René est Français. Guy est Belge. Ils se sont rencontrés en Corse sur le GR20. Mais c'est à vélo qu'ils viennent de réaliser leur dernier périple jusque Rome. Une aventure, un pèlerinage, qui les a marqués.

"Nous nous sommes rencontrés en Corse sur le GR 20" racontent René et Guy. "Et nous sommes devenus amis". Depuis, chaque année, la petite troupe - René et son ami Jean-Luc, Guy et son ami José - organise un voyage à vélo. En 2021, les comparses belges et français ont réalisé un tour de Belgique avec leur petit reine.
"Ca te plairait d'aller à Rome?"
En mars 2021, René a perdu son épouse. "Je lui demandais souvent 'quand est-ce qu'on va à Rome?' car nous avions le projet d'y aller ensemble". Alors qu'il discute avec son ami Jean-Luc de leur prochaine destination, René lui demande : "Ca te plairait d'aller à Rome?" Toujours partant, Jean-Luc répond "pourquoi pas".
En septembre 2022, René passe le cap des 70 ans entouré de ses proches. Il invite son ami belge Guy. Et lui propose de rejoindre l'aventure romaine. Les deux binômes se préparent donc à vivre un nouveau périple de plus de 1000 km.
Une vie au jour le jour
Nos deux compatriotes Guy et José ont choisi de débuter leur parcours à la chapelle de la Bouhouille, dans l'entité de Blegny, dans la province de Liège. Partis le 27 avril, ils sont allés rejoindre René dans la banlieue de Nancy. Après une nuit de repos chez leur ami, ils sont descendus jusque Epinal pour embarquer le quatrième larron, Jean-Luc. Le 2 mai, le quatuor s'élance sur les routes avec pour objectif Rome.
"Ce fut une expérience inédite" confie Guy, surtout pour nos cyclos amateurs qui ont avalé entre 70 et 80 km par jour. Ils ont bien entendu profité des paysages et réalisé quelques visites, sans programme précis ni aucun logement réservé - sauf une location à Rome pour 5 jours. "Une vie au jour le jour" se souvient Guy.

Une route qui ne fut pas sans dangers comme nous l'explique René. "J'ai fait deux chutes." Dont une dans un tunnel suisse, par temps de pluie, où il a eu la peur de sa vie. "Si j'étais tombé de l'autre côté, j'étais sous le camion".
Entrepreneur maçon à la retraite, Guy a surtout été ébloui par la tour de Pise, pour son côté penchant mais surtout sa blancheur de marbre. Il a d'ailleurs insisté auprès de ses compagnons de route pour se rendre dans les carrières de Carrare. "Ce fut une belle découverte" reconnaît René. "Nous avons aussi visité beaucoup d'églises" notamment à Porto Venere dans la région des Cinque Terre, dans la baie de Gênes. Mais l'apothéose fut bien entendu l'arrivée sur la place Saint-Pierre, le samedi 20 mai.
Roma caput mundi
"Je n'y croyais pas" raconte René. Les larmes au bord des yeux, il découvre en fin d'après-midi la place légendaire du Vatican, "cette belle place" dont il avait tant rêvé. "Je suis très croyant, alors pour moi Rome, c'est le centre de ma religion". Notre ami français avait tout de même pris les devants pour réserver une place à l'audience générale du mercredi suivant. "J'ai demandé au prêtre de ma paroisse comment je devais faire". René consulte le site du Vatican et remplit le formulaire ad hoc.
Ce n'est que trois jours avant leur arrivée qu'il reçoit un mail de confirmation. Il ne restait plus à René qu'à récupérer le précieux sésame, au bureau indiqué, pour pouvoir accéder à la place Saint-Pierre le jour J. Mais avant cela, il participe - seul - à la messe dominicale dans la basilique Saint-Pierre. "C'était magnifique!"

Arrive enfin le jour de l'audience. Guy sera frappé par le contraste entre des églises vides chez nous et cette ferveur palpable sur la place Saint-Pierre, au cœur d'une foule internationale. René remarque aussi qu'il est entouré de "gens venus de tous les pays du monde". S'il est un peu déçu de ne pas avoir pu serrer la main du pape François, il a tout de même pu le voir passer en papamobile à 1 mètre à peine. "Il était souriant mais l'air très fatigué" se remémore René.
Retour sans encombres
Le retour fut beaucoup plus reposant que l'aller. Nos quatre cyclos ont pris le train direction Bâle où ils se sont séparés, avec beaucoup d'émotion, pour rejoindre leur patrie respective. "Ce fut un super périple, conclut René. Vous savez, ce genre de voyage, on le prépare six mois à l'avance, on le vit intensément, puis on en parle encore pendant trois, quatre mois".
On comprend qu'il sera difficile pour nos aventuriers de faire mieux l'année prochaine! Nos quatre amis n'ont d'ailleurs pas encore évoqué leur prochaine destination. On leur souhaite déjà bonne route !
Sophie DELHALLE
Un ancien collaborateur de CathoBel a lui aussi fait le pari - en solitaire et pour la bonne cause - de rouler jusqu'à Rome. Revivez son histoire : Un pèlerinage vers une nouvelle vie

