Coup de coeur BD : Monseigneur Saliège, celui qui a dit non


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Coup de coeur BD : Monseigneur Saliège, celui qui a dit non
On y évoque les actes de bravoure de l'archevêque de Toulouse sous l’Occupation, tels que son refus de céder à la propagande de Vichy, son indignation face aux rafles et aux déportations, ainsi que sa dénonciation du Service du travail obligatoire.
Par Daniel Bastié
Publié le
2 min

Cette bande dessinée s’inscrit dans une démarche à la fois historique et mémorielle. Elle met en lumière une figure méconnue de l’histoire française du XXe siècle: Mgr Jules-Géraud Saliège.

Archevêque de Toulouse et voix courageuse contre les persécutions nazies, cet homme a rappelé en 1942 que les Juifs sont des hommes et les Juives sont des femmes. Par cette formule d’une simplicité percutante, il replaçait au cœur du débat une vérité fondamentale. A savoir, la dignité inaliénable de la personne humaine.

Dès les premières pages, le récit revient sur son célèbre texte lu dans toutes les paroisses la même année. Le scénariste Jean-François Vivier adopte une écriture sobre, presque pédagogique, qui ne cherche pas à romancer la trajectoire de cet homme d’Eglise et qui vise à en transmettre la portée morale et politique. La narration se concentre sur des moments clés tels que son refus de céder à la propagande de Vichy, son indignation face aux rafles et aux déportations, ainsi que sa dénonciation du Service du travail obligatoire. Sans jamais rejoindre la Résistance armée, l’archevêque a su donner une voix spirituelle et publique au refus du déshonneur, ce qui lui a valu, à titre exceptionnel, d’être fait à la fois Compagnon de la Libération par le général de Gaulle et Juste parmi les nations par Israël. 

Un message universel

Le dessin de Francesco Rizzato illustre ses prises de position avec efficacité. Le trait, précis et clair, évite l’emphase pour restituer l’atmosphère des rues de Toulouse sous l’Occupation, autant que les visages marqués par l’angoisse ou la détermination. On perçoit la tension d’une menace omniprésente sans basculer dans une esthétique trop dramatique. Les planches privilégient la lisibilité et accompagnent la linéarité  du scénario. Ce choix graphique correspond à l’esprit de l’album, qui se veut accessible et porteur d’un message universel.

Daniel BASTIÉ

📘 Vivier, Rizzato, Monseigneur Saliège, celui qui a dit non. Ed. Plein Vent, 2025, 48 pages.


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