Témoignage : On peut être gravement malade et heureux !


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Témoignage : On peut être gravement malade et heureux !
(c) AdobeStock
Par Vincent Godefroid
Publié le
4 min

L’arrivée d’une maladie peut s’avérer bouleversante. Comment réagir? Comment croire encore en la vie? Vincent Godefroid a choisi de se ranger dans le camp des battants. Quelques semaines après la sortie de son livre, Ma mort s’éloigne, il nous partage son témoignage.

Un témoignage entre la vie et la mort est toujours un témoignage de vie. Avec la mort qui approche sans doute, mais aussi avec la mort qui s’éloigne, à l’occasion. Quand le mal agresse, on ne sait jamais qui va gagner. C’est profondément injuste? Oui.

Puis mon médecin a voulu me voir…

Pour ce qui me concerne, les choses ont été surprenantes. J’avais septante ans. Un souci de santé m’a chipoté. On a cherché. J’avais un problème discal que j’ai toujours. J’ai été conduit à faire un scanner de mes disques. Tout allait bien du côté de ma dystonie cervicale, rare, d’origine inconnue.

Puis mon médecin a voulu me voir. J’ai pensé, sans rigoler, "J’ai le cancer." Rien ne le prédisait. Mais, au scanner discal où tout allait bien, il y avait une petite tache noire en haut de mon poumon droit. Il fallait investiguer un peu plus. C’était le cancer, une tumeur, il était bien là. Il m’a dit "Tu meurs." Mais j’avais déjà décidé que je gagnerais contre lui. J’ai dit à mon médecin traitant: "Ce n’est pas le crabe qui me mangera; c’est moi qui le mangerai, en salade dans un sandwich." 

Pleurnicher? Ça renforce la déprime!

Au fil du temps, j’ai appris que l’existence était aussi faite de douleurs, de peines et de difficultés. Si je me laisse aller lorsque j’en rencontre, je les renforce et peux en mourir. Or, je veux vivre car j’aime la vie. Pleurnicher? Pourquoi? Cela renforce la déprime et fait fuir l’entourage. Se distancer, méditer, contempler, c’est s’apaiser, donc reprendre la paix en soi et se disposer à voir les choses de manière plus souriante. Essayez, vous verrez que vos douleurs, vos peines ou vos difficultés perdront déjà de leur acuité. En allant ainsi de "mieux" en "mieux", vous finirez par aller bien – même si tout n’est pas parfait.

Dieu fait partie de mon existence

A travers cette période difficile sur le plan de la santé, qui m’a appris à me montrer combatif, j’ai compris la différence, immense, entre La Vie et l’existence. La Vie existe depuis toujours et restera pour toujours; l’existence humaine est une parcelle de vie qui est accordée à chaque être vivant, qu’il soit végétal, animal ou humain.

J’ai l’avantage d’être croyant. Dieu, Père, Fils et Esprit, fait intégralement partie de mon existence, ce qu’on appelle la vie humaine. Pour moi, c’est puissant de vivre le bonheur d’être croyant lorsqu’on est amené à affronter des souffrances. Il y a deux millénaires est né mon frère aîné. Il en a connu, des déboires, des injustices et d’autres souffrances! Son intégrité maximale l’a conduit jusqu’à être mis à mort d’une des manières les plus atroces qui soient. Trois jours après, il était de retour. Et il m’a pris la main, pour ne plus la lâcher. Voilà pourquoi, ma main étant dans celle de Jésus, malgré les nombreuses erreurs que je commets, je sais qu’Il ne me laissera jamais souffrir jusqu’à l’insupportable.

La souffrance et le malheur

Dans Ma mort s’éloigne, je tente de dire les souffrances, les difficultés, le ressenti, les émotions et les espoirs que je vis dans mon combat contre le cancer accru par mon problème dystonique invalidant. Et je souhaite transmettre le message suivant: ce n’est pas parce que l’on est atteint d’une maladie grave et/ou d’une problématique handicapante qu’on ne peut pas vivre heureux.

Je suis infiniment convaincu que la souffrance et le malheur sont deux choses différentes. Selon nos dispositions d’esprit, que l’on peut décider, on peut s’appesantir parce qu’on a mal ou l’on peut transcender sa souffrance et être heureux malgré elle. 

En aucun cas, je ne blâmerai qui que ce soit de ne pas faire le même choix que moi. Chacun a son histoire. Chacun a sa manière de ressentir son histoire. Chacun a ses souffrances et sa manière de les vivre en fonction de son ressenti. Chacun est bourré d’émotions que personne ne peut juger.

Vincent GODEFROID

N.B.: L’expression latine Spe gaudentes; in tribulatione patientes; orationi instantes signifie "Soyez joyeux dans l’espérance, patients dans la détresse, persévérants dans la prière". Elle se trouve dans l’Epître de saint Paul aux Romains, chapitre 12, verset 12.

Vincent Godefroid, Ma mort s’éloigne. Edilivre, 2025


(Titre, chapeau et intertitres sont de la rédaction)

Catégorie : Opinions

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