Une alternative au MacDo: le combat de Grégory Gendre


Partager
Une alternative au MacDo: le combat de Grégory Gendre
Par La rédaction
Publié le - Modifié le
3 min

Il s’en est fallu de peu pour qu’un nouveau MacDo soit inauguré à Dolus d'Oléron, sur l’île d’Oléron en Charente-Maritime. C’était sans compter sur la détermination du maire de la ville, Grégory Gendre, qui a proposé un projet alternatif, le MacDol.

Pour contrer le projet de l’enseigne américaine, Grégory Gendre a lancé une alternative, le MacDol (Mouvement pour une alimentation citoyenne sur Dolus d'Oléron). À contre-courant du géant MacDonald, le MacDol soutient l’alimentation durable.

"Face à MacDo, nous ne voulions pas rester sur la défensive, nous voulions créer une alternative", explique Grégory Gendre dans le journal Ouest-France.

Pour faire valoir son projet, le maire de Dolus d’Oléron a pris en compte les points forts de MacDo, afin de proposer un projet tout aussi attractif, avec la dimension éthique et durable en plus: "Là où McDonald’s est fort, c’est qu’on peut y squatter tout le temps qu’on veut sans consommer, avec du wifi". Qu’à cela ne tienne, au MacDol, le wi-fi sera également au rendez-vous !

Un véritable combat

Si Grégory Gendre a une volonté de fer, son projet a pris l’allure d’un véritable combat. Tout a commencé en 2014, quand McDonald fait sa proposition d’un nouveau restaurant dans le domaine de la Cailletière. À cette époque, Grégory Gendre n’est pas encore maire de Dolus d’Oléron. À trente-six ans, il vient de fonder "Roule ma frite", une entreprise qui recycle les huiles de friture en carburant. Il se présente alors aux élections municipales avec pour principal argument son opposition à l'implantation d'un nouveau MacDo à Dolus d'Oléron. Contre toute attente, il est élu et devient maire de la ville. À trois reprises, fidèle à ses engagements, il refuse le permis de construire déposé par McDonald's France. Mais la multinationale américaine, secondée par le propriétaire du terrain et ancien maire de Dolus d'Oléron, Philippe Villa, décide de passer par la justice. Le journal Ouest-France rapporte la décision du tribunal de Poitiers: "En septembre 2017, le tribunal de Poitiers impose à la mairie d’accorder le permis et la contraint à payer '300 € par jour de retard'".

Une pétition contre le projet est lancée. Elle remporte trois-mille six cent signatures. Mais en face, un collectif favorable à la construction d'un nouveau McDo réunit deux mille personnes sur Facebook. Pour Marc, membre du collectif sur Facebook, le refus d'un nouveau MacDo est un "gâchis d'argent des contribuables": "On n’a rien contre un projet alternatif, mais on refuse que, pour des convictions personnelles, le maire empêche les gens d’avoir accès à un commerce quel qu’il soit".

Des valeurs en jeu

Avec le bras de fer entre MacDo et MacDol, les habitants de Dolus d'Oléron sont face à un choix qui engagent leurs valeurs et leurs convictions: "D’un côté, explique Ouest-France, on défend 'un véritable choix de société' pour 'le bio et les circuits courts' et contre 'des modèles de franchise sans aucun lien avec les territoires'. De l’autre, on met en avant les '40 CDI et 30 CDD qui ne se refusent pas'".

Mais pour connaître l'issue de l'affrontement entre ces deux projets si différents, il faudra attendre l'été: l’audience devant la cour d’appel administrative de Bordeaux est prévue pour mi-juillet.

MMH

Image: CC-BY-SA Peter Gugerell

 

Catégorie : International

Dans la même catégorie