A la veille du G20 qui se tient à Cannes, en France, Benoît XVI a souhaité le 2 novembre 2011 que cette réunion permette "la promotion d’un développement véritablement humain et intégral". Les chefs d’Etat et de gouvernement se réunissent à Cannes jeudi 3 et vendredi 4 novembre pour examiner les principales problématiques relatives à l’économie mondiale. L'Eglise veut faire entendre sa voix. Ainsi l’observatoire socio-politique du diocèse varois de Fréjus-Toulon et l’association des économistes catholiques (AEC) dévoileront dans la soirée du 3 novembre, le fruit de leur réflexion conjointe pour sortir de la crise financière, en marge, mais non loin du sommet. Ces propositions sont issues des conclusions d’un colloque organisé les 22 et 23 octobre sur l’île de Lérins.
Mercredi, lors de l’audience générale dans la salle Paul VI, au Vatican, le pape a souhaité devant quelque 7000 fidèles présents que la rencontre aide à surmonter les difficultés "qui, au niveau mondial, sont un obstacle à la promotion d’un développement véritablement humain et intégral".
Ce sommet rassemblant les responsables des principaux pays industrialisés et émergents de la planète se déroule à Cannes. Il doit se concentrer sur la situation économique mondiale actuelle, et en particulier la crise de la dette grecque. L’un des objectifs majeurs de ce sommet est d’adopter un plan d’action pour la croissance et les emplois, dans une situation économique mondiale morose. Le sommet travaillera en outre sur une convention de lutte contre l’évasion fiscale, sur la régulation financière, sur l’agriculture, l’énergie et le climat, mais aussi sur la lutte contre la corruption et la dimension sociale de la mondialisation.
Pour rappel, le G20, dont les chefs d’Etat et de gouvernement se réunissent à Cannes, a été créé à la fin des années 1990 en réponse aux crises russe et asiatique et regroupe les principaux pays industrialisés et émergents de la planète. Les membres du G20 sont les pays du G7, club rassemblant les principaux pays industrialisés, plus 12 pays émergents. La 20e place est occupée par l’Union européenne, représentée par le président du Conseil européen Herman Van Rompuy et le président de la Commission européenne José Manuel Barroso. Le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale (BM) participent à ces travaux. L’Espagne et les Pays-Bas sont régulièrement invités aux réunions du G20. Selon ses fondateurs, ce groupe représente quelque 85 % du Produit intérieur brut (PIB) mondial, 80% du commerce international et les deux tiers de la population mondiale.
Les Eglises s’invitent au G20
L’observatoire socio-politique du diocèse varois de Fréjus-Toulon et l’association des économistes catholiques (AEC) présenteront dans la soirée du 3 novembre le fruit de leur réflexion conjointe pour sortir de la crise financière. Ces propositions sont issues des conclusions d’un colloque organisé les 22 et 23 octobre sur l’île de Lérins, au large de Cannes, à l’initiative de l’observatoire diocésain varois. « Notre but est de mettre en avant, à la lumière de la doctrine sociale de l’Église, les dysfonctionnements du système financier qui repose sur des bases ni bonnes, ni justes, afin de trouver ensuite les solutions adéquates », indique Cyril Brun, le directeur de l’observatoire. Jean-Yves Naudet, qui dirige l’AEC , souligne la dimension éthique de la crise :« Les désordres financiers actuels sont le résultat de règles, de pratiques et d’institutions injustes, qui ont créé une culture de l’irresponsabilité ». «Chacun est responsable. Les traders spéculent à court terme sans se poser de questions. Les banques centrales et la commission européenne n’ont pas sanctionné les États qui ont violé les règles européennes encadrant l’endettement et les déficits publics. Leur action est contraire à la morale qui veut qu’on dépense ce que l’on gagne, et injuste car le poids de la dette est reporté sur les générations futures", résume Jean-Yves Naudet, professeur d’économie à l’université aixoise Paul Cézanne.
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