Combien d’argent seriez-vous prêt à payer pour voir Dieu? Nous déboursons facilement plusieurs dizaines d’euros pour voir des sportifs à l’œuvre ou pour voir un artiste se produire sur une scène. Ces sommes peuvent même dépasser la centaine d’euros pour certains festivals de musique. A l’heure où tout s’achète, la question de ce dimanche est piquante: quelle place Dieu a-t-il dans notre budget?
Les collectes du dimanche font peine à voir. Elles servent plus souvent de vide-poche que de vraies offrandes personnelles. Où est donc passé la charité chrétienne? Pourtant, par ce don, nous participons activement à l’offertoire et nous nous associons au sacrifice du Christ qui donne sa vie pour nous. Voilà pourquoi les paniers d’offrande sont habituellement déposés au pied de l’autel pendant la consécration. C’est notre contribution à l’édification du peuple de Dieu. Notre part de travail! Pensez-y ce dimanche en préparant votre plus joli billet pour Dieu, qu’il soit rouge, bleu, orange ou vert.
Le rapport à l’argent restera toute notre vie une question fondamentalement… religieuse! Car c’est bien cela la religion; la relation avec l’Autre. Et cette relation dépend de notre don. Chaque euro épargné est un édifice de sécurité dont nous n’avons pas besoin. Saint Paul nous dit clairement: "Que votre conduite ne soit pas inspirée par l’amour de l’argent. Contentez-vous de ce que vous avez." (Hé 13, 5) Il termine le verset par un engagement de Dieu pour nous: "car il est écrit: Je ne te lâcherai jamais, je ne t’abandonnerai jamais".
Et si la clé de notre vie était dans nos finances? L’évangile, et avant lui l’ancien testament, semble être un véritable programme de dépossession. Le Christ-Jésus, par son exemple, nous démontre que la joie parfaite est dans le renoncement à nos possessions. Et la possession qui les symbolise toutes, c’est l’argent! Dans le livre du Deutéronome, Dieu dit: "Certes, le malheureux ne disparaîtra pas de ce pays. Aussi, je te donne ce commandement: tu ouvriras tout grand ta main pour ton frère quand il est, dans ton pays, pauvre et malheureux." (Dt 15, 11)
Nous comprenons donc déjà que la charité n’est pas une solution à la pauvreté et au malheur mais bien amour de Dieu et du prochain. C’est par crainte de Dieu et par amour de mon frère que j’ouvre ma main. Saint Jean dans sa première épître ne dit pas autre chose: "Celui qui a de quoi vivre en ce monde, s’il voit son frère dans le besoin sans se laisser attendrir, comment l’amour de Dieu pourrait-il demeurer en lui?" (1 Jn 3, 17)
Pour progresser sur le sujet du détachement véritable, je me permets de vous conseiller le livre du frère Emidio-Marie Ubaldi "La bourse ou la vie – gérer ses biens selon l’évangile". C’est un véritable remède pour toutes nos peurs et nos "mains desséchées" (Mc 3, 1).
Aussi, ce dimanche, en communion avec toute l’Eglise de Belgique et à la demande de notre évêque, mettons dans nos paniers tout ce que nous avons, même si c’est l’équivalent de "cinq pains et deux petits poissons". (Mt, 14, 17)

Pierre DE MAHIEU

