Léon XIV a rencontré 15 victimes belges d’abus : « La conversation a été très empathique et ouverte. C’est ainsi que cela devrait aussi se passer en Belgique »


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Léon XIV a rencontré 15 victimes belges d’abus : « La conversation a été très empathique et ouverte. C’est ainsi que cela devrait aussi se passer en Belgique »
Le pape Léon XIV lors de la messe ce 10 novembre 2025 (c) Vatican Media
Par La rédaction
Publié le
3 min

Ce samedi 9 novembre, le pape Léon a reçu quinze survivants belges d’abus dans l'Eglise. La rencontre a duré deux heures et demie, soit une heure de plus qu'initialement prévu. L’un des participants a demandé et reçu le sacrement des malades.

Pendant plus d’un an, le Groupe des 15, qui avait rencontré le pape François en septembre 2024 lors de sa visite en Belgique, a attendu ce moment : une nouvelle rencontre, pour évaluer les promesses qui ont été faites. L’émotion était palpable. Le nouveau pape serait-il à l'écoute comme son prédécesseur ? S’était-il informé du dossier ? Ou devraient-ils encore raconter leur histoire depuis le début ?

Selon le programme, la rencontre devait commencer par un moment liturgique, mais le pape Léon y renonça et invita le groupe à aborder directement les thèmes qu'ils avaient préparés. Trois points principaux étaient à l’ordre du jour : l’impact des abus sur la foi des personnes et la reconstruction spirituelle nécessaire ; la détresse financière que beaucoup subissent à la suite du traumatisme ; et la manière dont l’Église peut faire en sorte que cela ne se reproduise jamais.

"Après chaque thème, le pape a réagi, et ensuite nous avons encore parlé pendant une heure", raconte Lieve Brouwers, l'un des participantes. Les 90 minutes initialement prévues ont été prolongées d'une heure. en 2 heures et demie. Selon la Salle de presse du Vatican, la rencontre s’est déroulée "dans une atmosphère de proximité, d’écoute profonde et de dialogue douloureux".

Un moment de prière intense

L’un des participants, gravement malade, avait demandé par l’intermédiaire de l’évêque Herrera à recevoir le sacrement des malades. Cet évêque est le secrétaire de la Commission pontificale pour la protection des mineurs, avec laquelle une partie du groupe avait déjà eu, vendredi, une réunion très fructueuse.
Il a transmit la demande au pape, et ainsi la rencontre s’acheva finalement par un moment de prière intense.

Lieve Brouwers témoigne de ce moment : "La personne concernée a dit qu’elle se sentait au septième ciel". En quittant la salle, le pape Léon aurait également échangé quelques mots personnels avec chacun des participants.

Des réactions négatives

Différents médias rapportent cependant aussi des réactions négatives. Jan Puype, un autre participant, a évoqué des promesses creuses et un jeu de ping-pong concernant l’aide financière : en Belgique, entre les évêques et le Parlement, et maintenant entre le pape et les évêques.

Une lettre a également été remise — cependant non pas au nom de tout le groupe — demandant la démission de l’archevêque Luc Terlinden comme référent pour les victimes d’abus dans l’Eglise en Belgique. Après la journée de rencontre d’octobre, les survivants présents avaient été déçus par son attitude. "Il ne semblait pas vraiment apte à dialoguer avec nous", confirme Lieve Brouwers. "Mais cela ne signifie pas que nous pensons tous qu’il doit être remplacé".

L'avenir du Groupe des 15

Des tensions présentes au sein du groupe avant le voyage à Rome semblent, dans une certaine mesure, être revenues à l'avant-plan. Lieve Brouwers explique que "tout le monde ne voit pas les choses de la même façon ni ne veut avancer dans la même direction". Quelles sont les implications de ces différences pour l'avenir du Groupe des 15? "Je pense que certaines personnes veulent désormais tourner la page pour elles-mêmes", indique la victime. "Mais nous voulons transmettre l’opportunité qui nous a été donnée ici, les contacts établis, les engagements pris, les réflexions acquises, afin que d’autres puissent aussi en bénéficier. Nous n’étions pas ici pour nous-mêmes".

Après le retour des 15 survivants en Belgique, une première réunion est prévue avec l’archevêque et la fondation Dignity pour faire le point. "Ce que nous voulons absolument transmettre, c’est notre souhait de pouvoir aussi dialoguer ouvertement avec les évêques, comme nous avons pu le faire ici à Rome avec le pape et ses services".

Lieve WOUTERS (Otheo)

Catégorie : Eglise Belgique

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