Une reconnaissance patrimoniale exceptionnelle. La Fédération Wallonie-Bruxelles a classé quatre ornements liturgiques de l’atelier Dormal-Ponce comme trésors et reconnu sept autres pièces comme biens d’intérêt patrimonial.
« Avec cette décision la Fédération Wallonie-Bruxelles souligne l’importance historique et artistique de ces pièces uniques, témoins d’un savoir-faire textile d’exception », a déclaré la ministre de la Culture, Elisabeth Degryse. Quatre pièces ont été classées comme trésors et sept autres ont été inscrites comme biens d’intérêt patrimonial.
Un atelier d’exception au XVIIIe siècle
Fondé par Pierre-François Dormal et Charles-Joseph Ponce, l’atelier fut fournisseur de nombreuses cathédrales et abbayes. Il se distinguait par la qualité de ses matériaux, la virtuosité de ses techniques et la richesse de ses compositions baroques et rococo.
Une recherche scientifique menée par l’UCL, la KUL et l’IRPA a permis de reconstituer un corpus de 18 ornements, présenté notamment lors de l’exposition Habiller le Culte au TAMAT en 2021. Rare dans le domaine du textile liturgique, souvent anonyme, la production Dormal-Ponce bénéficie d’une traçabilité documentée qui renforce sa valeur patrimoniale.

Quatre trésors reconnus
Les quatre pièces désormais classées comme trésors sont :
- Le “Grand Rouge de Saint-Martin” (Cathédrale Notre-Dame, Tournai) : un somptueux ensemble de 15 pièces, considéré comme le plus important du corpus.
- L’ornement Cotrel (Cathédrale Notre-Dame, Tournai) : documenté par un contrat de 1730, il témoigne du luxe et du prestige liturgique de l’époque.
- L’ornement “Or” de Stavelot (Église Saint-Sébastien, Stavelot) : remarquable par son décor or sur or et sa conservation intégrale.
- Les chapes “Gouyasse” (Église Saint-Julien, Ath) : emblématiques du style rococo, elles conservent une forte valeur ethnographique, l’une étant encore portée lors des Vêpres Gouyasse précédant la Ducasse d’Ath.
Sept biens d’intérêt patrimonial
Sept autres pièces ont été inscrites comme biens d’intérêt patrimonial :
- Orfrois et chaperon (Musée royal de Mariemont)
- Le dais de procession (Église Saint-Julien, Ath)
- La chasuble violette (Église Saint-Julien, Ath)
- La chape de Trazegnies (Église Saint-Martin, Trazegnies)
- La chape de Namur, armoiries de Bernard Burlet (Cathédrale Saint-Aubain, Namur)
- L’ornement “or et argent” (Cathédrale Saint-Paul, Liège)
- L’ornement en velours rouge (Église Saint-Guibert, Gembloux)

Ces ensembles illustrent la créativité, la diversité des commandes et l’importance du patrimoine textile liturgique en Wallonie et à Bruxelles.
Préserver et transmettre un patrimoine fragile
La reconnaissance officielle s’appuie sur un travail collectif impliquant chercheurs, experts de la Commission des Patrimoines culturels, le CIPAR et les services de la Fédération Wallonie-Bruxelles.
Ce classement et cette inscription confèrent une protection juridique renforcée à des œuvres textiles particulièrement sensibles à la lumière et à l’humidité. "Leur fragilité explique qu’elles soient rarement exposées au public, ce qui rend leur valorisation patrimoniale d’autant plus précieuse", souligne le communiqué.
Source: communiqué de la Fédération Wallonie-Bruxelles - Photos: © KIK-IRPA / © H Malice

