Il a fait les beaux jours du Standard de Liège, disputant 224 matchs sous la vareuse "rouche". Aujourd'hui, Paul-José Mpoku est un multi-entrepreneur et, surtout, un profond homme de foi. Une foi qui n'est pas étrangère à sa réussite, comme il l’a témoigné au micro de RCF Liège.
Ne confondez pas RFC Liège et RCF Liège. Le premier est un club de foot, rival historique du Standard. Le second est une radio chrétienne basée dans la Cité Ardente. Paul-José Mpoku, footballeur emblématique du Standard de Liège, ne s'est pas trompé d'adresse. Récemment, il était l'invité d'honneur de Curiocité, une émission sur l'entreprenariat et l'innovation diffusée sur RCF Liège.
"C'est une star internationale. On fait dans du lourd aujourd'hui." L'équipe de Curiocité n'était pas peu fière de recevoir Paul-José Mpoku, "qui a fait partie de la dernière génération du Standard à avoir soulevé la Coupe de Belgique". À la lumière de la situation actuelle du club liégeois, cet exploit semble presque irréel.
"Aujourd'hui, on reçoit un bonhomme pré-retraité, à peine retraité de 34 ans" annonce Bruno Venanzi, chroniqueur de l'émission et -tiens tiens- ancien président du Standard de Liège ! Mais pas question, pour le natif de Kinshasa, de se contenter d’une retraite en pantoufles. "Hors du terrain, c'est un véritable couteau suisse : Entrepreneur, musique, média, transport..." enchaîne son ancien président. Mpoku est aujourd'hui un multi-entrepreneur accompli. Mais pas que...
Un homme de foi qui s'assume
Chez Paul-José Mpoku, la foi n’est ni un slogan ni une posture. Elle est un fil conducteur, intime et constant, qui traverse aussi bien sa carrière sportive que sa vie d’entrepreneur. "Avant, j’avais un bracelet avec écrit dessus What would Jesus do?", confie-t-il. Une question simple, mais exigeante, qu’aujourd'hui encore il s’efforce de se poser "à chaque décision, dans la manière de parler, de se comporter, de donner". Pour lui, la foi n’est pas synonyme de perfection. "Dieu n’attend pas de nous que nous soyons des hommes parfaits, mais des hommes vrais", insiste-t-il.
"À chaque fois que tu fais quelque chose, à chaque fois que tu penses, c’est : what would Jesus do ?"
Paul-José Mpoku
Sa première expérience avec Dieu est née dans l’épreuve. À 15 ans, le décès de son grand frère agit comme un choc fondateur. "C’est là qu’il y a eu un réel déclic au niveau de la foi. Ma vie a complètement changé", raconte-t-il. Il évoque alors un verset clé de la Bible, Romains 12, qui parle d’être "transformés par le renouvellement de l’intelligence". "C'est à partir de là qu'il y a eu un renouvellement de mes pensées, de ma manière de faire, de ma manière de voir les choses".
Dans un monde du football souvent associé à l’ego, à l’argent et aux tentations, Mpoku reconnaît que sa foi lui a servi de garde-fou. "Il y a des personnes avec qui on m'a demandé de travailler ou qui sont venues vers moi, mais intérieurement, je n’avais pas la conviction que c’était juste de le faire", explique-t-il. Femmes, argent, poker, monde de la nuit... : autant de pièges qu’il dit avoir évités grâce à cette voix intérieure : "Ma foi m'a permis de ne pas tomber dans ce monde-là".
Mais la foi, pour lui, va au-delà de la protection : elle donne un sens : "Ma relation avec Dieu m’aide à comprendre pourquoi je suis sur Terre". Il cite volontiers un livre qui l’a profondément marqué, Une vie motivée par l’essentiel, lu à l’adolescence. "Ce livre a transformé ma vie", confie-t-il. "C'est un livre que j'offre à énormément de personnes parce que ça m'a tellement fait du bien." Depuis, dit-il, il ne cherche plus à faire les choses uniquement selon sa propre volonté, "mais aussi, et surtout, selon ce que Dieu veut faire à travers moi".
Enfin, lorsque sont apparus dans sa carrière les blessures, les critiques, les actes de racisme ou les moments de colère, Mpoku n'a pas toujours su garder son calme. "J’ai le sang chaud, sur le moment, ça m'arrive de péter un câble", reconnaît-il sans détour. Une fois l’émotion retombée, il n’hésite pas à se remettre en question et à demander pardon. Pour lui, la foi ne se mesure pas dans les périodes de réussite ou de confort. "C’est facile de se dire un 'homme de foi 'quand tout va bien", souligne-t-il. La véritable épreuve commence lorsque tout vacille.
"Un homme de foi, ce n’est pas quand tout va bien, c’est justement quand tout ne va pas bien."
Paul-José Mpoku
Paul-José Mpoku fait alors référence à la figure biblique de Job, confronté à l’épreuve sans jamais renier Dieu. "Quand tout va mal, c’est là qu’il faut faire doublement d’efforts pour montrer que l’on est réellement un homme de foi."
Un entretien à réécouter en intégralité
Dans l'interview, Paul-José Mpoku aborde différents sujets : le moment le plus douloureux de sa carrière, l'accompagnement des jeunes footballeurs, ou encore la situation des joueurs de l'ombre, ceux qui peinent à boucler leur fin de mois...
Tout cela à retrouver dans le podcast de Curiocité👇

