A Malines, un investissement majeur pour préserver le palais archiépiscopal


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A Malines, un investissement majeur pour préserver le palais archiépiscopal
Depuis le XVIe siècle, le Palais archiépiscopal est la résidence officielle de l’archevêque de Malines-Bruxelles. © Service Communication de l'archidiocèse de Malines-Bruxelles
Par Clément Laloyaux et Geert De Kerpel
Publié le
4 min

Le ministre flamand du Patrimoine, Ben Weyts, a décidé d'accorder une subvention supplémentaire de 1,45 million d'euros pour la restauration du Palais archiépiscopal. De quoi restituer à ce monument du XVIIIe siècle – "l'un des plus rares et mieux conservés de l'époque du Royaume uni des Pays-Bas" selon l'archevêque Luc Terlinden – son lustre d'antan. Le résident actuel se réjouit "du soin apporté par les autorités civiles à la préservation de cet édifice unique".

À l’ombre de Cathédrale Saint-Rombaut, au cœur de Malines, se dresse le Palais archiépiscopal, résidence officielle de l’archevêque depuis le XVIe siècle. Ce monument emblématique s’apprête à franchir une nouvelle étape décisive de sa restauration, grâce à un soutien financier substantiel du gouvernement flamand.

Ce lundi 10 février 2026, le ministre flamand du Patrimoine immobilier, Ben Weyts (N-VA), a annoncé l’octroi d’une subvention de 1,45 million d’euros via l’Agence du Patrimoine immobilier pour les deux dernières phases du chantier. Celles-ci concernent les ailes est et sud du bâtiment néoclassique du XVIIIe siècle, reconnaissable à sa façade blanche en forme de U.

"Malines joue un rôle de premier plan dans l’Histoire de la Flandre, notamment parce qu’elle est depuis des siècles le siège de l’archidiocèse. Il y a ici tant d’histoire que nous souhaitons préserver", déclare le ministre Weyts dans un communiqué.

Les deux dernières phases de la restauration concernent l’aile est (bureaux) et l’aile sud (espaces cérémoniels). © Service Communication de l'archidiocèse de Malines-Bruxelles

Un monument façonné par l’histoire

Le palais actuel a été construit durant la première moitié du XVIIIe siècle par le cardinal Thomas Philippe d’Alsace (1679-1759), alors archevêque de Malines, sur le site de l’ancien refuge de l’abbaye d’Affligem. Depuis la création de l’archidiocèse en 1559, ce refuge servait de résidence malinoise à l’archevêque, qui était également abbé d’Affligem.

Confisqué durant la Révolution française, vendu en 1799, puis amputé de son aile nord – jamais reconstruite –, le palais a connu plusieurs transformations majeures. En 1818, il est acquis par la Province d’Anvers, qui en assure la gestion depuis lors. Restauré et réaménagé dans un style néoclassique tardif au XIXe siècle, il fait l’objet d’une nouvelle campagne de travaux vers 1900. La dernière restauration complète remonte aux années 1920. Classé monument protégé le 2 mai 1995, il fait aujourd’hui partie d’un ensemble urbain protégé.

Au fil des siècles, le palais a toujours conservé ses quatre fonctions essentielles : résidence de l’archevêque, services administratifs, espaces cérémoniels et fonctions annexes telles qu’une chapelle, un logement de concierge ou un garage.

Un vaste projet de restauration

Sous la direction de la Province d’Anvers, maître d’ouvrage, un vaste projet de restauration progressif est actuellement mené dans le cadre d’un plan de gestion de vingt ans. L’objectif est de restaurer intégralement le palais tout en maintenant ses fonctions existantes, en réorganisant et en optimisant les espaces.

Les toitures, une partie de la façade ouest et les volets attenants ont déjà été rénovés, ainsi que le jardin. Véritable oasis de calme au cœur de la ville, le jardin archiépiscopal est d’ailleurs accessible au public depuis 2019, le mercredi après-midi et le week-end.

Les deux phases finales porteront sur l’aile est, qui abrite les bureaux, et l’aile sud, dédiée aux espaces cérémoniels. L’accessibilité y sera améliorée, les installations sanitaires renouvelées et des annexes non originales supprimées. Les couleurs et finitions seront appliquées selon le modèle historique, sur la base d’une étude approfondie du bâtiment servant de fil conducteur. Le coût total de l’ensemble du projet est estimé à 10 millions d’euros. Le reste du financement sera assuré par la Province d’Anvers.

Le début effectif des travaux est prévu à partir de 2028.

Le palais a toujours abrité quatre fonctions : la résidence de l’archevêque, des services administratifs de soutien, des espaces cérémoniels et quelques fonctions annexes. © Service Communication de l'archidiocèse de Malines-Bruxelles

« Un des monuments publics les plus rares »

L’archevêque Luc Terlinden souligne la valeur patrimoniale et ecclésiale du lieu : « Le palais archiépiscopal a été transformé à plusieurs reprises et parfois gravement endommagé. Dans sa configuration actuelle, issue de la restauration du début du XIXe siècle, il constitue l’un des monuments publics les plus rares et les mieux conservés de l’époque du Royaume uni des Pays-Bas. »

Il rappelle également que le bâtiment demeure un lieu de vie et de mission : « Il abrite toujours l’administration centrale de l’archidiocèse, où nous travaillons nombreux au service de notre Église, au service d’un monde meilleur. Je suis très reconnaissant envers nos autorités civiles pour le soin attentif qu’elles apportent à cet édifice unique. »

Avec cette nouvelle impulsion financière, le Palais archiépiscopal poursuit ainsi un chantier de longue haleine, conjuguant mémoire, responsabilité patrimoniale et vitalité ecclésiale au cœur de la Belgique.

Pour aller plus loin :

C.L. avec Geert De Kerpel


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