Succès pour la Marche des vocations à Banneux : « Ce oui inconditionnel peut bousculer… mais qu’est ce qu’il est beau » (vidéo)


Partager
Succès pour la Marche des vocations à Banneux : « Ce oui inconditionnel peut bousculer… mais qu’est ce qu’il est beau » (vidéo)
Sur les chemins de Banneux, des vocations se racontent et se découvrent. © DR
Par Clément Laloyaux
Journaliste de CathoBel
Publié le
8 min

Ils étaient plus de 500 à la Marche des vocations, ce vendredi 1er mai à Banneux. Dont quatre évêques, pas moins de 45 prêtres, une quinzaine d'ordres et congrégations, ainsi que plus de cent jeunes issus de tous les diocèses. De quoi permettre à cette diversité de vocations de se rencontrer. Mais aussi aux jeunes en discernement de partager questions, craintes et réflexions avec ceux déjà engagés.

Les organisateurs avaient tablé sur une centaine de participants pour le retour de cette tradition en Belgique francophone. C'est finalement plus de 500 personnes qui ont pris part à la Marche pour les vocations, ce vendredi 1ᵉʳ mai, depuis le sanctuaire marial de Banneux.

L'occasion de prier et de rendre grâce pour ceux qui se sont engagés dans une vocation particulière à la suite du Christ.

▶️ Reportage au coeur de la marche

Offrir aux jeunes des visages concrets de la vocation

À la manette de cet événement, Véronique Bontemps, auxiliaire de l'apostolat de Malines-Bruxelles et directrice du Centre National des Vocations : "Nous avons ici avec nous 4 évêques, au moins 45 prêtres, peut-être plus. Nous avons aussi 115 consacrés, 15 auxiliaires de l'apostolat... bref, il y a du monde !"

Son idée, derrière cette marche, était de faire se rencontrer les multiples vocations qui font la richesse de l'Église, mais aussi les inviter à échanger avec des jeunes en discernement. "Les jeunes que je rencontre me demandent beaucoup de clarté. C'était leur offrir l'occasion de rencontrer des vocations qui peuvent dire elles-mêmes ce qu'elles sont, de voir la variété, et que chacun trouve son chemin, parce qu'il y a beaucoup de demeures dans la Maison du Père."

À 8 ans déjà, Melvin se sent appelé à être prêtre

Cette journée a permis de réunir plus de 100 jeunes issus de tous les diocèses. Parmi ceux-ci, certains envisagent une vie sacerdotale. C'est le cas de Melvin, 27 ans, originaire de Boussu. La prêtrise, c'est un appel qui grandit en lui depuis le plus jeune âge. "Mon envie d'être prêtre vient de l'âge de mes huit ans. J'ai reçu cet appel et puis j'ai commencé à aller à la messe. Et en allant à la messe, j'ai eu cette vocation et cet appel de transmettre l'Évangile et de donner ma vie au Seigneur qui n'a cessé de murir".

Si ce chemin intérieur s’est imposé avec évidence, il n’a pas été immédiatement compris par son entourage. "Au début, c'était un peu compliqué avec la famille parce que la maman voulait avoir des petits-enfants, le papa pareil. Puis, ils m'ont dit : "C'est ta vie, tu fais ce que tu veux." Question Église, je suis beaucoup soutenu par mes amis prêtres et par mon prêtre de chez nous, à Boussu. Et puis, j'ai des amis aussi qui me soutiennent dans ma vocation." Plusieurs de ses amis lui ont adressé un signe de soutien en ce 1ᵉʳ mai, pensant à lui et priant pour lui pendant la marche : "Ça me donne plus de force aujourd’hui".

Mgr Lejeusne explique ce qu'est la "vocation"

Mais c'est quoi au juste une vocation ? Eh bien, qui de mieux pour nous répondre que l'évêque référendaire pour les vocations, Mgr Fabien Lejeusne : "La vocation, c'est l'appel. À quoi le Seigneur m'appelle-t-il pour le servir ? Est-ce qu'il m'appelle dans une vocation de mari et père ou mère, dans une vocation religieuse, dans une vocation sacerdotale ? La vocation, c'est vraiment l'appel du Seigneur et le sujet, c'est : Quelle réponse moi, j'y apporte ? Est-ce que j'entends l'appel et est-ce que j'y réponds ?"

Devant une assemblée de 500 marcheurs, l'évêque de Namur a remercié les prêtres, diacres, religieux, religieuses, consacrés et tous ceux qui ont répondu au "oui" inconditionnel : "Ce oui inconditionnel peut bousculer, peut être surprenant… mais qu’est ce qu’il est beau !"

Il a encouragé ceux en discernement à oser cette "formidable aventure". "La vocation est d'abord un don, comme le Christ lui-même a fait don de sa propre vie pour la vie des femmes et des hommes, pour notre humanité."

À 25 ans, Bruno se projette dans le diaconat

Au cours de la marche, nous croisons Bruno, 25 ans et originaire de Châtelet. Depuis trois ans, il réfléchit à devenir diacre, ce rôle essentiel de service et de charité pour l'Église : "Je ne me vois pas du tout en tant que prêtre. C'est peut-être un peu trop lourd pour moi, je pense, puis j'ai envie d'avoir une famille."

Bruno est persuadé que la vocation peut encore intéresser les jeunes de son âge. D'ailleurs, il le constate autour de lui. "Dans ma paroisse où nous sommes une vingtaine de jeunes, j'ai deux, trois jeunes qui ont une vocation, du moins qui réfléchissent à cette vocation de devenir prêtre. Je vois que les jeunes reviennent vers l'Église. Donc, cela pourrait peut-être amener à avoir de plus en plus de prêtres, de diacres ou de religieux dans la vie catholique."

