Commentaire de l’Evangile de ce dimanche par Marie-Thérèse Hautier : Au temps incertain, tenir bon


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Commentaire de l’Evangile de ce dimanche par Marie-Thérèse Hautier : Au temps incertain, tenir bon
Par Marie-Thérèse Hautier
Publié le
3 min

Quelle mouche a donc piqué Jésus pour qu’il s’exprime de manière si alarmante? Pourquoi des paroles si angoissantes? En ce début d’Avent, n’aurait-on pas aimé un discours plus positif, porteur d’espérance?

Reconnaissons une première chose, ce n’est pas la manière habituelle de Jésus de s’exprimer, avec un accent si tragique. En effet, c’est le seul endroit où il évoque le déluge (en grec, le cataclysme) et les jours de Noé (Lc 17,26-27).

Un indice nous permet de comprendre un peu mieux ses propos inquiétants: ce passage se situe à la fin de l’évangile de Matthieu, qui condense les éléments apocalyptiques. Ceux-ci soulignent la thématique de l’urgence: les choix existentiels sont à faire maintenant, sinon, ce sera trop tard. L’insistance se fait dramatique, car c’est un temps de crise et de persécution, tant à l’époque de Jésus, qu’au moment où l’évangéliste écrit.

Jésus évoque des pertes à trois reprises. Tout d’abord, il s’agit de la perte de vies humaines: au moment du déluge, tous sont engloutis. Ensuite l’un des deux binômes. Finalement, le vol, avec l’effraction d’un voleur nocturne. Ces risques de perte ne sont-ils pas aussi les nôtres? N'avons-nous pas à les vivre un jour ou l’autre? Personne n’est à l’abri de pertes de différentes manières.

A travers les différentes époques abordées, le temps de Noé, le temps d’aujourd’hui et le temps futur, Jésus souligne l’inconnu: "on ne se doute de rien", et "vous ne savez pas". Ce non-savoir porte sur deux notions. La première, c’est le moment où cela va arriver. Personne ne connaît l’heure, le moment qui concerne la venue du Fils de l’homme. Ensuite, le mot "venue" traduit un terme difficile à comprendre: la parousie, ou encore l’avènement du Christ. L’expression reste énigmatique. "Christ reviendra" chantons-nous à chaque eucharistie. Mais quand? Et comment?

Jésus s’adresse à un public restreint. Ce n’est pas à la foule qu’il parle, mais bien spécifiquement aux disciples. Face à l’incertain et au risque de perte(s), Jésus a deux recommandations.
La première est celle de veiller, d’être éveillé, et non pas endormi par la vie habituelle.
Veillez: Jésus réserve cet impératif à ses disciples, et ne le prononce que deux fois; ici, et enfin au jardin de Gethsemani. Où les disciples se sont montrés incapables de résister à la torpeur du déni, alors que Jésus est dans la nuit d’une angoisse mortelle.

La deuxième recommandation est de se tenir prêts. Autrement dit: de se préparer. Il est possible d’imaginer que c’est une préparation intérieure, malgré l’incertitude qui sous-tend le futur. Une vivante attention du cœur. La deuxième lecture de ce dimanche (Rm 13,11-14a) le reformule ainsi: "C’est le moment, l’heure est déjà venue de sortir du sommeil. (…) La nuit est bientôt finie, le jour est tout proche."
Il n’est rien de mièvre dans l’évangile de ce premier dimanche d’Avent. Il nous interpelle et nous demande de sortir de nos zones de confort ou de sécurité. Pour accueillir le jour: le Seigneur vient.

Catégorie : Sens et foi

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