En vidéo, le cardinal De Kesel livre un témoignage immersif sur les coulisses du conclave


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En vidéo, le cardinal De Kesel livre un témoignage immersif sur les coulisses du conclave
Le cardinal Jozef De Kesel se confie sur les coulisses du conclave de 2025, offrant un rare témoignage de l’intérieur de ce qu’il appelle lui-même "un isoloir collectif". © Vatican Media
Par Clément Laloyaux
Journaliste de CathoBel
Publié le - Modifié le
3 min

Dans un entretien accordé à la chaîne YouTube Signes des Temps, animée par l’abbé Philippe Mawet, le cardinal Jozef De Kesel revient sur sa participation au conclave de mai 2025 qui a vu l’élection du pape Léon XIV.

"La chapelle Sixtine est devenue un isoloir collectif", se remémore Jozef De Kesel. Au micro de l'abbé Philippe Mawet, le cardinal belge décrit avec gravité et émerveillement le climat solennel de l’élection, placé sous le regard des fresques du Jugement Dernier et des scènes de la vie du Christ et de Moïse. Ce décor n’était pas neutre : "Tu devras rendre compte de ce que tu fais maintenant. Ne cherche pas tes propres intérêts. Il y a quelqu'un qui te voit", commente-t-il.

Pour lui, cette atmosphère spirituelle aidait les cardinaux à se recueillir et à se recentrer sur l’essentiel : "Ce n’est pas notre œuvre. Ce n’est pas à cause de nous. On l’a reçu."

L’importance du pré-conclave : unité et discernement

Dès son arrivée à Rome, à la suite du décès du pape François, le cardinal De Kesel souligne que les rencontres quotidiennes entre cardinaux, bien avant le début officiel du conclave, ont joué un rôle fondamental. Ces échanges ont permis, selon lui, de construire un consensus : "Il y avait déjà une grande unanimité lors du préconclave. Ça explique un peu pourquoi le conclave lui-même n'a pas duré longtemps."

Le cardinal-électeur belge raconte qu'autour de lui, il entendait énormément de bien du pontificat de François : "Il a vraiment marqué l'Église. Aujourd'hui, l'Église est différente de celle qu'elle était avant lui. C'est une Église plus humble, plus proche des gens, avec un bon rapport au monde, qui s'engage dans le monde, qui partage les joies et les peines, comme dit le Concile Vatican II, mais aussi les tristesses et les angoisses des hommes d'aujourd'hui, l'immigration, la pauvreté, l'écologie, etc." Il qualifie cette Eglise de "non-cléricale", c'est-à-dire "une Eglise qui ne s'occupe pas trop d'elle-même, qui ne se ferme pas".

Il insiste : lors de cette élection, il ne s’agissait pas de choisir selon des critères géographiques. L’élection du cardinal Robert Prévost, devenu Léon XIV, ne fut pas une manœuvre politique. "Il est Américain, mais il aurait pu être Italien aussi. Ce n’est pas cela qui a compté. Le nationalisme ne joue pas".

Léon XIV : continuité et crédibilité

Dans les premiers gestes et paroles du nouveau pape, le cardinal De Kesel perçoit une ligne claire : poursuivre l’héritage du pape François tout en consolidant les fondements posés. "Il va continuer la ligne du pape François, mais il ne sera pas une copie."

Il cite alors une phrase marquante prononcée par le nouveau pontife le 31 mai dernier, lors de l’ordination sacerdotale de onze diacres pour le diocèse de Rome :

"On ne demande pas à l’Église d’être parfaite, mais d’être crédible."

Cette quête de crédibilité est pour Jozef De Kesel le grand défi de l’Église aujourd’hui, après les blessures du passé et les attentes du présent. Il espère une Église "plus fraternelle, plus authentique, plus évangélique".

Un pape pour l’Église et pour le monde

Connaisseur de Léon XIV, qu’il a rencontré tant à Rome qu’en Belgique, le cardinal De Kesel loue un homme "discret, d’écoute, capable de retenir ce qu’on lui dit". "Il aura aussi son tempérament !" prévient Jozef De Kesel. Il voit en lui un pasteur universel : formé dans la modernité américaine, proche de l’Amérique latine, parlant espagnol et rompu aux réalités du terrain. "C’est un grand cadeau pour l’Église à l’heure actuelle. Je crois que c’est l’homme qu’il fallait", conclut-il avec émotion.


🎥 À voir en intégralité sur YouTube :
Signes des Temps – Le Conclave : un isoloir collectif, entretien du 4 juin 2025 avec le cardinal Jozef De Kesel.

Ce témoignage précieux et vivant permet de mieux comprendre les coulisses d’un événement ecclésial majeur. Un moment d’écoute et de réflexion à ne pas manquer.

C.L. (avec Signes des Temps)


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