitation", a affirmé le Père Hans Zollner, sj, l’un des membres et le référent du comité de préparation. Ce comité, explique le jésuite, veut lancer "tout de suite" une phase de consultation, notamment par un questionnaire qui sera envoyé à tous les participants. Avec ces informations et d'autres transmises par les conférences épiscopales, le comité préparera un "document de base" pour accompagner le travail des participants.
Pour le prêtre allemand, cette forme inédite de convocation – les présidents de toutes les conférences épiscopales – démontre que le pape François est "convaincu" que le "sacrilège" des abus concerne tous les pays du monde, et "certainement pas les seuls pays occidentaux". Ce "fléau" appelle donc une réponse "ferme et universelle, dans la spécificité des contextes locaux". Tous les croyants sont ainsi appelés à le combattre "à fond, sans hésitation".
Cette rencontre, explique le Père Zollner, est "très importante" pour l'Eglise. Car pour elle, la protection des mineurs n'est pas seulement une question de "crédibilité" mais surtout de "sa mission même". C'est pourquoi il est pour le prêtre allemand important que la rencontre "soit libre, sans condition".
Source: cath.ch/imedia/xln/gr

