En mars dernier, des élèves de 5e secondaire du collège épiscopal du Sartay à Embourg ont vécu une "retraite" autour de la Shoah, qui les a menés jusqu'aux camps d’Auschwitz – Birkenau, en Pologne. De retour de l'horreur, quelques élèves ont tenu à rédiger leurs impressions sous la forme d'un poème. Et à le partager largement.
A peine arrivés, l’ambiance était morbide
Les yeux seulement ouverts, on apercevait déjà l’homicide
Parait-il que le travail rend libre
Mais les nazis ne voyaient qu’à travers leurs calibres
Les familles déchargées sur les quais
Les S.S. voilà ce qui les amusait
Les séparer dans des chambres
Ne laissant derrière eux que des cendres
Nous nous plaignons de la longueur de la visite
Quatre heures c’est long qu’on se disait
Pourtant leurs vies s’éteignaient plus vite
Un supplice de dix minutes et tout s’arrêtait
Le long du chemin de la mort
Nous marchions sur leurs corps
Menés par leurs “torts”
Vu par l’état-major
Le reste de leur vie étant brulé
Par un seul feu qui fut allumé
Par des gens sans remords
Qui ne juraient que par la mort
Dans leur silence
Nous marchions avec assurance
Dans les baraquements
Là où ils vécurent cet acharnement
Sur ces mots osés et compliqués
Nous partageons leur histoire
Dans l’ombre persistante du passé
Brille encore leur mémoire
Mathieu Eysackers, Luca Ernst, Nicolas Maréchal et Mallory Collet, élèves de 5e secondaire au collège épiscopal du Sartay à Embourg (province de Liège)
