Réédition de l’enquête historique d’Aimé-Georges Martinot sur les diaconesses


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Réédition de l’enquête historique d’Aimé-Georges Martinot sur les diaconesses
Par Daniel BASTIÉ
Publié le - Modifié le
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Les femmes pourront-elles un jour être ordonnées diacre? La question fait toujours débat dans l’Eglise. Pour se faire une opinion, on peut se replonger dans cette enquête historique au cœur des premiers siècles.

Quarante ans après sa première parution, l’étude d’Aimé-Georges Martimort sur les diaconesses demeure une référence, saluée pour la rigueur méthodologique qui la distingue dans un champ miné par les projections idéologiques. La notoriété de son auteur y contribue largement, même si la qualité exceptionnelle de ses recherches confère à l’ouvrage sa pérennité. Son influence se mesure notamment à son empreinte sur le document de la Commission théologique internationale de 2003 consacré au diaconat, preuve que le fruit de ses investigations a irrigué durablement la réflexion ecclésiale. La question de l’ordination des femmes au diaconat revient de temps à autre dans les discussions, sans pour autant faire progresser le dossier de manière décisive. Ce paradoxe révèle l’un des dangers que l’auteur lui-même signalait dans les dernières pages de son manuscrit. Il existe un risque réel de voir l’idéologie suppléer l’enquête scientifique. En ce sens, il opposait à toute lecture militante une exigence de prudence, rappelant que les femmes méritent mieux qu’une construction théologique fondée sur des ambiguïtés documentaires ou des anachronismes conceptuels.

Qu’on adhère ou non à ses conclusions, son enquête constitue un véritable périple au mitan de l’Eglise archaïque, attentive aux pratiques liturgiques, au contexte social et aux évolutions institutionnelles. L’un de ses apports majeurs réside dans l’attention portée à la linguistique. Les mots, soulignait-il avec force, n’ont pas conservé leur sens au fil des siècles et confondre les usages anciens avec ceux d’aujourd’hui revient à fausser l’analyse, voire à pratiquer des raccourcis. Longtemps professeur de liturgie à l’Institut catholique de Toulouse et auteur de travaux scientifiques faisant autorité, notamment L’Eglise en prière, manuel de liturgie traduit en plusieurs langues,  Aimé-Georges Martimort a formé des générations d’étudiants à une approche à la fois historique, théologique et critique des sources. À ce titre, sa thèse, republiée il y a quelques mois, fait office de jalon historiographique majeur et de piste pour permettre à l’institution religieuse d’évoluer, sans se plier à la tentation de galvauder le passé, ni d’obtenir des résultats précipités ou d’énoncer des contrevérités. 

Daniel BASTIÉ

Aimé-Georges Martimort, Les diaconesses. Ed. Artège, 2025, 402 pages.

Catégorie : Culture

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