Saint Christophe est traditionnellement fêté le 25 juillet dans l'Eglise, mais il l'est également le 21 août en France et dans d'autres pays francophones. En Occident, il est vénéré comme le patron des voyageurs depuis le Ve siècle. Mais pourquoi invoque-t-on ce saint lorsqu'on entreprend un voyage, notamment au moment des vacances ? La réponse réside dans légende de Christophe, ce géant qui aidait les voyageurs à traverser une rivière dangereuse, et qui va être amené à porter un enfant mystérieux...
Si, dans le monde francophone, saint Christophe est aujourd'hui fêté le 21 août, le jour traditionnel de sa fête est le 25 juillet - date reprise dans le calendrier romain. Comme de nombreux autres saints et saintes, Christophe est invoqué en lien à une circonstance particulière de la vie, en l'occurrence celle du voyage. Depuis le 5e siècle, et encore de nos jours, les chrétiens demandent la protection de saint Christophe lorsqu'ils entreprennent un voyage. Patron des voyageurs, il l'est aussi, par extension, des marins ou automobilistes. D'où les porte-clé qui reproduisent son image : celle d'un homme au milieu d'une rivière qui, le bâton à la main, porte un enfant sur le dos.
Un message profondément chrétien
Cette représentation bien connue trouve son origine immédiate dans la légende de saint Christophe. Celle-ci n'a, selon toute vraisemblance, aucun fondement historique. Mais le "succès" de ce saint réside dans la portée symbolique de son histoire, qui porte un message profondément chrétien.
Quelle est cette histoire? Christophe, dont le nom signifie "porteur du Christ" (Christophoros en grec), était un homme de grande taille - on parle parfois de "géant" - qui aidait les voyageurs à traverser un fleuve dangereux. Un jour, il entend la voix d'un enfant qui l'appelle, mais ne voit personne. Au troisième appel, il voit enfin l'enfant, qui lui demande de le porter sur l'autre rive. Christophe s'exécute, mais la traversée s'avère plus difficile que d'habitude. Etrangement, l'enfant pèse lourdement sur ses épaules, au point que, arrivé au milieu du fleuve, il n'arrive plus à avancer.
Le Christ à qui il a rendu service
Soudain, l'homme se sent comme soulevé, et il arrive à nouveau à progresser. Comme si c'était l'enfant qui, maintenant, le portait mystérieusement... Arrivé sur l'autre rive, le géant interroge le petit voyageur :
"Enfant, tu m'as exposé à un grand danger, et tu m'as tant pesé que, si j'avais eu le monde entier sur moi, je ne sais s'il eut été plus lourd à porter." L'enfant lui répondit : "Ne t'en étonne pas, Christophe (porteur du Christ), tu n'as pas eu seulement tout le monde sur toi, mais tu as porté sur tes épaules Celui par qui le monde a été créé : car je suis le Christ ton Roi, à qui tu as en cela rendu service."
Le voyage de notre vie
C'est ainsi que Christophe devint le saint patron des voyageurs. Mais ce patronage, à l'image de la légende, comprend une dimension symbolique proprement spirituelle : il ne s'agit pas seulement de déplacement physique, mais du voyage spirituel que représente toute notre vie. Notre existence est un peu comme la traversée d'un fleuve tumultueux, image d'un monde plein de dangers, qui menace à tout moment de nous emporter.
Dans cette vie, les chrétiens sont appelés à porter le Christ - à être des "christophe- dans le monde, à le porter au monde. Mais la mission est périlleuse, parfois difficile et la croix parfois trop lourde à porter. parfois, le découragement nous menace, notre faiblesse prend le dessus. Mais au coeur de cette traversée mouvementée, un retournement - une conversion - peut s'opérer : à un moment, on se rend compte que c'est en fait Christ qui nous porte, qui nous aide à traverser les périls de la vie, pour atteindre l'autre rive. C'est le coeur du mystère chrétien : la force de Dieu, qui est comme celle d'un enfant, se déploie à travers nos faiblesses.
Christophe Herinckx

