Commentaire de l’Evangile de ce dimanche par Pierre de Mahieu : Débarrassons-nous de nos peurs


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Commentaire de l’Evangile de ce dimanche par Pierre de Mahieu : Débarrassons-nous de nos peurs
Par Pierre de Mahieu
Publié le - Modifié le
3 min

Commenter un texte aussi long et dense théologiquement c’est compliqué. Sans dépasser les 3.000 caractères! Un écrivain engagé sent tout de suite qu’il ne pourra pas dire tout ce qu’il aurait voulu. Comment éviter d’être mal compris? Comment être pertinent?

Prenons conseil auprès des plus sages: "Résume ton propos: en quelques mots on peut dire beaucoup; montre-toi instruit et discret à la fois" (Si 32, 8).

Ce que j’aimerais dire à propos de ce texte c’est ceci: à quoi nous sert la résurrection de Christ-Jésus si nous continuons de vivre dans la peur?

Je vois le monde selon un prisme de polarisation exacerbé: les jeunes et les vieux, les tradis et les progressistes, les croyants et les incroyants, les locaux et les immigrés, les normaux et les autres normaux, les prêtres et les laïcs, ceux qui sont dans la Vérité et ceux qui ont une autre Vérité, la vraie religion et les autres vraies religions.

Et dans ma vie de rencontres, je vois qu’il n’est pas simple d’être passe-muraille.

Pourtant, c’est ce que fait Jésus aujourd’hui. Le texte précise par deux fois: "Les portes étaient verrouillées". Si Dieu, dont les mots sont comptés, prend la peine d’insister, c’est qu’il y a là un message important. D’ailleurs, on pourrait se demander, pourquoi les portes étaient verrouillées lors de la deuxième venue? N’ont-ils pas vu le Christ ressuscité et reçu l’Esprit Saint? N’ont-ils pas été envoyés? Qu’ont-ils fait pendant huit jours? Que font-ils encore tous là dans leur placard?

L’hypothèse la plus simple, c’est qu’ils ont été déçus de leur mission. Ils sont allés voir Thomas et il a dit: "Non, je ne croirai pas." Comme nous parmi nos proches, parfois, on se prend un rejet, un non catégorique.

Alors, les apôtres sont retournés au Cénacle, ils se sont enfermés entre eux. Ils ont verrouillé les portes, ils ont supprimé les risques et ont vécu leur joie pascale entre eux. Néanmoins, Thomas est là. Pourquoi est-il là, lui qui ne croit pas? De quoi discutent-ils? S’ils prient ensemble, selon quelle liturgie? S’ils planifient ensemble, selon quelle pastorale? S’ils débattent, selon quelle doctrine?

Mais Jésus vint et se tint au milieu d’eux. Et il dit: "La Paix soit avec vous!". Et à Thomas qui demandait des preuves, il les lui donne. Par amour, il lui montre toute la souffrance de Dieu pour cet unique péché qui les emporte tous: l’incrédulité.

Retenons donc la leçon du Seigneur et débarrassons-nous des murs qui séparent, des idées qui excluent et des peurs qui enferment. "Recherchez activement la Paix avec tous et la Sainteté sans laquelle personne ne verra le Seigneur" (He 12, 14). En faisant cela, nous serons heureux d’avoir cru sans voir. Et à travers nous, c’est le Seigneur qui se donnera à voir à Thomas, à Mohamed, à Levy, à la FSSPX, à Mgr Bonny, à toi, à moi, à tou.te.s.

Catégorie : Sens et foi

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