Retrouvez le commentaire de l’évangile de la Solennité de la Sainte-Trinité par le frère Philippe Henne : « Nous ne sommes pas sur terre par hasard »


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Retrouvez le commentaire de l’évangile de la Solennité de la Sainte-Trinité par le frère Philippe Henne : « Nous ne sommes pas sur terre par hasard »
Par Frère Philippe Henne, o.p.
Publié le - Modifié le
3 min

Pour le frère Philippe Henne o.p., la fête de la Sainte-Trinité nous invite "à contempler la belle entente qui existe entre le Père, le Fils et le Saint-Esprit".

"La Trinité, c’est bien compliqué. Moi, Jésus, ça me suffit": voilà ce qu’on a envie de dire quand on parle de ce mystère. Et c’est vrai que c’est plus facile de prier Jésus que de contempler la Trinité. Jésus, c’est facile de se le représenter: c’est un homme comme nous. On peut lui parler de nos petits soucis et de nos gros problèmes. Il sait ce que c’est: il l’a vécu. Et pourtant c’est une erreur de réduire Jésus à sa seule dimension humaine. Il ne faut pas oublier qu’il est Dieu et qu’il n’est pas tout seul. Il ne faut pas se l’accaparer, ni le couper de son entourage. A force de voir Jésus tout seul, on réagit comme un petit garçon. Il ne voit que sa maman et il en oublie qu’elle est mariée, qu’elle a un autre amour tout aussi important et pas contradictoire.

Bien au contraire! C’est parce que cette femme connaît un grand amour qu’elle a pu donner la vie à ce petit garçon. De la même façon, c’est parce que le Père et le Fils s’aiment dans l’Esprit que le monde fut créé. L’amour est fécond. Il donne la vie et nous sommes le fruit de cet amour entre le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Cela veut dire que nous ne sommes pas sur terre par hasard, ni par accident. Nous le sommes par amour, parce que Dieu l’a voulu, parce que le Père, le Fils et l’Esprit Saint ont tous participé et participent encore à cette grande œuvre. Cela nous rappelle aussi que rien de beau ne se fait si ce n’est par amour. On peut rendre service par obligation ou par devoir, mais cela reste froid et sans intérêt. Il manque l’essentiel: la flamme délicate de l’amour, la chaleur du regard, la lumière d’un sourire.

Mais, en plus de toutes ces belles leçons, la fête de la Trinité nous invite à contempler la belle entente qui existe entre le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Cette belle entente contraste avec les guerres et les confits qui déchirent tant de pays. Elle est beaucoup plus qu’une simple coexistence pacifique ou une coopération basée sur la confiance. Elle est basée sur l’admiration réciproque. Regardez comme, dans l’Evangile de Jean, Jésus parle tout le temps de "celui qui m’a envoyé". Il n’a que ce mot à la bouche: mon Père qui est dans les cieux. Il ne souhaite qu’une chose: c’est tout le monde connaisse son Père parce qu’il est merveilleux. Et le Père fait de même avec Jésus. Il le dit et il le répète en public devant tout le monde: "celui-ci est mon fils bien-aimé en qui j’ai mis tout mon amour".

Oui, l’amour, ça existe malgré tous les divorces et toutes les disputes. L’amour n’est pas un rêve illusoire, une fantaisie inventée pour des midinettes romantiques. C’est quelque chose de fort et de sérieux qui peut mener parfois jusqu’à de grands sacrifices, comme celui de l’autel que nous célébrons aujourd’hui. C’est le Christ qui se donne tout entier. C’est l’Esprit qui transforme ce pain et ce vin. C’est le Père qui les anime tous Trinité les deux pour réaliser cette grande œuvre d’amour.

La fête de la Trinité nous rappelle donc que l’amour, le vrai amour, ça existe, un amour qui invite à se lever et à se donner aux autres parce que nous sommes poussés par un premier amour, celui qui donne la vie, celui qui nous donne la joie de vivre.

Frère Philippe HENNE, op.


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