Élever au grain : le documentaire d’Alice Godart sur une ferme familiale au bord de la rupture


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Élever au grain : le documentaire d’Alice Godart sur une ferme familiale au bord de la rupture
Par Julien Paul
Journaliste
Publié le
3 min

Élever au grain, premier long métrage documentaire de la réalisatrice bruxelloise Alice Godart, suit une famille d'agriculteurs confrontée à la maladie, à l'endettement et à la fragilité du monde rural. Retour sur un film franco-belge sensible, à la fois un portrait de famille, un récit de travail et une réflexion sur la transmission.

Sorti le 25 mars, Élever au grain est un film franco-belge d’une rare justesse. Il a reçu le Prix du Jury au festival En ville ! qui a salué l’inventivité de sa mise en scène et la capacité de sa réalisatrice à faire cinéma de tout ce qui se présente.

Un portrait de famille au cœur de la ferme

Alice Godart a 33 ans aujourd’hui. Quand elle est revenue à la ferme familiale il y a quelques années, c’était pour y filmer son père, Etienne, éleveur de volailles et motard passionné. Ce qui aurait pu se résumer à un portrait sympathique bifurque brutalement quand Etienne tombe malade. Alice décide de s’installer durablement à la ferme. Sa sœur Fleur la rejoint. Elles tentent ensemble de maintenir l’exploitation à flot tandis que les dettes s’accumulent et que l’enfer kafkaïen de l’administration se referme sur elles peu à peu. Pendant ce temps, leur père faiblit à vue d’œil, mais il finit par vaincre la maladie. Hélas ! l’autre mal qui le ronge, sa ferme, ne va pas mieux pour autant.

À écouter : L'interview d'Alice Godart pour « Élever au grain »

Un roman qui finit bien

Le premier plan du film, c’est une lune dans la nuit noire. Ce plan nocturne dit d’emblée la fatigue des jours trop courts et des réveils trop tôt. Le dernier plan du film est un faux bain de soleil, une fantasmagorie irréelle et lumineuse. Entre ces deux extrêmes, des ténèbres à la lumière, Élever au grain traverse la maladie, le doute, la peur et les non-dits que l’on se dit enfin. Ce film est romanesque à maints égards: grâce au caractère bien trempé de son personnage principal évidemment, mais aussi par la façon dont sa réalisatrice parvient à tirer le réel vers l’espérance: "Je voulais que ce film finisse bien, confie-t-elle, parce que dans la vraie vie, je ne sais pas si tout ça va bien finir. Alors dans ce film, je voulais maîtriser le narratif pour avoir au moins une version de l’histoire qui se termine bien."

Exploitation familiale

En Wallonie comme en France, on estime qu’environ 20% des agriculteurs vivent sous le seuil de pauvreté. Élever au grain donne un visage à cette réalité. Et quand on demande à Alice Godart de quoi son film parle avant tout, elle répond sans hésiter que "c’est un film sur le travail. Sur le travail rural. Sur une exploitation familiale, ce qui n’est pas à anodin comme expression…"

Où voir Élever au grain en Belgique ?

Le film (produit par Dancing Dog Productions et Les Films de l’Œil Sauvage) sera projeté en présence de la réalisatrice Alice Godart le 12 mai à 20h à Liège (au Churchill), le 19 mai à Stavelot (au Versailles); le 22 mai à Nivelles (au Ciné4).

Toutes les informations : eleveraugrain.be

Julien PAUL


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