Le pape François au Conseil oecuménique des Eglises


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Le pape François au Conseil oecuménique des Eglises
Le pape François participant à la prière oecuménique au COE
Par Christophe Herinckx
Journaliste de CathoBel
Publié le - Modifié le
4 min

Le pape François participant à la prière oecuménique au COE

Ce jeudi 21 juin, le pape François a rendu visite au Conseil oecuménique des Eglises (COE), à Genève, à l'occasion des 70 ans de cette organisation. Il y a encouragé les chrétiens à développer un "oecuménisme actif".

Fondé en 1948 à Amsterdam, le Conseil oecuménique des Eglises (COE) a pour vocation de faciliter le rapprochement entre les chrétiens de différentes confessions, à travers des rencontres fraternelles, la prière, mais également des réflexions et des actions communes. Le COE, dont le Siège se trouve à Genève, rassemble aujourd'hui près de 350 Eglises, dont les délégués représentent quelque 500 millions de chrétiens de différentes confessions. Sont membres du COE la plupart des Eglises orthodoxes, et nombre d'Eglises anglicanes, baptistes, luthériennes, méthodistes, réformées, certaines Églises évangéliques pentecôtistes. L'Eglise catholique n'y est, quant à elle, pas représentée. Si la possibilité de sa participation est régulièrement évoquée, elle n'est jamais devenue membre du COE, en raison en partie de son importance "numérique", puisqu'elle comprend environ 1,2 milliards de fidèles de par le monde.

Cette absence de représentation directe ne signifie cependant pas une absence totale de participation, puisque l'Eglise catholique collabore à certaines réflexions et activités et y a un statut d'observatrice. En outre, un "groupe mixte de travail" entre COE et Eglise catholique existe depuis 1964, groupe qui a publié différents documents depuis plus de 50 ans.

"Sous la conduite de l'Esprit Saint"

C'est donc à l'occasion des 70 ans d'existence de cette institution que le pape François a rendu visite au COE. Pour la première étape de cette visite, le pape a participé à une prière oecuménique à Genève, au cours de laquelle il a prononcé une homélie qui a marqué les participants. Partant des paroles de saint Paul dans sa Lettre aux Galates, le pape a, à la suite de l'apôtre, invité les membres de l'assemblée à "marcher sous la conduite de l’Esprit Saint".

"Marcher: L’homme est un être en chemin. Toute sa vie durant, il est appelé à se mettre en route, pour une sortie continue à partir de là où il se trouve: du moment où il sort du sein maternel jusqu’au moment où il passe d’un âge de la vie à un autre; du moment où il laisse la maison de ses parents jusqu’au moment où il sort de cette existence terrestre". Le pape a développé cette métaphore pour montrer le sens de la vie humaine "qui ne se suffit pas à elle-même" mais qui est à la recherche de quelque chose de plus.

Rejeter la mondanité pour suivre Jésus

"Mais marcher est une discipline, un effort", a poursuivi François "il faut de la patience quotidienne et un entraînement constant", en ayant le courage de renoncer aux "sécurités éphémères". "Dieu nous appelle à cela, depuis les débuts. Déjà, à Abraham il a été demandé de quitter sa terre, de se mettre en chemin, armé seulement de la confiance en Dieu. C’est ainsi que Moïse, Pierre et Paul, et tous les amis du Seigneur, ont vécu en cheminant. Mais surtout Jésus nous en a donné l’exemple. Pour nous, il est sorti de sa condition divine et il est descendu parmi nous pour marcher, lui qui est le Chemin." Le pape a aussi rappelé que marcher "selon l’Esprit" permet d’éviter de tomber dans la tentation de l’égoïsme, de la possession, qui fait perdre de vue ses compagnons de voyage et rend esclave d’un consumérisme effréné. Marcher selon l’Esprit, c’est donc "rejeter la mondanité",a expliqué François.

Cet esprit du monde est à l'origine des divisions entre les fidèles du Christ. "Au cours de l’histoire, les divisions entre chrétiens sont souvent advenues parce qu’à la racine, dans la vie des communautés, s’est infiltrée une mentalité mondaine", a regretté le pape, en remarquant qu’il était plus souvent question de la défense des intérêts propres que de l’annonce de Jésus-Christ.

"Rejeter tout repli autoréférentiel"

Aujourd’hui, le temps est donc à la purification, tâche à laquelle s'atèle, entre autres, l'oecuménisme . "L’œcuménisme nous a mis en route selon la volonté de Jésus et pourra progresser à condition qu’en marchant sous la conduite de l’Esprit, il rejette tout repli autoréférentiel". Chacun doit donc faire des sacrifices. le pape n'a pas hésité à utiliser une formule choc à cet égard: "L’œcuménisme est ‘une grande entreprise en pure perte’. Mais il s’agit d’une perte évangélique, selon la voie tracée par Jésus: 'Celui qui veut sauver sa vie la perdra; mais celui qui perdra sa vie à cause de moi la sauvera'".

"Sauver ce qui nous est propre, c’est marcher selon la chair; se perdre en suivant Jésus, c’est marcher selon l’Esprit", a indiqué François. Il faut donc renoncer à instrumentaliser le mouvement œcuménique pour défendre ses propres intérêts. Cette démarche serait comparable à celle "de Judas, qui marchait avec Jésus mais pour ses propres affaires". À l’inverse, "il est déjà possible de marcher dès maintenant selon l’Esprit: prier, évangéliser, servir ensemble, c’est possible et cela plaît à Dieu !".

Et le pape François de conclure son intervention:"Que la Croix oriente notre chemin, parce que là, en Jésus, ont déjà été abattus les murs de séparation et toute inimitié a été vaincue: là, nous comprenons que, malgré toutes nos faiblesses, rien ne nous séparera jamais de son amour".

C.H. d'après Cyprien Viet - Vatican News

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