Opinion: « Le roi Baudouin continue d’exister »


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Opinion: « Le roi Baudouin continue d’exister »
Par La rédaction
Publié le
4 min

Cette semaine, la Belgique se souvient particulièrement du roi Baudouin, décédé il y a trente ans. Frédéric Close, fidèle lecteur de Dimanche, revient sur le décès de cette personnalité, à l'occasion duquel chaque Belge a ressenti intensément le lien qui l’unissait à la monarchie. Et a pu se recentrer sur l'essentiel.

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Le 31 juillet 1993 est gravé à jamais dans nos mémoires. L’annonce de la mort du roi Baudouin fut aussi brutale que le fut son attaque cardiaque. Elle marqua à jamais les esprits.

La Belgique était bouleversée d’émotions; le monde entier tournait son regard vers ce petit pays, orphelin d’un si grand roi. La foule se rassemblait à Bruxelles dans le recueillement, les dirigeants des plus grands pays se déplaçaient de loin, les éloges étaient criants de vérité, la gratitude venait du cœur. Monarchistes et républicains, croyants et athées, tous évoquaient la bonté du roi, sa simplicité qui faisait sa grandeur, son sens exemplaire du devoir. Tous s’associaient à sa douleur d’avoir perdu trop tôt sa maman, d’avoir vu son père calomnié, déshonoré et haï, d’avoir dû endosser si jeune d’énormes responsabilités, de n’avoir pu surtout assurer avec une épouse tant aimée la succession monarchique…

On l’a dit et répété, le roi Baudouin était plus qu’un roi, il était le berger de son peuple, toujours prévenant et attentif, compréhensif et généreux. Ses qualités humaines forçaient le respect et l’admiration; plus encore que la fonction royale, elles le plaçaient hors du commun.

Un deuil intense

Ce deuil intense fut donc un temps exceptionnel pour chaque Belge, celui de retourner à l’essentiel. Ce que le citoyen ressentait du lien qui l’unit à la monarchie, apparaissait très voisin de celui qui le rend solidaire de ses compatriotes. C’était un peu le sentiment d’appartenir à une famille qui se retrouve dans l’épreuve.
Comme tout état de grâce, celui de l’été 1993 ne pouvait cependant durer. Politique, sociale, économique, la vie reprit son cours. Elle connut des hauts et des bas, de sorte que la Belgique retomba vite dans ses oppositions mesquines, ses revendications égoïstes, son pragmatisme coutumier, son matérialisme étouffant.
Le souvenir du roi s’estompa et le pays se consola peu à peu de son chagrin. Consolidée par quarante-deux ans de règne, l’œuvre toutefois reste féconde puisque, comme un ancêtre disparu, l’homme et le souverain continuent d’exister pour ceux qui, secrètement, le consultent et auxquels il indique la voie à suivre.

Trente ans déjà, trente ans seulement!

Le propre d’un anniversaire est de mesurer le temps qui passe, ou plutôt de réfléchir à son œuvre et de nous interroger sur la manière dont nous en avons ou non tiré profit. Comme l’activité économique, la science ou encore la politique mondiale, les mœurs et l’art de vivre ont changé. Nous-mêmes avons individuellement participé à une rapide évolution qui qui n’a pas connu que des succès mais qui, peu à peu, nous a accompli pleinement. Depuis 1993, chaque décennie et même chaque année nous ont confrontés à de nouveaux défis, à des crises ou des difficultés, à des satisfactions et des petits bonheurs. Toutefois, ce sont toujours les mêmes problèmes qui subsistent. Ainsi, lorsque nous affrontons la pauvreté, les cataclysmes et autres souffrances ou détresses, nous cherchons tout naturellement à nous inspirer de l’exemple du roi Baudouin. Les médias nous rappellent alors sa prudente sagesse et sa réflexion face aux dangers, ses gestes affectueux et consolateurs en cas de malheur, ou encore sa foi protectrice et son humble piété quand survient le drame.

"Baudouin veille sur ses chers compatriotes"

L’enterrement solennel de notre souverain fut célébré en la présence parfois inattendue des grands de ce monde. La cérémonie reste cependant un modèle inoubliable de foi et de tolérance, d’œcuménisme et d’ouverture, d’attentions pour les exclus, de sobriété malgré le protocole, mais aussi d’une grande beauté musicale et liturgique. Dans la cathédrale, le long des rues surpeuplées de la capitale ou devant l’écran de télévision, des milliers sinon des millions de personnes ont participé à l’événement. Le silence était de rigueur. Tous et toutes avaient conscience de l’extraordinaire valeur exemplative du défunt. Chrétiens ou non, ils rendaient hommage à ce qu’on nomme communément "un saint".

Beaucoup, d’ailleurs, ont souhaité et souhaitent vivement que ce héros discret du XXe siècle soit un jour canonisé. L’opposition politique de certains ne saurait l’empêcher, tant il est vrai que la procédure canonique est d’un ordre différent! L’essentiel n’est-il pas, en définitive, que tout chrétien soit déjà convaincu de la sainteté de Baudouin Ier? Or, chacun sait du fond de son cœur combien le roi intercède pour "(ses) chers compatriotes". Il veille sur eux avec une tendresse somme toute paternelle.

Merci, Sire!

Baudouin Ier : le premier roi des Belges (vraiment) catholique

Catégorie : L'actu

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