Le Pape s’inquiète de la disparition du patrimoine spirituel d’Orient


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Le Pape s’inquiète de la disparition du patrimoine spirituel d’Orient
Des Palestiniens à la recherche des victimes sur le site des frappes israéliennes à Gaza. © Vatican News
Par Vatican News
Publié le
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«Tant d'Églises orientales sont écrasées par une lourde croix et sont devenues des "Églises martyres": elles portent en elles les stigmates du Christ». Le Pape l’a rappelé ce 27 juin au cours de l’audience qu’il a accordée aux participants à la session plénière de la ROACO. François a tourné ses pensées vers la Terre sainte, la Syrie, le Liban, tout le Proche-Orient, mais aussi l'Ukraine, le Caucase et le Tigré. «Il est urgent de cesser le feu, de se rencontrer et de dialoguer», a-t-il dit.

«Là même où vit une grande partie des catholiques orientaux, la barbarie de la guerre fait rage de manière odieuse». Une situation triste que déplore le Saint-Père. Le sang ne cesse de couler et les cœurs sont meurtris en raison des conflits et guerres qui continuent d’endeuiller les familles. Les Églises orientales ne sont pas épargnées: «écrasées par une lourde croix», elles «sont devenues des "Églises martyres" portant en elles les stigmates du Christ». C’est ce qu’a fait remarquer François, lors de l'audience ce jeudi 27 juin, avec les membres de la ROACO (Réunion des œuvres d'aide aux Églises orientales), au terme de la 97ème Assemblée plénière qui a eu lieu du 24 au 27 juin, dans la salle de conférence de la Curie générale de la Compagnie de Jésus.

La souffrance des communautés orientales

«Comme la chair du Seigneur a été transpercée par les clous et la lance, tant de communautés orientales sont blessées et saignent à cause des conflits et des violences qu'elles subissent». Le Pape s’est souvenu de quelques endroits où elles se trouvent, citant notamment: la Terre Sainte et l'Ukraine; la Syrie, le Liban, tout le Proche-Orient; le Caucase et le Tigré. Ces Églises catholiques orientales ont besoin de soutien. François a invité «à les aider en ces temps dramatiques, à être fermement enracinées dans l'Évangile. Avec votre soutien, qu'elles contribuent à compenser ce que le pouvoir civil devrait apporter aux plus faibles et aux plus misérables, mais qu'il ne peut pas, ne sait pas ou ne veut pas apporter».

L'appel à agir

Face une telle situation tragique, «nous ne pouvons rester indifférents», a lancé l’évêque de Rome qui ne cesse d’appeler depuis plusieurs mois à la paix qui lui est chère, dans ces pays touchés par la guerre et la violence. Aux membres de la ROACO, le Pape a, de façon directe, souligné: «vous êtes des mains qui apportent de l'aide, qui soulagent ceux qui souffrent. C'est pour cela que vous vous réunissez: non pas pour des discours et des théories, non pas pour développer des analyses géopolitiques, mais pour trouver les meilleurs moyens de s'unir et d'alléger la souffrance de nos frères et sœurs orientaux». Ces derniers jours, les membres de ROACO ont réfléchi à la situation dramatique de la Terre Sainte, «là où tout a commencé, là où les Apôtres ont reçu le mandat d'aller dans le monde pour annoncer l'Évangile». Et aujourd'hui, le Successeur de pierre a de nouveau appelé «tous les fidèles du monde entier sont à faire sentir leur proximité; et à encourager les chrétiens, là et dans tout le Proche-Orient, à être plus forts que la tentation d'abandonner leurs terres, déchirées par les conflits».

Le Pape François a invité à aimer les Églises orientales qui conservent des traditions spirituelles et sapientielles uniques: «elles ont tant à nous dire sur la vie chrétienne, la synodalité et la liturgie; pensez aux premiers Pères, aux Conciles, au monachisme: des trésors inestimables pour l'Église». Parmi les Églises orientales, «il y a celles qui sont en pleine communion avec le Successeur de l'apôtre Pierre. Elles enrichissent la communion catholique de la grandeur de leur histoire et de la beauté de leur spécificité».

«Arrêtez! car la violence n'apportera jamais la paix»

À ceux qui alimentent la spirale des conflits et en tirent profit, le Pape leur a encore répété d’un ton ferme dans son intervention: «Arrêtez! Arrêtez!, car la violence n'apportera jamais la paix. Il est urgent de cesser le feu, de se rencontrer et de dialoguer pour permettre aux différents peuples de coexister, seule voie possible pour un avenir stable». Avec la guerre, personne ne sera gagnant: tout le monde sera vaincu, a affirmé l’évêque de Rome. Les victimes et les nécessiteux, n’en peuvent plus de supporter une telle situation, a-t-il fait comprendre. Le Souverain pontife a invité à écouter les cris des jeunes, des gens ordinaires et des peuples, qui sont fatigués des discours belliqueux, des refrains stériles qui accusent toujours les autres, divisant le monde en bons et en méchants, des dirigeants qui peinent à se mettre autour d'une table pour trouver des médiations et promouvoir des solutions.

Le Pape François lors de l'audience avec les membres de la ROACO ce jeudi 27 juin.
Le Pape François lors de l'audience avec les membres de la ROACO ce jeudi 27 juin. © Vatican News

Migration de nombreux chrétiens

De nombreux chrétiens d'Orient, fuient les conflits ou émigrent à la recherche de travail et de meilleures conditions de vie. Certaines Églises, en raison des migrations massives de ces dernières décennies, a noté le Pape, ont la plupart de leurs fidèles qui vivent en dehors de leur territoire traditionnel, où l'assistance pastorale est souvent médiocre en raison du manque de prêtres, d'installations et de connaissances adéquates. Et ceux qui ont déjà dû quitter leur patrie courent le risque de se retrouver également privés de leur identité religieuse; et au fil des générations, le patrimoine spirituel de l'Orient, richesse incontournable pour l'ensemble de l'Église catholique, se perd, a-t-il déclaré.

L'Ukraine

En ce qui concerne «l’Ukraine tourmentée, pour laquelle je prie et ne me lasse pas d'inviter à prier», François a souhaité que «des lueurs de paix s'ouvrent pour cette chère population, que les prisonniers de guerre soient libérés et les enfants rapatriés». La situation humanitaire des personnes déplacées dans la région du Karabakh a été évoqué: «merci pour tout ce qui a été fait et sera fait pour aider ceux qui souffrent», a déclaré le Saint-Père au membres de la ROACO.

👉 Lire à ce sujet : La paix israélo-palestinienne

Myriam Sandouno Pour Vatican News


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