En pleine saison des moissons, l’évangile nous invite à une promenade champêtre!
Dans la version complète, ce sont trois paraboles qui nous sont proposées. Avec les images de l’ivraie, du bon grain, de la graine de moutarde, des oiseaux et du levain, nous avons accès à la vie cachée de Jésus. Nous pouvons l’imaginer contemplant la création, observant la vie agricole et aidant sa mère à préparer le pain. Une trentaine d’années d’immersion au cœur de la vie rurale toute simple, en méditant sur le royaume des cieux. En ces jours d’été, de vacances peut-être, mettons-nous à cette école de sagesse. Le livre de la Sagesse, justement, en première lecture, nous entraîne dans cette dynamique: "Il n’y a pas d’autre dieu que toi, qui prenne soin de toute chose". Dieu prend soin et fait grandir et fructifier.
Par les paraboles, Jésus pratique la pédagogie active. Il nous pousse à réfléchir. Il nous met en "situation mobilisatrice", comme disent les enseignants.
Avec la parabole de l’ivraie, il nous confronte à la question: "d’où vient le mal?" L’ivraie (zizanie en grec), vient de l’ennemi. Dieu n’est pas l’auteur du mal, comme aimait le répéter frère Roger de Taizé. Une fois semée, l’ivraie n’apparaît qu’à la germination, quand les racines sont déjà entremêlées avec celles du bon grain. On ne peut l’enlever sans risquer de tout arracher. On aimerait souvent éradiquer le mal et les épreuves de notre vie. Mais du mal, Dieu peut faire jaillir le bien: solidarité dans l’adversité, pardon, apprentissage d’une sagesse… Parfois, au terme d’une croissance intérieure, une épreuve est tellement inextricablement liée au bien, qu’il n’est plus possible de dissocier le bon grain de l’ivraie. Ce n’est qu’au bout de notre vie que nous découvrirons ce qui est digne d’être engrangé dans les greniers du Royaume. Cela touche au cœur même de la foi. Il s’agit de mort et de résurrection. Pouvons-nous éradiquer la croix sans perdre la joie de la résurrection?
Comment comprendre ces mots violents concernant ceux qui seraient jetés dans la fournaise? Le tri final est-il vraiment entre les bons et les mauvais? Nous l’avons vu, il concerne aussi le bien et le mal qui survient dans nos vies. Mais la ligne de démarcation n’est-elle pas aussi à l’intérieur de chacun de nous? "Dieu scrute les cœurs", nous dit Paul dans la deuxième lecture.
La parabole du grain de moutarde nous parle de croissance au-delà de toute mesure. Invitation à la confiance en Celui qui fait grandir, même à partir de ce qui est petit, humble, insignifiant. N’ayons pas peur quand nous nous croyons trop petits. Avec notre très peu, Dieu peut faire beaucoup. "Tu es grand et tu fais des merveilles" nous dit le psaume.
La parabole du levain dans la pâte apporte une autre nuance. La croissance peut se faire à partir de ce qui est invisible. Mélangé à la pâte, le levain se fait discret mais agit et donne de l’air et de la légèreté. Devenir levain… Apporter du souffle à la vie.
Belle semaine d’été!

