L'annonce a fait l'effet d'une bombe. Le 25 octobre prochain, la basilique Saint-Pierre accueillera une messe en latin selon le rite tridentin, c’est-à-dire la liturgie en vigueur avant le concile Vatican II. Présidée par le cardinal américain Raymond Burke, cette célébration devrait marquer la fin d'une période de disgrâce pour la messe tridentine au Vatican.
Assistera-t-on, dans un mois, à une réhabilitation de la messe en latin "préconciliaire" au cœur même du Vatican ?
Toujours est-il que le samedi 25 octobre prochain, une messe pontificale sera célébrée dans la basilique Saint-Pierre selon le rite tridentin (la forme rituelle pré-Vatican II). Cette célébration s'inscrit dans le cadre d'un pèlerinage traditionaliste international, organisé du 24 au 26 octobre à Rome.
"Messe tridentine" : kesako ?
Cette forme "extraordinaire" de la liturgie romaine est appelée tridentine car elle a été codifiée à la demande du Concile de Trente. Outre une liturgie eucharistique prononcée exclusivement en latin, une messe tridentine se manifeste par un certain nombre de rites secondaires et le fait que le prêtre est tourné vers l'autel, qui est orienté (ad orientem). Il est donc "avec" l’assemblée tourné vers Dieu, et non "face au peuple".
Le come-back du cardinal Burke
La messe du 25 octobre sera célébrée par le cardinal Raymond Burke. Proche des milieux dits "tradis", le prélat américain s’est imposé depuis des années comme un défenseur ardent de la messe tridentine, mais aussi comme l’un des critiques les plus virulents du pape François.
Une réconciliation semble se dessiner aujourd'hui avec son successeur : le cardinal Burke a été reçu en audience privée par le pape Léon XIV le 22 août dernier.
Accès refusé depuis 2022 !
Après trois années d'interdiction, la messe tridentine retrouvera donc prochainement les voûtes de Saint-Pierre. Depuis 2022, les participants au pèlerinage annuel Summorum Pontificum se voyaient systématiquement refuser la célébration de leur messe pontificale (point d'orgue du pèlerinage) dans la basilique romaine.
Un pèlerinage au nom évocateur
Créé en 2012, cet évènement traditionaliste rassemble chaque année des centaines de fidèles du monde entier à Rome. Avec l’annonce toute récente, l’édition 2025 pourrait accueillir jusqu’à 2 000 participants, selon les organisateurs. Le pèlerinage tire son nom du motu proprio Summorum Pontificum (2007), par lequel Benoît XVI avait libéralisé la célébration de la "forme extraordinaire" du rite romain, en autorisant l’usage du missel de 1962.
Mais, en 2021, François abrogea cette disposition par un autre motu proprio : Traditionis custodes. Le pape argentin justifia sa décision en déplorant que la liturgie "traditionnelle" alimentait parfois une contestation du concile Vatican II, au point de devenir source de division dans l’Église. Un revirement vécu avec incompréhension, voire amertume, au sein des milieux traditionalistes.
Cette année, l’autorisation donnée par le pape Léon XIV aux organisateurs de ce pèlerinage résonne comme un geste fort : celui d’un pontife soucieux de calmer les tensions qui divisent encore l’Église.
C.L. (avec I. Media et La Croix)

