Bientôt, c’est Noël, Bonne Nouvelle pour tous ! Depuis des temps immémoriaux, le genre humain engendre des semblables à travers le cycle des naissances. Un homme et une femme s’unissent et donnent au genre humain un nouveau représentant. Certaines naissances sont assumées, d’autres pas. Certaines grossesses sont apprises avec joie, d’autres avec angoisse. C’est le cas ici pour Joseph de Nazareth, fiancé de Marie.
La mystique Sainte Marie d’Agreda (XVIIe) prend part au débat pour savoir si Joseph savait que la conception de Jésus était de nature divine… ou d’une intervention moins glorieuse. Voici les mots qu’elle met dans la bouche de Joseph: "La raison la disculpe et les yeux la condamnent. Je vois bien; elle me cache la cause de son état. Que dois-je faire? Je suspends mon jugement, ignorant la cause de ce que je vois. (…) Je ne crois pas que Marie vous ait offensé, mais aussi étant son époux, je ne peux présumer aucun mystère dont je ne saurais être digne" (Vie admirable de Saint Joseph d’après La Cité Mystique, p. 49).
Ainsi, l’homme juste, Joseph, nous montre une voie parfaite de discernement. En cas de doute irréductible, suspends ton jugement ! Laisse le Seigneur éclairer ta route. Il viendra t’indiquer la bonne marche à suivre si du moins tu t’abstiens de juger précipitamment.
C’est au cœur de cette humilité, de cette amour envers son épouse et de cette dévotion envers Dieu, que l’ange vient confirmer Joseph dans son rôle d’époux et dans son rôle de père. "Ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse, puisque l’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit-Saint."
Jésus a eu un père terrestre qui l’a entouré de ses soins, qui lui a appris un métier et qui l’a éduqué dans la crainte de Dieu et dans l’amour de la Torah. Bien que fils de Dieu, Jésus était connu de tous comme "le fils de Joseph" (Jn 6, 42).
La grandeur de Dieu se révèle dans l’humilité de la crèche où il se donne tout entier aux hommes qu’Il aime. Dans le buisson ardent, Dieu se révèlera à Moïse comme "Dieu d’Abraham, Dieu d’Isaac, Dieu de Jacob" (Ex 4, 5). Il prend le nom de ceux qui l’aiment et qui suivent ses commandements. C’est un Dieu personnel, intime, relationnel. Le Psalmiste dira qu’il est: "le Dieu de mon amour" (Ps 58, 18). Saint Thomas après avoir douté dira: "Mon Seigneur et mon Dieu" (Jn 20, 28).
Profitons de l’évangile de ce dimanche pour méditer sur la figure silencieuse, obéissante et bienveillante de Saint Joseph, véritable modèle pour tous les pères de famille. Saint Joseph a consacré toute sa vie à prendre soin de Jésus. Restant proche de lui, apprenant de lui, le contemplant sans doute dans tout ce qu’il faisait. Cette relation avec le Christ-Jésus commence à la crèche.
Aux pieds de l’enfant-Dieu, humblement emmailloté, posé dans une mangeoire. Il y a dans la douceur de cette révélation quelque chose de sublime qui nous dépasse et nous rejoint pourtant. C’est le don gratuit de Dieu. La Vie éternelle à la disposition de tous ceux qui peuvent s’émerveiller.
Venez à la crèche, notre Dieu nous invite. La nuit est presque finie, le royaume de Dieu est tout proche.
Joyeux Noël !
