Mgr Bätzing, cheville ouvrière du controversé « Chemin synodal », renonce à un deuxième mandat à la tête des évêques allemands


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Mgr Bätzing, cheville ouvrière du controversé « Chemin synodal », renonce à un deuxième mandat à la tête des évêques allemands
Les six années de présidence de Mgr Bätzing ont été marquées par de vifs débats internes et externes, en particulier sur le Chemin synodal. © Diocèse de Limbourg via Otheo
Par Clément Laloyaux
Journaliste de CathoBel
Publié le
3 min

Mgr Georg Bätzing, 64 ans, a annoncé qu’il ne briguerait pas un second mandat à la tête de la Conférence épiscopale allemande. L'évêque de Limbourg était la force motrice derrière les décisions de réforme du Chemin synodal allemand. Il est possible qu’un successeur plus "rassembleur" lui succède.

Surprise dans l’Église catholique allemande ! Mgr Georg Bätzing, président de la Conférence des évêques (DBK), renonce à briguer un second mandat. "Je tiens à vous informer que je ne me représenterai pas" écrit-il dans une lettre adressée à tous les membres de la Conférence épiscopale. "J’ai pris cette décision après mûre réflexion et consultation."

L’évêque de Limbourg quittera le mois prochain la tête de l’Église catholique allemande. Son successeur sera élu à la fin du mois de février.

Six années intenses

C’est là une décision plutôt inhabituelle. L’évêque de 'Limburg an der Lahn' a été pendant de nombreuses années le moteur du Chemin synodal allemand qui, en 2023, adopta des textes révolutionnaires : l'admission des femmes au diaconat féminin, la bénédiction des couples de même sexe, l'ouverture à la diversité des genres (inscription de la mention "divers" dans les registres de baptême), ou encore l'établissement d'un Comité synodal (organe de travail composé d'évêques et de laïcs).

👉 Pour en savoir plus : Jusqu’où ira l’Eglise allemande?

Dans la foulée, le pape François avait vivement critiqué les mesures adoptées en Allemagne : "De grandes parties de cette Église locale risquent de s’éloigner toujours plus du chemin commun de l’Église universelle". Dans son viseur surtout : le projet de Comité synodal qui, pour le Pape, n'était "pas compatible avec la structure sacramentelle de l’Église catholique". Le Vatican avait explicitement demandé aux évêques allemands d'arrêter le projet.

Pour Mgr Bätzing, qui avait succédé au cardinal Reinhard Marx à la présidence de la Conférence en mars 2020, "ce furent six années intenses, au cours desquelles nous, les évêques, avons pu, avec de nombreux autres membres du peuple de Dieu, faire bouger les choses et réaliser une vision durable de l’avenir de l’Église dans notre pays. Il est maintenant temps de confier cette tâche importante pour le travail de la Conférence épiscopale à d’autres mains. Et je suis sûr que tout continuera bien."

Manque de soutien

Mgr Georg Bätzing s'est rendu à plusieurs reprises à Rome, où son interlocuteur, lors des réunions avec la Curie romaine, n'était nul autre que... le cardinal Robert Prevost (aujourd'hui Léon XIV) ! Mais c’est précisément en terre vaticane que le président de la Conférence épiscopale allemande semblait manquer d’appuis et de relais solides. Des collègues plus conservateurs - et critiques du Chemin synodal - comme les évêques bavarois Rudolf Voderholzer, Stefan Oster et le cardinal Rainer Woelki, étaient considérés comme ayant de meilleures relations à Rome que le président lui-même.

Suite au retrait de Mgr Bätzing, la voie semble désormais libre pour quelqu'un qui saura mieux concilier les différentes positions et bénéficiant d’une écoute plus favorable à Rome. En vue de l’élection prochaine, fin février, le président sortant souhaite que "la Conférence continue à faire preuve de courage pour s’exprimer ouvertement, mener des débats constructifs et être prête à aller à la rencontre les uns des autres, afin de témoigner ensemble de la joie de la foi aux croyants de notre pays et à bien d’autres encore".

C.L. avec Otheo et cath.ch

Catégorie : Eglise monde

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