Figure peu connue du Moyen Âge, saint Guidon, dit « le pauvre d’Anderlecht », a néanmoins marqué son époque par sa charité et ses pèlerinages à travers l’Europe. Entre légende et réalité historique, il reste aujourd’hui le saint patron des sacristains, des carillonneurs et des marchands de bestiaux.
Guy (plus couramment Guidon) naît à Anderlecht, dans la région du Brabant, dans une famille pauvre de paysans. La pauvreté, choisie comme style de vie, l’accompagnera tout au long des milliers de kilomètres parcourus. En se privant de tout pour les pauvres, il est pour cela considéré à juste titre comme le précurseur de saint François d’Assise, au point d’être surnommé « le pauvre d’Anderlecht».
De sacristain à pèlerin
Profondément attaché à la ferme familiale, Guidon la quitte au cours de sa jeunesse pour se mettre au service d’un prêtre à la chapelle Notre-Dame Laeken. En tant que sacristain, il est quotidiennement confronté à l’indigence et les nécessités de la vie humaine. Cette expérience le pousse à entreprendre une activité commerciale, non pas pour le profit, mais au contraire, pour créer un fond dont le revenu sera entièrement destiné aux pauvres de la ville.
Mais ce n’est pas la voie la plus facile, celle que le Seigneur a préparée pour lui. Guidon le comprend lorsque le premier bateau qu’il appareille fait naufrage dans le port fluvial de Bruxelles. Alors il laisse tout et prend l’habit religieux du pèlerin.
En voyage avec sa besace, remplie par le Seigneur !
Pendant sept ans, Guidon parcourt les routes de l’Europe. Au cours de ses voyages il se donne pour tâche d’évangéliser et de porter Jésus à tous ceux qu’il rencontre, mais aussi leur donner du pain s’ils en ont besoin. Souvent et très volontiers, il se prive même de sa ration, en remplissant la besace de terre pour ne pas faire voir son aumône. Mais, selon la légende, le Seigneur récompense son dévouement en la remplissant de nouveau de pain.
Il visite ainsi les plus grands sanctuaires de la chrétienté ; il va même jusqu’en Terre Sainte, comme le fera deux siècles plus tard François d’Assise. Sur le chemin du retour, en passant par Rome, il rencontre le doyen d’Anderlecht qui est à l'agonie; ce dernier le charge, après sa mort, d’en annoncer la nouvelle chez lui. Guidon repart donc vers sa terre natale mais il y arrive fatigué et malade; et peu de temps après, il meurt de la dysenterie. Aujourd’hui, sa dépouille repose dans la Collégiale des Saints-Pierre-et-Guidon.

Un récit à prendre avec prudence
Il faut toutefois rappeler que l’on sait très peu de choses certaines sur son existence. Les récits qui nous sont parvenus, empreints de légende, amènent certains historiens à douter même de son historicité. De plus, la date traditionnellement retenue pour sa mort – le 12 septembre 1012 – demeure controversée, comme le souligne le site officiel de la commune d’Anderlecht.
Saint patron des carillonneurs et des sacristains
Ce qui est certain, c'est que Guidon a été canonisé le 24 juin 1112 par l’évêque de Cambrai. A cette époque, la procédure n’était pas encore une prérogative exclusive du pape mais dépendait de l’évêque du lieu, en l’occurrence celui de Cambrai.
Vénérées à Anderlecht depuis le Moyen-Age, les reliques de saint Guidon ont été étudiées pendant de longs mois. En septembre 2014, le verdict est tombé : il s'agit bien des ossements d'un homme décédé entre 30 et 40 ans et ayant vécu au Xème siècle.
Saint Guidon est célébré le 12 septembre et est considéré comme le saint patron, entre autres, des carillonneurs, des sacristains et des marchands de bestiaux.

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La procession de Saint-Guidon et de Notre-Dame de Grâce à Anderlecht
Chaque année, une procession retrace la vie de St-Guidon. Cette reconstitution historique se tient traditionnellement au mois de septembre, le samedi précédant le marché annuel d’Anderlecht.
Elle est précédée, le vendredi, par un cortège aux flambeaux partant de la collégiale Saints-Pierre et Guidon où les statues processionnelles de Saint-Guidon et Notre-Dame de Grâce sont sorties pour être menées jusqu’à la chapelle de Saint-Guidon, avenue d’Itterbeek.
Le samedi, la grande procession rassemble environ 300 figurants en costumes médiévaux et sept chars tirés par des chevaux de traits. La vie de Saint-Guidon ainsi que l’histoire tumultueuse de la statuette de Notre-Dame de Grâce y sont contées sous forme de sept tableaux symboliques. Plus d'infos sur la procession : ici.

La Rédaction (S.D., mise à jour C.L.)

