L’Ordre équestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem est un ordre de chevalerie placé sous l’autorité directe du pape. Ses origines remontent à près d’un millénaire. Encore aujourd’hui, des femmes et des hommes continuent à le rejoindre, notamment en Belgique. Voici pourquoi.
Le cadre est prestigieux. En juin dernier, c’est avec capes et bannières qu’en l’église capitulaire Notre-Dame des Victoires au Sablon, neuf nouveaux impétrants ont été admis à rejoindre la Lieutenance de Belgique lors d’une très solennelle cérémonie d’investiture (photo ci-contre). Ces trois dames et six chevaliers ont pris cet engagement après avoir longuement discerné. L’Ordre compte 30.000 membres, répartis dans plus de 35 pays. En Belgique, ils sont environ 330. Leur engagement repose sur deux piliers: 1) le désir d’approfondir leur vie de croyant; 2) leur volonté de soutenir les chrétiens de Terre sainte.
"Deus lo vult" ("Dieu le veut"): autrefois, c’est à ce cri que se ralliaient les croisés avant de combattre les troupes ennemies. Aujourd’hui, le cri est devenu la devise de l’Ordre. Et c’est bien la volonté de Dieu que celles et ceux qui le rejoignent tâchent, encore et toujours, d’accomplir.


"Ce jour-là, j’ai compris la nécessité de protéger le Saint-Sépulcre"
Anne Maertens vient de rejoindre l’Ordre. Parmi les éléments qui ont guidé son choix: le Covid et un pèlerinage en Terre sainte.
Il y a plus de cinq ans, j’ai fait la connaissance de l’Ordre équestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem lors d’une investiture en l’église Notre-Dame du Sablon à Bruxelles. Cette cérémonie solennelle et la liturgie de la Sainte Messe m’ont profondément marquée. Par la suite, j’ai été invitée à d’autres célébrations eucharistiques et visites d’églises, parfois suivies de repas conviviaux au cours desquels j’ai pu rencontrer de nombreuses Dames et Chevaliers et échanger avec eux. Ce furent à chaque fois des moments chaleureux de communion et de foi profonde.
Le tournant
Lorsque, durant la pandémie, j’ai été hospitalisée à la suite d’une grave infection au Covid, ces jours d’isolement total m’ont conduit à une introspection profonde. J’ai alors pris la résolution de me rendre à Compostelle après ma guérison. Mais les choses ont pris un autre tournant: l’Ordre m’a donné l’autorisation de participer avec ses membres à un pèlerinage en Terre sainte. Un rêve s’est ainsi réalisé. Ce fut une immersion totale dans la vie du Christ. Nous avons parfois littéralement suivi ses pas et nous nous sommes rendus dans les lieux où il a vécu et prié avec ses apôtres. Nous avons logé dans des monastères et célébré chaque jour la messe ensemble.
Je n’oublierai jamais l’image du prêtre nous distribuant la Sainte Communion dans un simple gobelet, au milieu des ruines de Pétra. Jamais je ne me suis sentie aussi proche de Dieu. A Jérusalem, notre destination finale, j’ai compris la nécessité de protéger le Saint-Sépulcre. C’est là que se trouve, depuis des siècles, la source de notre foi, et ce lieu est encore aujourd’hui visité par des milliers de personnes.
Chrétiens et musulmans
Au cours de notre voyage, j’ai également vu l’application concrète du message d’amour du Christ dans les écoles fondées par l’Ordre en Palestine, toujours soutenues financièrement. Là, des enfants chrétiens vivent en harmonie avec des élèves musulmans et bénéficient ensemble d’un enseignement de grande qualité. Ils nous ont fièrement montré leur classe d’informatique et nous ont même adressé un message de bienvenue en anglais.
Nous avons aussi visité un atelier où des adultes palestiniens handicapés sont aidés par leurs encadrants à confectionner des objets en feutre. Partout, j’ai ressenti de l’affection et un profond désir de paix.
En ces temps troublés
J’ai été profondément touchée, mais il m’a fallu encore un certain temps avant d’oser franchir le pas de l’adhésion à l’Ordre. Je souhaitais pouvoir m’y engager pleinement. Les journées de réflexion à Grimbergen et à Maredsous m’ont toutefois fortifiée dans ma foi et mon espérance.
Monseigneur Harpigny m’a beaucoup aidée grâce à son enseignement s’inspirant de l’Evangile selon saint Jean.
Aujourd’hui, je suis heureuse de pouvoir, en ces temps troublés, approfondir ma foi et, avec le soutien des autres Dames et Chevaliers, contribuer à un monde plus empreint de compassion.

"Une exigence personnelle pour mieux vivre ma foi"
Benoît Van Houtte est attaché à l’histoire de l’Ordre. Il est surtout persuadé que la mission de celui-ci demeure pleinement actuelle.
Depuis tout petit, j’ai été touché et engagé par la cause des chrétiens de Terre sainte. Il y a quarante ans, j’avais seulement 17 ans, j’ai organisé une collecte de vêtements pour les chrétiens du Liban. Cet acte, même modeste, montrait déjà mon envie de faire une vraie différence dans la vie de ceux qui souffrent.
Persévérance et dévotion
Je suis aussi attiré par l’Ordre équestre du Saint-Sépulcre à cause de son histoire riche et impressionnante. Cet Ordre, depuis près de mille ans, est un symbole de persévérance et de dévotion chrétienne à travers les âges. Rejoindre une institution si ancienne et respectée, c’est pour moi une façon de m’ancrer dans une tradition de prière et de service. Et en tant que Commandant de l’Escorte Royale, je dois avouer que le caractère équestre de l’Ordre, même s’il n’est qu’historique, m’attire aussi particulièrement!
Chaque acte de service devient prière
En plus, faire partie de l’Ordre, c’est pour moi une exigence personnelle pour mieux vivre ma Foi chrétienne. L’engagement envers l’Ordre demande une discipline spirituelle, un dévouement à la prière et à la charité. C’est un chemin vers une Foi plus authentique, où chaque acte de service devient une prière et un témoignage de l’amour du Christ.
Enfin, ma conscience de la situation des chrétiens de Terre sainte a été vraiment marquée par un voyage à Jérusalem. Cette expérience m’a ouvert les yeux sur les défis quotidiens qu’ils affrontent, et a renforcé ma détermination à les soutenir. Voir de mes propres yeux les Lieux saints, sentir la tension et la résilience de ces communautés, ça a été une vraie révélation. Ça m’a convaincu de la nécessité d’un engagement concret à leurs côtés.
Voilà pourquoi je souhaite avec enthousiasme rejoindre l’Ordre équestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem, porté par un désir sincère d’aider, de prier et de vivre pleinement ma Foi chrétienne.
Vincent DELCORPS
