Afrique du Sud: l’Église organise une plainte contre les compagnies minières


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Afrique du Sud: l’Église organise une plainte contre les compagnies minières
Survol aérien de Durban
Par Vatican News
Publié le
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Dans un communiqué rendu public le jeudi 16 août, l’Église sud-africaine annonce avoir organisé un recours collectif de mineurs de charbon devant la justice, contre des compagnies minières d'Afrique du Sud. «Il incombe à l'Église d'apporter son aide (…) afin qu'ils puissent obtenir les compensations qui leur sont légalement dues», peut-on-lire dans la note.

L'extraction du charbon (photo d'illustration) cause des dégâts tant humains que écologiques - ©CC-BY-SA 3.0 Raimond Spekking

Au nom de 17 mineurs ou anciens mineurs atteints de maladie pulmonaire, la procédure a été lancée mardi 15 août, contre le géant mondial du charbon BHP, sa filiale South32, ainsi que la société Seriti, précise Dasantha Pillay, une avocate de la partie civile, à l’AFP. En effet, tous les mineurs ou familles de mineurs malades ayant travaillé pour ces entreprises depuis 1965 sont en mesure de rejoindre la plainte en nom collectif.

Le soutien de l'Église d'Afrique du Sud

L’Église catholique d’Afrique du Sud à travers cette démarche, souligne avoir voulu «répondre à une demande de soutien» des mineurs de charbon sud-africains. Elle estime qu’il lui «incombe d'apporter son aide (…) afin qu'ils puissent obtenir les compensations qui leur sont légalement dues», car «les anciens travailleurs des mines ne sont le plus souvent plus syndiqués et ils n'ont ni les moyens, ni les capacités d'intenter un recours contre les grandes entreprises responsables des maladies pulmonaires dont ils souffrent», a expliqué Mgr Stephen Brislin l'archevêque du Cap.

La responsabilité des entreprises

Le travail des mineurs n’étant pas sans risques, «les compagnies minières, conscientes des risques sanitaires, n'ont fourni ni les informations, ni les équipements nécessaires pour assurer un environnement de travail sûr», déplore l’Église.

Human Rights Watch a dans un rapport publié en juillet 2022, alerté sur la situation des dizaines de milliers de mineurs artisanaux, appelés «zama zama», qui exploitent les roches stériles ou les mines abandonnées. Au moins 150 d’entre eux seraient morts à cause de l’effondrement de tunnels, d’intoxications au gaz, de suffocations et d’accidents dus aux explosifs.

Les mineurs et communautés en danger

En Afrique du Sud, le secteur du charbon pilier de l’économie du pays, embauche près de 100 000 personnes et fournit 80% de l'électricité. La province charbonnière du Mpumalanga est l'une des régions du monde où l'air est le plus pollué. L’année dernière, Human Rights Watch avait fait savoir que «le gouvernement sud-africain n’a pratiquement rien fait pour remédier à l’héritage toxique que les mines de charbon abandonnées ont légué aux communautés avoisinantes», exhortant à «veiller à ce que les compagnies minières qui ont profité pendant des années de l’exploitation du charbon, n’ignorent pas leur responsabilité de nettoyer le désordre toxique qu’elles ont laissé derrières elles.»

Vatican News avec agences

Catégorie : International

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