Commentaire de l’évangile par Marie de Lovinfosse : Qui est le premier à faire eucharistie?


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Commentaire de l’évangile par Marie de Lovinfosse :  Qui est le premier à faire eucharistie?
Par La rédaction
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Lc 17,11-19 est le second récit de guérison de lépreux rapporté dans l’évangile selon Luc. Il lui est propre et se démarque de celui qu’il a en commun avec Matthieu et Marc. Jésus marche vers Jérusalem où s’accomplira son exode, autrement dit sa passion, sa mort et son relèvement. Passant de Galilée en Samarie, il entre dans un village.

Ce contexte est loin d’être confortable pour Jésus. Plus tôt, l’accueil lui a déjà été refusé. Pourtant, il cultive un regard ouvert qui lui permet de repérer des témoignages inspirants parmi ces gens. Il le souligne à travers la parabole du bon Samaritain. L’attitude à la fois prudente et bienveillante de Jésus se reflète dans notre récit par sa manière de répondre à la demande des dix lépreux.

Contrairement au premier récit de guérison de lépreux, Jésus ne les touche pas; il ne dit pas: "Je veux, sois purifié". Il reprend uniquement la recommandation: "Marchez et montrez-vous aux prêtres". Par contre, il n’évoque pas l’offrande prescrite par Moïse pour attester la purification de la lèpre. Un autre geste est-il devenu plus pertinent? Laissons-nous évangéliser par le Samaritain guéri. Que nous dit-il de particulier? Comme les neuf autres lépreux, il a élevé la voix pour demander à Jésus de manifester sa miséricorde puis a reçu de lui un regard et une invitation à poser un acte audacieux. Celle-ci aurait pu être considérée comme une insulte.

Comme les autres, il a mise en pratique la parole de Jésus sans broncher et s’est trouvé purifié. Les autres sont demeurés à distance; lui, l’étranger, a choisi de "retourner, glorifiant Dieu à pleine voix" et de "tomber aux pieds de Jésus, le remerciant". Selon le double sens du terme "retourner" dans l’évangile selon Luc, l’homme samaritain est à la fois revenu sur ses pas et profondément transformé. Jusque dans sa chair, il reconnaît la gloire de Dieu, c’est-à-dire le poids de sa présence vivifiante, qui rayonne de Jésus. Le Samaritain reçoit alors un don encore plus grand de Jésus qui lui dit: "Relève-toi et marche, ta foi t’a sauvé". Quel cadeau de communier au courage et à la joie qui animent Jésus marchant vers Jérusalem, vers la main de Dieu qui relève pour nous sauver.

Dans les quatre Evangiles, le Samaritain guéri de la lèpre est la première et seule personne hormis Jésus dont on rapporte l’action de "remercier" ou de "rendre grâce" (eucharistô en grec). Jésus le fait lors de la multiplication des pains et du dernier repas pascal avant sa passion, deux récits qui préfigurent l’eucharistie. Et nous, quand nous vivons l’eucharistie, quel don de Dieu et des autres avons-nous pris le temps de recevoir dans notre quotidien au point de goûter à la joie d’être renouvelés et de vouloir célébrer notre gratitude avec vitalité?

Catégorie : Sens et foi

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