Réformateur de l’ordre du Carmel aux côtés de sainte Thérèse d’Avila, Docteur de l’Eglise depuis 1926, saint Jean de la Croix (1542-1591) a développé une voie mystique qui représente l’un des sommets de la spiritualité chrétienne. Vous ne connaissez pas son œuvre? Voici trois points que l’on peut en retenir.
L’expérience de la nuit obscure
Enfermé dans la prison de Tolède par les opposants à sa réforme, Jean vit une expérience mystique qu’il appellera la "nuit obscure": un abandon apparent de Dieu, mais qui se révèlera le chemin authentique de l’union avec Lui. Un chemin qu’il approfondira tout au long de ses écrits: Cantique spirituel, La Montée du Carmel, La Nuit obscure, Vive Flamme d’amour…
La foi comme connaissance de Dieu
Pour Jean de la Croix, ce chemin d’union à Dieu passe par une purification de nos sens, de notre intelligence et de notre volonté, pour aboutir à un "rien": un acte de foi pur qui est la seule voie de la connaissance authentique de Dieu, une connaissance intime du cœur. Ce dépouillement et les fruits spirituels qui en résultent se vivent essentiellement à travers les trois étapes de la prière silencieuse, l’oraison.
Les trois “voies” de la prière
A travers la "voie purificatrice", Dieu dépouille notre méditation de nos idées et de nos images… sur Dieu. La prière passe alors par une "sécheresse", mais c’est à ce moment que nous passons à la contemplation qui marque "la voie illuminative": “Dès qu’elle se met en présence de Dieu, [l’âme] entre dans un acte de connaissance confuse et amoureuse, calme, paisible, dans lequel elle s’abreuve de sagesse, d’amour, de jouissance” (Montée du Carmel, 2). La "voie unitive", troisième étape, est celle de l’union à Dieu, qui habite au plus profond de notre âme. Cette union, qu’on peut à peine suggérer par des mots, est marquée par des "contacts substantiels" avec Dieu. Une seule communication de cette nature apporte à l’âme plus de fruits que tous les dons spirituels, quels qu’ils soient.
Christophe HERINCKX

