« C’est assez rare pour des évêques », « un fameux double défi pour l’Eglise »: la presse nationale a accueilli Mgr Rossignol et Mgr Lejeusne


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« C’est assez rare pour des évêques », « un fameux double défi pour l’Eglise »: la presse nationale a accueilli Mgr Rossignol et Mgr Lejeusne
Ce lundi, Frédéric Rossignol a fait connaissance des médias nationaux ©CathoBel
Par Vincent Delcorps
Publié le
4 min

Ce lundi, deux nouveaux évêques ont été nommés en Belgique. En quelques instants, la nouvelle a fait le tour des réseaux sociaux. Avec un peu de recul, les médias du pays ont relayé et analysé l'information. Petite revue de presse.

Nos collègues de 1RCF Belgique se sont rapidement posé une question: "Des religieux belges de l’étranger: pourquoi ?" Dans leur article, Jean Lannoy et Jacques Galloy soulignent qu'"il est très courant qu’un évêque ne soit pas originaire du diocèse qui lui est confié". Ils ajoutent: "Depuis une vingtaine d’années, on observe une plus grande mobilité, avec davantage de transferts d’évêques entre diocèses ou entre pays francophones, et une plus grande diversité de profils". Nos collègues de 1RCF Belgique ajoutent que ces nominations n'auront pas seulement un impact dans les deux diocèses concernés, mais aussi au sein de la Conférence des évêques: "L’arrivée du père Fabien Lejeusne et du père Frédéric Rossignol entraînera une réorganisation interne, avec de nouveaux rôles au sein de la Conférence et, à terme, au sein de leurs conseils épiscopaux respectifs."

Pour La Libre Belgique, "ils incarnent une institution plus petite"

Ce mardi, si Le Soir ne consacre pas une ligne à la double nomination, La Libre Belgique , elle, y consacre une page. Dans son analyse, le journaliste Bosco d'Otreppe pointe le fait qu'aucun des désignés n'a de doctorat en théologie - "ce qui est assez rare pour des évêques". Il pointe aussi le fait que "n’étant pas du sérail, ils seront sans doute assez libres pour affronter les grandes questions qui attendent leurs diocèses, parfois paralysés par les querelles de clocher et les réflexes culturels."

Bosco d'Otreppe pointe aussi le "jeune âge" de Mgr Rossignol et de Mgr Lejeusne, et la génération qu'ils représentent. "Ils incarnent une institution plus petite que par le passé, mais plus variée et dont le dynamisme, en zones urbaines, est en partie porté par les populations d'origine étrangère et un retour de jeunes convertis".

Secouer une Eglise endormie?

Le rédacteur en chef de CathoBel-Dimanche, pour sa part, souligne la joie que suscite cette double nomination ("Ces amoureux de Dieu ont un feu à partager"). Mais Vincent Delcorps ne fait pas l'impasse sur le caractère atypique des profils. "Ni Frédéric Rossignol ni Fabien Lejeusne n’est issu du clergé diocésain – et encore moins de notre "establishment" ecclésial. Faut-il y voir une volonté romaine de secouer l’Eglise en Belgique – que certains disent parfois un peu endormie, établie ?"

"Pas du tout quelqu'un d'autoritaire"

L'Avenir revient sur l'enfance de Fabien Lejeusne. "À l’âge d’un an, victime de violences, il est placé par le juge sous la responsabilité des sœurs Oblates de l’Assomption à Froyennes. Dans cet orphelinat, il découvre le don de soi et le sacerdoce". Le quotidien régional donne aussi la parole à Pascal Roger, doyen d'Arlon - qui ne connaît pas personnellement le nouvel évêque. S'il se réjouit de sa nomination, il se montre aussi soulagé de n'avoir pas été nommé: "L’épiscopat, c’est une charge lourde. Ce n’est pas
quelque chose qu’on choisit, pour lequel on postule. J’entendais mon nom plutôt avec crainte et tremblement.
"

Le Courrier de l'Escaut, pour sa part, se penche davantage sur Mgr Rossignol. "Souffle nouveau pour le diocèse", titre le quotidien régional. Celui-ci donne notamment la parole au père Joseph Burgraff. Ce spiritain vivant au Mémorial Kongolo décrit ainsi le futur évêque de Tournai: "Il aime beaucoup voyager. Il a presque découvert le monde entier et parle six langues. Son père et sa mère étaient déjà comme ça. (...) Il est le petit-neveu de sœur Emmanuelle. (...) Il est d’une très grande simplicité. Il a été supérieur pendant
trois ans au Vietnam, on m’a raconté qu’il avait toujours cherché le dialogue et la collaboration. Ce n’est
pas du tout quelqu’un d’autoritaire."

"Beter laat dan nooit"

Le média en ligne 21News décrypte aussi cette actualité en profondeur, par l'intermédiaire de Christian Laporte. L'ancien chroniqueur religieux au Soir et à La Libre Belgique parle d'"un fameux double défi pour l'Eglise de Belgique". Il rappelle que ces nominations arrivent au terme d'un long suspense. "Beter laat dan nooit, comme on dit au nord de la 'bietengrens' belgo-belge !". Christian Laporte insiste enfin sur l'effet de surprise: "Une double surprise, car les heureux élus sont tous les deux issus de congrégations religieuses et n’ont pas nécessairement fréquenté les paroisses classiques."


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