Conclave : Après le tumulte médiatique, les rumeurs et les tentatives de déstabilisation… place au silence !


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Conclave : Après le tumulte médiatique, les rumeurs et les tentatives de déstabilisation… place au silence !
Sommes-nous à la veille de l’un des conclaves les plus décisifs et sous tension de l’histoire récente ? La question se pose, au vu de la prolifération de rumeurs et de fake news ayant agité le Vatican ces derniers jours… © Vatican Media
Par Clément Laloyaux
Journaliste de CathoBel
Publié le
4 min

D'ici quelques minutes, les portes de la chapelle Sixtine se refermeront pour le conclave. Cet évènement, par nature non-médiatique, suscite paradoxalement une attention mondiale sans relâche. Depuis le décès du Pape, un vacarme médiatique s'est emparé du Vatican, accompagné de son cortège de rumeurs et d'allégations en tout genre. Des "boules puantes", selon le vaticaniste Michel Cool, destinées à ternir l’image de certains cardinaux éligibles...

Ce mercredi 7 mai, à 16h30, 133 cardinaux électeurs vont être isolés dans la chapelle Sixtine, protégés de la frénésie qui a gagné le Vatican ces deux dernières semaines. Coupés du monde, ils pourront ainsi accueillir le don de l’Esprit Saint et discerner lequel d’entre eux (sauf exception) ils éliront au siège de Pierre.

Les cardinaux à l'ère numérique

Avec plus de 4.700 journalistes couvrant l’élection du pape, le plus petit Etat du monde est devenu, ces derniers jours, le centre médiatique de la planète. Un paradoxe selon cet universitaire italien, cité par Vatican News, qui décrit le conclave comme "l’événement médiatique non médiatique par excellence". 

Pour autant, le conclave de cette année profite d’une accélération médiatique jamais vue, via les réseaux sociaux... et via les cardinaux eux-mêmes ! "On assiste à un phénomène nouveau, on voit effectivement des cardinaux qui se prennent en selfie, certains se pensent maintenant comme des médias eux-mêmes", décrypte l’expert en communication Olivier Mathonat, pour les médias du Vatican.

Rumeurs, spéculations et tentatives de déstabilisation

Force est de constater qu’en marge du conclave, l’Esprit Saint n’est pas le seul à l’œuvre. Différentes rumeurs ont germé çà et là au Vatican, dans les cercles catholiques et dans les médias du monde entier. "Attention les amis! Des boules puantes sont lancées contre des cardinaux électeurs et... éligibles", avertit le vaticaniste Michel Cool, évoquant des manœuvres destinées à "polluer l’image de certains cardinaux". Il évoque notamment le cas du cardinal Parolin, victime de rumeurs sur sa santé fragile.

À Rome, le sujet a enflammé les conversations ces derniers jours : le cardinal Pietro Parolin, un des "favoris" à la succession du pape François, aurait été victime d'un malaise le 30 avril, au terme de l'une des congrégations générales. Une information préoccupante, lancée par un site américain conservateur, Catholicvote.org, puis massivement relayée et amplifiée par des médias et réseaux traditionalistes et critiques du pape défunt.

Si la Salle de Presse du Vatican a nié les faits, d'autres n’ont pas hésité à exploiter cette rumeur de santé défaillante, ajoutant que l'état de santé des "papabile" était un élément à prendre en compte durant le conclave. Une stratégie de déstabilisation visant à compromettre les chances de ce cardinal, considéré comme "ouvert" et proche de François.

Le média italien Il Sole 24 Ore a essayé de démêler le vrai du faux. S’il y a effectivement eu un bref évanouissement, il s’agirait là en réalité d'un simple "épisode d'hypertension artérielle qui a été rapidement surmonté." Un moment de faiblesse très probablement causé par son intense activité durant ces derniers jours.

Via plusieurs sources internes, il a été confirmé au média italien "que le cardinal Parolin n'a pas souffert de cet épisode et que son activité ces derniers jours n'a pas subi de retards ou d'interruptions."

L'ingérence de Macron, la danse du cardinal Tagle...

D'autres "boules puantes" sont épinglées par Michel Cool, sur son compte Facebook. Elles concernent notamment Emmanuel Macron et le cardinal français Jean-Marc Aveline :

"Des organes de presse italiens, orientés à droite, sympathisants de la présidente du conseil italien, Giorgia Meloni, peu amène envers la France, font circuler des infos non vérifiées, donc des suppositions, selon lesquelles le président Macron userait de son leadership pour influer sur le choix des cardinaux. Ces insinuations sont reprises par des articles en France qui oublient de préciser le positionnement politique des journaux lanceurs de cette polémique... Polémique qui égratigne au passage le cardinal français le plus en vue, l'archevêque de Marseille, Jean-Marc Aveline."

Le cardinal Tagle a également été victime d'une campagne de déstabilisation en ligne, ajoute le vaticaniste :

"Et puis, il y a cette vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux et montrant le cardinal philippin Luis Antonio Tagle, surnommé le "François asiatique", chantant sur une tribune, un micro à la main, la chanson célèbre de John Lennon « Imagine ». Cette chanson est présentée de manière insidieuse par ses diffuseurs, comme une chanson antireligieuse."

Se dirige-t-on vers l’un des conclaves les plus dramatiques de l’histoire récente ?

Ces tensions, symptomatiques d’une Eglise divisée, ont d'ailleurs conduit La Libre à titrer: "Ce sera sans doute le conclave le plus dramatique des cinquante dernières années." 

Le quotidien belge donne la parole au vaticaniste Marco Politi, qui estime que "François laisse une Église déchirée", entre "les ultra-conservateurs qui n'acceptaient pas la ligne théologique de François et le groupe réformateur". Il explique que cette "guerre civile" a continué jusqu'à la fin de son pontificat, attisée par les réseaux sociaux et l'échange de véritables insultes entre les deux camps. Cette fracture pourrait bien peser sur ce conclave.... Retrouvez son interview complète ici.

C.L. 

Catégorie : Vatican

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