Commentaire de l’Evangile de ce dimanche par l’abbé François Lagasse de Locht : « Alors paraît Jésus »


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Commentaire de l’Evangile de ce dimanche par l’abbé François Lagasse de Locht : « Alors paraît Jésus »
Par Abbé François Lagasse de Locht
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En parlant ainsi, l’Evangile suppose un cheminement bien antérieur et, en effet, ce fut bien le nôtre:
Nous avons d’abord suivi dans l’intimité de leur cœur l’annonce faite par l’ange Gabriel à Marie et puis l’intervention de l’Ange du Seigneur dans les songes d’un Joseph perturbé.

C’est dans la connivence intime de ces annonces que nous avons attendu puis assisté à la naissance de Jésus ! Nous nous sommes réjouis avec les bergers émerveillés.

Nous avons ensuite suivi les mages en accompagnant leur question: "Où est le Roi des Juifs qui vient de naître? Nous avons vu son étoile se lever et nous sommes venus pour l’adorer." Cette question en soulevait d’ailleurs une autre, partagée avec eux: comment découvrir un enfant parmi des dizaines d’autres à Bethléem, du haut d’une étoile?

Par la Joie ! Là se trouve le cœur de "l’Epiphanie", la "manifestation" du Sauveur ! Une joie pourtant endeuillée par la cruauté du tyran de l’époque et du massacre des innocents. Une joie donc qui éclaire les cœurs mais qui est inaccessible à ceux et celles qui préfèrent faire le mal ! Une joie qui se lève dans des choix de Vie. Le choix libre de chacun/e est ainsi, lui aussi, clairement "manifesté".

Et puis, le temps passe dans le silence. Trente années plus tard, Jean le Baptiste annonce très clairement au désert l’arrivée du Messie, l’arrivée de Celui qui va sauver les humains par leur cœur. "Convertissez-vous, dit-il, changez de mentalité."

Alors seulement: que de fois, au fond, avons-nous déjà entendu parler de Lui, lu et partagé à son sujet mais où et quand vient-Il vraiment chez nous? Il paraît au Jourdain, cette rivière qui serpente dans des lieux arides et qui offre de part et d’autre une belle végétation luxuriante. Une rivière dont le nom signifie "Lieu poissonneux". Ce n’est pas anecdotique: le poisson étant le symbole de l’intériorité dans la tradition hébraïque, Jésus paraît donc aussi au bord de notre propre rivière intérieure. Il demande à Jean le Baptiste de le baptiser et, au fond, peut-être le demande-t-il à chacun d’entre-nous? Refaire avec nous ce geste personnalisé de plonger dans l’eau de la mort et de se relever dans la pleine lumière d’une Vie choisie en Dieu? Que pourrait-il se passer?

Dans son univers "Les cieux s’ouvrirent: Jésus vit l’Esprit de Dieu descendre comme une colombe –c’est la traduction du mot "Jonas" avec la parabole biblique du pardon au péché impardonnable ! - et venir sur Lui. Et des cieux une voix disait "Celui-ci est mon fils bien aimé, en qui je trouve ma joie". Alors paraît Jésus, comme Celui qui est aimé et qui nous transmet la joie.

Prenons maintenant le récit dans l’autre sens: il termine sur le mot "Joie" en ce qui concerne Jésus. Mais c’est par ce mot que nous pouvons être attentifs: si la joie est en nous, c’est qu’il y a une bonne raison ! Laquelle donc? Qu’est-ce qui nous donne cette joie là où nous vivons? Comment la conserver pour la transmettre mieux aux autres? Joie des parents, joie des gestes d’accueil et de solidarité, joie de faire de son mieux, joie de faire le bien et de choisir tout ce qui donne la Vie. C’est un cadeau, cette joie ! Elle peut visiter très fort les malades, les pauvres, les étrangers. Elle n’a donc pas de critère pour se donner !

"Alors paraît Jésus". Dans notre vie quotidienne cette fois ! Elle vient nous dire chez nous les paroles de l’évangile: "tu es un enfant très aimé, en toi je trouve ma joie".

Catégorie : Sens et foi

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