Léon XIV et les réseaux sociaux: des comptes officiels, des tweets engagés, mais attention aux faux profils


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Léon XIV et les réseaux sociaux: des comptes officiels, des tweets engagés, mais attention aux faux profils
Par Manu Van Lier
Journaliste de CathoBel
Publié le
3 min

Premier pape à avoir une longue histoire personnelle avec les réseaux sociaux avant même son élection, Léon XIV s'impose comme un pontife d’un genre nouveau, à l’aise sur les plateformes numériques tout en appelant à leur usage responsable.

Le Vatican a annoncé la réactivation ce 13 mai des réseaux sociaux officiels du Souverain pontife. Léon XIV devrait assurer une présence active sur Instagram @Pontifex-Pope Leo XIV (qui compte 5,8 millions d'abonnés). Il reprend également les comptes officiels @Pontifex sur X, disponibles en neuf langues et suivis par 52 millions d’abonnés. La présence numérique du pape François, avec près de 50 000 messages et des milliards de vues, avait marqué une étape clé dans la communication pontificale, amorcée en 2012 par Benoît XVI avec le lancement de @Pontifex sur Twitter.

Avant d’être pape, un cardinal connecté

Le cardinal américain Robert Francis Prevost, pratique les réseaux sociaux depuis quatorze ans. Son compte personnel sur X (ex-Twitter), @drprevost, cumule plus de 400 publications, mêlant réflexions spirituelles et prises de position politiques tranchées. Il partage des informations sur le Synode sur la synodalité, des images de célébration au Pérou, des déclarations du pape François et réagit parfois à l'actualité. Son style? Direct, engagé, souvent sans détour. Il ne s'est jamais privé d’intervenir sur des sujets sensibles: le racisme aux États-Unis, les violences sexuelles dans l’Eglise, la pandémie de Covid-19 ou encore la guerre en Ukraine. En 2020, il appelait publiquement les responsables religieux à dénoncer le racisme après la mort de George Floyd. En 2014 déjà, il s’interrogeait ouvertement: "N’est-il pas temps de mettre fin à la peine de mort ?".

Parfois, ses messages prennent la forme de simples republications d’éditoriaux ou d’articles qu’il approuve – une forme d’expression qu’il considère comme un acte de soutien assumé. Ainsi, lorsqu’en 2023 le sénateur JD Vance suggère que les chrétiens doivent prioritairement aimer leur famille, Prevost répond en repartageant un texte cinglant : "JD Vance a tort : Jésus ne classe pas l’amour". Le tweet suscite alors des dizaines de milliers de réactions.

Léon XIV est donc le premier souverain pontife à avoir une expérience personnelle et continue des réseaux sociaux avant même d'accéder à la papauté. Cette particularité le distingue de ses prédécesseurs: il ne découvre pas l’outil, il en connaît déjà les ressorts, les risques… et l’impact.

Une multiplication des faux profils

Cette visibilité a aussi un revers. Depuis son élection, les faux comptes se sont multipliés sur Facebook et sur X. Des utilisateurs reprennent son nom ou sa photo pour se faire passer pour lui. Certains publient des messages pseudo-religieux ou des messages humoristiques. Mais d'autres sont plus dangereux: des escrocs, souvent localisés en Afrique de l’Ouest, usurpent son identité pour extorquer de l’argent à des internautes crédules, notamment en cryptomonnaie.

Face à cette vague d’usurpation, le Vatican rappelle que les seuls comptes officiels du pape sont sur Instagram @Pontifex-Pope Leo XIV et sur X @Pontifex.

Communiquer sur les réseaux, avec discernement

En 2023, alors qu’il était encore préfet du Dicastère pour les évêques, Mgr Prevost avait partagé sa vision des réseaux sociaux dans un entretien accordé à Andrea Tornielli, pour Vatican News. Il estimait que les réseaux sociaux représentent une opportunité pour l’évangélisation mais qu'il faut pouvoir les "utiliser à bon escient". Il appelait à la prudence face à la communication instantanée: "nous devons vraiment réfléchir plusieurs fois avant de parler ou d'écrire un message sur Twitter, de répondre ou même simplement de poser des questions sous une forme publique, sous le regard de tout le monde." Le risque, concluait-il, est risque "d'alimenter les divisions et les controverses".

L'expérience de Léon XIV sur les réseaux sociaux devrait lui permettre de déjouer les pièges tout en apportant une communication moderne pour une Eglise en quête d’impact dans l’espace public.

Manu VAN LIER


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