Dans le cadre de l'Année jubilaire, l'Unité Pastorale de Huy a organisé une journée de pèlerinage à Notre-Dame de Paris et une visite à l'église St Séverin. Plus qu'un compte-rendu de cette journée, le prêtre hutois Michel Teheux nous propose une véritable plongée dans les fondations de la foi chrétienne. Un retour aux sources qui n’a rien d’une nostalgie, mais l’expérience d’être, à notre tour, visités par la longue lignée de croyants qui nous ont précédés.
Nous sommes allés en visitation. Pour être visités.
Elle courrait… Elle venait d’apprendre la nouvelle impensable : elle allait enfanter ! « Comment cela peut-il se faire » ? avait-elle répondu : « Fiat- Qu’il me soit fait selon ta Parole », la Parole de celui qui élève les humbles, la Parole qui révèle sa fidélité à travers les âges.
Elle courrait et elle, la visitée, court vers la vieille cousine de Judée. Elle courrait pour rendre visite et pour être visitée.
Nous sommes allés en visitation. Pour être visités.
Nous sommes allés pour être les hôtes d’une longue lignée de témoins, pour être héritiers d’une longue histoire dont nous sommes les enfants. Nous ne sommes pas allés en touristes voyeuristes pour nous émerveiller de monuments remarquables mais à l’extérieur d’eux (et cela déjà aurait justifié notre démarche) ; nous sommes allés en pèlerins, en visitation, pour être embrassés par ces pierres qui transpirent la foi de ceux qui ont bâti ces édifices. Ce ne sont pas des monuments mais des témoins, des reliques de croyants.
Nous sommes allés en pèlerin pour visiter les croyants qui sont les habitants de ces lieux et devenant les hôtes de Maurice de Sully, du roi Louis XIII, de Violet Le Duc, nous espérions devenir des visités.
Héritiers et hôtes, à travers le temps, nous formons un peuple.
En visitant la vieille maison de famille, nous redeviendrons un peu plus des héritiers. Le peuple des croyants.
Ce peuple s’annonce des lointains de l’histoire, il a pris rythme et souffle de la succession des générations, d’une communauté inlassablement tissée dans le temps par les épreuves et les espérances.
La voix du temps parle en lui, ce temps qui façonne l’identité d’un peuple avec son langage, ses habitudes, ses rites, cette longue expérience de vivre et de mourir qui est sa nourriture pour sa marche d’aujourd’hui, parfois son refuge ; et qui sera sa trace pour ceux qui prendront la route demain.
Nous l’éprouvons chaque jour ! La visitation de notre foi est nourrie à l’écoute des poètes de la foi, des fondateurs du peuple croyant.
Se replonger dans les sources de sa fondation, c’est pour nous espérance à retrouver la vigueur et la joie de la jeunesse. Les quitter c’est souffrir et même risquer la mort.
Certes (on le dira) l’écoute des pères fondateurs des poètes de la foi n’est pas une visite au musée du passé mort. Mais dans le mémorial vivant des événements fondateurs, dans la célébration par l’assemblée du peuple d’une tradition rendue ainsi actuelle, dans la profession publique d’un avenir promis, nous recevons vie et endurance, nous revivifions notre être-croyant, nous renaissons.
Car le « Fiat – Qu’il me soit fait selon ta Parole » de la foi ne s’affermit que dans le Magnificat d’une visitation.
Quelques photos du pèlerinage de l'UP de Huy à Paris :
Notre-Dame de Paris





L'Eglise Saint-Séverin


Texte et photos : Michel Teheux
(titre et chapeau : CathoBel)

