4 non croyants invités à la 3e rencontre interreligieuse de prière pour la paix


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4 non croyants invités à la 3e rencontre interreligieuse de prière pour la paix
Par La rédaction
Publié le - Modifié le
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La 3e rencontre interreligieuse de prière et de dialogue pour la paix rassemble quelque 300 délégués des différentes religions et quatre non-croyants, le 27 octobre 2011, à Assise. C’est la première fois que des non-croyants participent à cette journée "pour la paix et la justice dans le monde", 25 ans après la première rencontre initiée par Jean Paul II.

Venus de plus de 50 pays, quelque 300 délégués des différentes religions participeront à cette rencontre, un nombre qui a considérablement augmenté depuis 1986. Outre le pape et de nombreux représentants de la curie romaine, la rencontre d’Assise comptera de très nombreux leaders religieux non-chrétiens, parmi lesquels près de 70 bouddhistes, dont un Chinois, des hindous, des sikhs ou encore des représentants du jainisme, du zoroastrisme, du taoïsme, du confucianisme, etc. Une cinquantaine de responsables musulmans, dont certains venus du Maroc, d’Iran, d’Arabie saoudite, d’Azerbaïdjan et d’Egypte sont annoncés. Le nombre des représentants de l’islam a été multiplié par cinq depuis la rencontre de 1986, passant de 11 à 50. David Rosen, du grand rabbinat d’Israël, et le grand rabbin de Rome, Riccardo Di Segni, feront partie d’une délégation juive.

La rencontre comptera une trentaine de délégations chrétiennes. Le patriarche de Constantinople Bartholomé Ier sera là, au même titre que le chef de la Communion anglicane, Rowan Williams, ou le secrétaire général du Conseil œcuménique des Eglises, le pasteur Olav Fykse Tveit. Le patriarcat orthodoxe de Moscou y enverra le métropolite d’Astana et du Kazakhstan, Alexandre.

Chose inédite cette année, quatre non-croyants ont été invités par le Conseil pontifical de la culture. Il s’agit du philosophe mexicain Guillermo Hurtado, du philosophe italien enseignant aux Etats-Unis Remo Bodei, du penseur Walter Baier, membre du Parti communiste autrichien, et de la philosophe et écrivain française d’origine bulgare Julia Kristeva.

Julia Kristeva a beaucoup écrit sur les femmes intellectuelles comme Hannah Arendt (1906-1975), mais aussi sur l’amour, la dépression, et les maladies contemporaines de l’âme. Elle affirme notamment que l’impatience de l’Homme moderne le prive d’une véritable vie psychique, au point de lui faire perdre peu à peu son âme. Féministe et athée déclarée, Julia Kristeva est mariée à l’écrivain catholique Philippe Sollers. Depuis la parution de son livre sur la vie de sainte Thérèse d’Avila (1515-1582) en 2008, elle a été beaucoup sollicitée par le milieu catholique. La philosophe a notamment participé à la rencontre inaugurale du "Parvis des gentils", organisée à Paris en mars dernier par le Conseil pontifical de la culture en faveur du dialogue entre croyants et non-croyants. Le 27 octobre, à Assise, Julia Kristeva prendra la parole au nom des trois autres non-croyants devant Benoît XVI et de nombreux représentants religieux.

L’italien Remo Bodei est professeur d’histoire de la philosophie à l’Université de Pise. Il enseigne également à l’Université de Californie, à Los Angeles. Ce dernier est spécialiste de la philosophie classique allemande et de la pensée utopique du XXe siècle, notamment celle d’Ernst Bloch. Il s’est longuement penché sur l’athéisme, dans son œuvre intitulée "Les sans Dieu - figures et moments de l’athéisme". Non-croyant mais pas laïciste pour autant, Remo Bodei est opposé à l’idée de voir l’Eglise transformée en "religion civile" qui se limiterait à défendre les valeurs occidentales. Il définit lui-même sa foi comme étant une porte vers laquelle il ne peut "se pousser davantage", tout en sachant que quelque chose lui échappe. Cette singularité en fait un interlocuteur tout à fait intéressant pour l’Eglise.

Guillermo Hurtado est un philosophe mexicain, et l’un des fondateurs du magazine d’histoire et de philosophie "Dianoia". Spécialiste de la philosophie mexicaine du XXe siècle, il s’est par ailleurs beaucoup intéressé à la philosophie thomiste. Il se revendique souvent de la pensée du philosophe Bertrand Russel (1872-1970), qui comparait son athéisme à celui des philosophes grecs, affirmant qu’il appartient aux croyants d’apporter les preuves des bases "invérifiables" de la religion, et non aux sceptiques de les réfuter. Il serait selon Mgr Barthélemy Adoukonou, "l’un des très rares représentants de la pensée laïque en Amérique latine", où il a du reste une réelle influence.

Enfin, l’Autrichien Walter Baier est un économiste marxiste, membre du parti communiste, et coordinateur du réseau européen "Transform!". Ce forum de recherche regroupe des revues et des "think tanks" de gauche. Sa participation est des plus surprenantes, vu que le marxisme considère la religion comme "l’opium du peuple".

Ces quatre intellectuels prennent aussi part, le 26 octobre à Rome, à une table ronde à l’Université Roma III. Ils interviendront sur le thème "croyants et non-croyants face aux défis de la modernité".

Autre nouveauté de l’édition 2011, l’absence de prière commune, pointée du doigt en 1986 lors de la première rencontre d’Assise. Afin d’éviter toute critique de promotion du syncrétisme, l’accent a été mis sur le "pèlerinage", plutôt que sur la prière commune, a précisé le cardinal Turkson. En milieu de journée, les participants seront invités à marquer un temps de silence, indique le programme de la rencontre. "La véritable prière a lieu la veille, le mercredi 26 octobre, entre catholiques", a précisé le cardinal Turkson. Ce jour-là, Benoît XVI présidera, au Vatican, une Liturgie de la Parole en préparation à la rencontre du lendemain.

Ctb/apic/imedia/bl

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