"N’ayez pas peur" : des religieux rassurent les jeunes

Parlons des religieux et religieuses justement. Ils étaient présents en nombre à cette Marche pour les vocations. On dénombrait ainsi plus de 15 ordres et congrégations, colorant la marche de leurs bures, voiles et tuniques spécifiques. Sœur Regina Egita, de la congrégation des Sœurs de Saint-Charles, a un conseil aux jeunes qui réfléchissent à une vie monastique : "J'ai 29 ans. En tant que jeune religieuse, je veux leur dire de ne pas avoir peur. Vraiment, si on a le désir intérieur, Dieu sera toujours là pour nous, des gens prieront pour nous. Donc, on doit toujours suivre notre vision, là où on doit aller."

Certains ont fait la route depuis la Flandre. C'est le cas de Fons, 30 ans, moine dominicain à Leuven. Il nous livre trois conseils simples pour discerner sa vocation :

"D'abord, prenez votre temps. Ce ne sont pas des choix qu'on fait à la hâte. Même si on n'est plus si jeune que ça, on peut quand même prendre quelques années pour réfléchir sur cette question. Deuxièmement, c'est: faites vous accompagner. Trouvez quelqu'un qui connaît la vie religieuse, qui connaît le sacerdoce et soyez honnête avec cette personne. Vraiment, partagez les questions qui vous travaillent. Et troisièmement, c'est de prier. Priez beaucoup, priez la Vierge. Venez à Banneux si vous pouvez. A la Marche des vocations !"

Comment répondre au manque de vocations ?

La Belgique, comme beaucoup de pays, traverse actuellement une crise des vocations. Il y a quelques semaines, Mgr Frédéric Rossignol tirait la sonnette d'alarme, s'inquiétant qu'il n'y ait plus de séminaristes pour le diocèse de Tournai. Nous avons profité de sa présence lors de cette marche pour lui demander quelles seraient les pistes pour y répondre ?

"Alors, les pistes pour y répondre... C'est une question assez vaste ! (rires) Mais c'est sûr qu'il faut en parler, il faut prier. Il faut aussi avoir une Église qui soit accueillante par rapport aux jeunes. Des jeunes, il y en a de plus en plus qui reviennent vers l'Eglise, mais il ne faut pas que ce soit un "one shot". C'est-à-dire qu'on vient, on fait un parcours de catéchèse, et puis c'est tout. Cela dépend des jeunes certes, mais aussi des communautés qui accueillent. A l'avenir, on continuera aussi à accueillir des prêtres étrangers, peut-être des séminaristes aussi. Il faut une perspective globale où il y a plusieurs pistes qui se rejoignent."

Face à la question des vocations, Mgr Lejeusne, évêque référendaire, se veut à la fois lucide et confiant. Pour lui, l'appel existe toujours, mais encore faut-il un terreau pour l'accueillir. Et ce terreau, il commence très concrètement dans nos lieux de vie.

"Le premier lieu où on peut faire cette expérience, c'est en famille. Ensuite, dans les paroisses et les mouvements. Est-ce que dans chacun de ces lieux, nous osons encore parler de la beauté de la vocation religieuse, sacerdotale ? Et de la joie que c'est de se mettre au service du Seigneur, au service de l'Église ? C'est vrai qu'on se dit toujours : 'Ben, c'est l'affaire des autres !' C'est comme le TGV. On a envie du TGV, mais seulement quand il passe chez le voisin... Et là, c'est au contraire de dire: 'Non, c'est quelque chose qui me concerne moi aussi" Donc, en famille, est-ce que j'ose dire cette joie ou faire part de mon intérêt pour le service du Seigneur et de l'Église ?"

Est-ce qu'en famille, dans les paroisses, les mouvements, on ose encore parler de la beauté de la vocation religieuse et sacerdotale ?

Mgr Fabien Lejeusne

Une page Facebook pour faire entendre des parcours de vie

L'abbé Xavier Huvenne a souhaité, à son échelle, mettre en place des initiatives pour accompagner les jeunes dans leur questionnement, leurs doutes et réflexions : "On a créé une page Facebook qui s'appelle Un appel à ne pas manquer. Sur cette page, nous publions des témoignages de différentes vocations, des petites capsules de 2 minutes où les personnes qui ont répondu "oui" au Seigneur donnent un petit témoignage : comment est-ce qu'ils ont ressenti cet appel du Seigneur ; et comment, surtout, ils y ont répondu...

À l’arrivée, Mgr Terlinden confie les vocations dans la prière

Après 10 km de marche, tous se sont réunis dans la grande église de la Vierge des Pauvres pour une célébration eucharistique présidée par Mgr Luc Terlinden. Une belle façon de clôturer cette Marche pour les vocations.

Au cours de la messe, l'archevêque de Malines-Bruxelles a eu un mot pour Mgr Delville qui, à 75 ans, a remis sa lettre de renonciation au Pape. Mgr Terlinden a ensuite appelé à prier spécialement pour les vocations dans notre Église. "Demandons de renouveler ce "oui" pour toutes celles et ceux qui se sont engagés dans une vocation spécifique."

Puis, il s'est adressé à la jeunesse réunie : "Et vous, les jeunes, demandez à Marie, par son intercession, de pouvoir recevoir le don de la paix et le don de l'appel de la vocation que le Seigneur vous réserve."

🖋️ Un reportage de Clément LALOYAUX
Avec le précieux soutien du service com' du diocèse de Liège et du Centre National des Vocations

📸 Crédits photo : CathoBel, Diocèse de Liège, Saint Vincent de Paul Herstal


Dans la même catégorie