Le diocèse de Namur précise les contours et le contexte des mesures disciplinaires qui ont été prises en 2021 par le Vatican à l’encontre de Mgr Rémy Vancottem, ancien évêque de Namur. Une décision qui était restée confidentielle jusqu'à ce mardi 21 avril 2026.
En mars 2021, Mgr Vancottem, évêque de Namur de 2010 à 2019, a été informé par courrier confidentiel qu’il faisait l’objet d’une mesure disciplinaire suite à un décret signé par le cardinal Marc Ouellet, alors préfet du dicastère pour les évêques. Il lui était reproché de ne pas avoir fait preuve de "toute la diligence requise, ni du suivi suffisant, dans le cadre d’une enquête demandée par le Saint-Siège" à propos du dossier d’un prêtre ayant commis de graves abus sexuels sur une personne mineure. Le prêtre concerné a, de son côté, été retiré de l’état clérical.
"Lorsque la victime a souhaité porter plainte auprès des autorités civiles, les faits étaient marqués par la prescription" précise le diocèse. Elle a néanmoins poursuivi ses démarches en s’adressant au Vatican, afin de relater ce qu’elle avait vécu au fil des années.
Une responsabilité administrative, pas des faits délictueux
La décision du Saint-Siège avait été notifiée à Mgr Vancottem par courrier confidentiel, transmis par le Nonce apostolique en Belgique de l’époque, Mgr Augustin Kasujja. Le diocèse de Namur note encore qu'à ce moment Mgr Vancottem n’exerçait plus de charge pastorale: "il était évêque émérite et en retrait de la vie publique." Le diocèse de Namur tient à apporter une précision essentielle: Mgr Rémy Vancottem n’a pas commis de faits délictueux. Les sanctions, qui consisteraient en une interdiction de célébrer des messes en public ou de participer à des instances de la Conférence épiscopale, ne concernent pas des actes criminels ou sexuels qui lui seraient imputables.

Une confidentialité respectée à la demande de Rome
Très peu de personnes, au sein de l’évêché de Namur, avaient été informées de cette décision. La discrétion entourant le décret du dicastère pour les évêque s’explique par une demande explicite du Vatican. Le Saint-Siège avait demandé à l’ancien évêque ainsi qu’au diocèse de respecter la confidentialité de ces mesures disciplinaires.
Pour l'évêque de Namur, Mgr Lejeusne, si une telle situation se produisait aujourd’hui, "la manière de gérer serait différente." L’archevêque de Malines-Bruxelles, Mgr Luc Terlinden, chargé des dossiers relatifs aux abus sexuels au sein de l’Eglise en Belgique, agit "dans une logique affirmée de transparence totale et de tolérance zéro."
Le diocèse précise enfin que les éléments aujourd’hui rendus publics ne constituaient pas un communiqué de presse officiel, mais une réponse circonstanciée adressée à un journaliste qui s’interrogeait après la parution d’informations dans la revue flamande Humo.
Manu VAN LIER
