Opinion : Ne faudrait-il pas revoir la formation des prêtres ?


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Opinion : Ne faudrait-il pas revoir la formation des prêtres ?
© François-Régis Salefran
Par Jacques HOOTELE
Publié le - Modifié le
4 min

Le "manque" de prêtres en interpelle plus d’un. Ne doit-il pas nous inviter à revoir le long parcours de formation imposé aux séminaristes. Ou de créer un parcours alternatif? Pour Jacques Hootelé, il importe en tout cas de davantage tenir compte de la façon dont Jésus appelait et formait ses apôtres.

Pour pallier le manque de prêtres, Jésus ne nous a donné qu’un seul moyen: “Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson” (Lc 10, 02). Fort bien, mais comment préparons-nous les candidats au sacerdoce que le Seigneur nous envoie?

Combien de vocations écartées?

Un clic sur internet me donne le programme de formation du séminaire de Namur: 1 année de propédeutique + 2 (ou 3) années de philosophie + 4 années de théologie. Ce programme implique d’être capable d’études universitaires, ce à quoi je pense que j’aurais dû renoncer n’ayant réussi que péniblement mes humanités. Combien de vocations ont-t-elles été écartées du fait de cette exigence?

L’argument selon lequel ce niveau s’impose car le prêtre doit être à même de répondre aux questions des fidèles ne me convainc pas.

De longues études donnent-elles la connaissance de Dieu? L’Esprit-Saint, n’aurait-Il que ce moyen pour nous guider vers la Vérité toute entière? Au début de l’Eglise, les prêtres étaient choisis par la base pour leur sagesse, leur foi, leur proximité des fidèles et la clarté de leur enseignement. Ces dons ne s’acquièrent-ils que sur les bancs de l’école?

Des hommes ordinaires

Comment Jésus s’y est-il pris pour recruter, former et accompagner ses apôtres? Surprise! Alors qu’Il est suivi par des scribes, des pharisiens, très compétents en matière de religion, ce n’est aucun d’eux qu’Il choisit mais des hommes ordinaires qui étonneront les autorités religieuses: “Constatant l’assurance de Pierre et de Jean, et se rendant compte que c’était des hommes sans culture et de simples particuliers, ils étaient surpris” (Ac 4, 13).

Ce seront des marins-pêcheurs, des hommes mariés ou n’ayant aucune culture religieuse: “(…), il aperçut Lévi, fils d’Alphée, assis au bureau des impôts. Il lui dit: “Suis-moi” (Mc 2, 14). Ce qui caractérise ces hommes c’est qu’ils quittent tout, sans hésitation, pour suivre Jésus.

L’entraînement sur le terrain

Pendant trois ans, Jésus va les entraîner sur le terrain, au contact direct des foules. Il leur fait côtoyer prioritairement toutes les misères morales, physiques et spirituelles. Il les pousse toujours plus loin annoncer l’Evangile: “… Levez-vous, partons d’ici” (Jn 14, 31). Par Jésus, les disciples apprennent à utiliser un langage simple pour être compris du plus grand nombre: “Ou encore, si une femme a dix pièces d’argent et qu’elle en perd une, ne va-t-elle pas allumer une lampe, balayer la maison…?” (Lc 15, 08). L’humilité doit être à la base de leur engagement, il s’agit de se mettre au service des gens et non d’exercer un pouvoir. “Alors il se mit à laver les pieds des disciples…” (Jn 13, 4-5).

Pas d’enseignement ex cathedra, Jésus répond aux questions des disciples en dialoguant familièrement avec eux; Vivre en proximité intime et permanente avec Jésus est vital: “Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là porte beaucoup de fruit, car, en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire” (Jn 15, 05).

La pratique d’une relation intime

Je ne propose nullement de balayer le programme de formation du séminaire mais de s’inspirer de l’exemple de Jésus pour créer un nouveau circuit de formation de trois ans basé davantage sur la pratique d’une relation intime et permanente avec Jésus par la prière, de l’écoute, de la découverte de soi, du dialogue, de la connaissance des saints et des saintes, de l’animation de groupe…

J’aimerais partager deux citations en guise de conclusion:

“Ce qui manque à trop de chrétiens – baptisés et confirmés dans l’enfance, mais qui n’ont pas ratifié, à l’âge adulte, les richesses sacramentelles latentes en eux – c’est d’avoir rencontré, vraiment Jésus-Christ, d’avoir découvert son visage, sa parole, ses exigences et noué avec lui un lien existentiel.” (Cardinal Suenens, Le chrétien au seuil des temps nouveaux, Ed. Fiat Belgique, 1995, p. 14)

“Ma fille, pourquoi attaches-tu tant d’importance à la formation et au langage des gens. Je désire moi-même te former […]. En un instant, je te ferai connaître beaucoup plus que d’autres acquerront jamais, en peinant durant des années […]. Sache, ma fille, qu’en un moment je puis te donner tout ce qui t’est nécessaire pour accomplir cette œuvre” (Petit Journal de sainte Faustine, Téqui, Paris 2007, 1146 et 1152).

Jacques HOOTELE

(titre, intertitres et chapeau de la rédaction)

Catégorie : Opinions

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