Au milieu du XIXe siècle, alors que l’unification de l’Italie s’organisait sous la férule des rois de la Maison de Savoie, le pape Pie IX a senti une menace peser sur les terres de l’Eglise. Afin de pallier toute agression, il a chargé le général Louis Juchaut de Lamoricière d’organiser et de commander une armée pontificale.
Assez vite, un appel a été lancé dans la chrétienté pour enrôler des jeunes gens robustes et catholiques pratiquants, prêts à défendre le Saint-Siège. Dénommés zouaves pontificaux, tous avaient à cœur de servir le Christ, au péril de leur vie. Créée en 1861, la troupe s’étoffe rapidement pour devenir un régiment. Il comptera jusqu’à 18.000 hommes, dont beaucoup venaient de Belgique.
Soutenus par les prêtres, qui lançaient des invitations à s’engager, ces zouaves ont suscité une mobilisation financière non négligeable dans les paroisses. Les défunts, tombés au front, apparaissaient aux yeux de beaucoup comme des martyrs. Présents là où se dressait l’ennemi, ils ont lutté vaillamment sur différents champs de bataille, jusqu’à la défaite de Garibaldi et de ses chemises rouges. Ce régiment d’exception a été dissous en 1871, à la suite de la disparition des Etats pontificaux.
Quoi de mieux pour évoquer cette épopée qu’une bande dessinée, faite pour distraire et instruire sur un pan du passé? Les auteurs donnent vie à cette aventure en utilisant un flash-back: des enfants viennent rendre visite à leur grand-mère et découvrent une photographie, celle de leur aïeul François-Alexis. Qui servait justement au sein des zouaves pontificaux. Des enfants ravis d’entendre narrer ses faits glorieux par la vieille dame…

Daniel BASTIÉ
📘 Vivier & Cerisier, Les zouaves pontificaux. Ed. Plein vent, 2024, 48 pages.

