Depuis lundi, les messes chrismales ont lieu à Tournai, Bruxelles et d'autres lieux des diocèses francophones. Pendant cette célébration, l'évêque bénit les saintes huiles sont bénies et les distribue entre les représentants des paroisses.
A cette messe chrismale dans les différents diocèses et vicariats, sont invités tous les prêtres, les assistants pastoraux et laïcs engagés dans les différents services. Lors de cette célébration l’huile du Saint-Chrême, qui servira aux baptêmes, confirmations et sacrements des malades de l’année à venir, est consacrée et ensuite dispersée.

Malines, Bruxelles et bientôt Nivelles, le Cardinal Jozef De Kesel préside la messe chrismale dans les différentes parties du diocèse. En s'inspirant des textes de la liturgie, l'archevêque remarque: "Nous non plus nous ne vivons pas une période confortable. [...] Nous continuons souvent comme nous avons toujours fait, mais la réalité nous oblige à en prendre conscience. Nous avons un riche passé derrière nous ; nous étions nombreux ; nous étions capables de réaliser beaucoup mais nous pouvions aussi beaucoup nous permettre. Nous en payons le prix aujourd’hui."

©Service communication Eglise catholique de Bruxelles
Appel à la conversion en se tournant vers le Christ
Malgré la diminution de la pratique religieuse, souligne le Cardinal De Kesel, "nous voulons rester présent dans la société. Nous voulons accomplir notre mission avec cœur et crédibilité. C’est ce que dit aussi le pape François : le problème n’est pas que nous soyons moins nombreux mais bien que nous devenions insignifiants." Le primat de Belgique encourage ensuite à s'inspirer du modèle du Christ: "Pour nous il n’y a pas d’autre voie, pas d’autre issue que de revenir à Lui, que de nous convertir. Abandonner tout ce qui nous écarte de Lui : abus de pouvoir et de considération ainsi que toute aspiration qui y conduirait, toute rivalité et dissension entre nous, tout ce qui finalement nous porte à ne chercher que nous-mêmes et à avoir toujours raison."

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Le Cardinal De Kesel rappelle en fin d'homélie que les prêtres renouvellent leurs promesses sacerdotales. Mais, ajoute-t-il "nous avons besoin les uns des autres. Cette mission n’est pas confiée comme en sous-traitance à ceux qui sont ordonnés où qui auraient reçu une mission pastorale. Elle est la mission de tout le Peuple sacerdotal de Dieu. Nous avons besoin les uns des autres."
Accès au texte intégral (en français ou en néerlandais)
Les prêtres jubilaires à l'honneur pendant la messe chrismale
Le diocèse de Tournai a choisi l'église de Péruwelz cette année pour accueillir cet évènement diocésain. Et pour ceux qui n'ont pas pu faire le déplacement, une retransmission sur Youtube permet de suivre cette messe chrismale.

La messe chrismale est l’occasion pour les prêtres et diacres de renouveler leurs engagements. L’abbé Olivier Fröhlich, vicaire général du diocèse de Tournai, a commencé ce moment en citant le nom des prêtres et diacres jubilaires de l’année. Parmi ceux-ci, Mgr Harpigny qui fête lui-même un double jubilé puisqu’il célébrera cette année ses 50 ans d’ordination presbytérale et ses 20 ans d’ordination épiscopale.
La prière comme arme contre le mal
Dans son homélie, Mgr Harpigny a insisté sur la place de la prière comme arme pour se libérer du mal. "Parmi les armes pour rendre justice et faire respecter le droit, nous avons aussi la prière. Comme croyants en Dieu, nous savons que la prière est toujours efficace. Jésus a enseigné une prière qui contient cette demande : Ne nous laisse pas entrer en tentation, mais délivre-nous du mal. Continuons à demander la délivrance du mal".

L'évêque de Tournai a alors cité quelques exemples de situations difficiles: la guerre en Ukraine, la détention d’Olivier Vandecasteele en Iran et les conflits en République Démocratique du Congo. "Je prends ces trois exemples parce que, dans la province de Hainaut, dans le diocèse de Tournai, des familles sont blessées, éprouvées, désespérées par ce qui se passe en Ukraine, en Iran, en République Démocratique du Congo", a-t-il ajouté.
L'homélie de l'évêque mentionnait également les collectes du Carême de Partage, pour soutenir les paysans du Brésil. La situation au Brésil sert alors d'exemple "du règne de l’injustice et du non-respect du droit".
Homélie (texte intégral) et photos sur le site du Diocèse de Tournai
Pour en savoir plus: D'où viennent les huiles saintes ?
Si la messe chrismale n'a pas encore commencée à Namur, le service communication dévoile un renseignement intéressant. Le baume qui sert pour les huiles saintes vient, pour le diocèse de Namur, de... France. "Chaque année, le diocèse de Namur passe ainsi commande à l’abbaye de Chantelle située dans le Bourbonnais, un triangle formé par les villes de Vichy, Moulins et Montluçon. Le diocèse commande deux flacons de 500 ml de ce baume qui donnera une bonne odeur au Saint Chrême."
"A l’abbaye de Chantelle, la fabrication du baume, précise sœur Gabriele, bénédictine, a débuté en 2002, pour répondre à la demande de prêtres." Ces prêtres étaient parfois déçus par le baume acheté, par exemple, en pharmacie et qui ne sentait pas aussi bon qu’espéré. "Ils souhaitaient avoir autre chose avec une meilleure senteur." souligne la religieuse. Les sœurs de l’abbaye de Chantelle parmi lesquelles on trouvait alors une chimiste et une scientifique ont donc commencé à chercher une formule qui correspondrait aux espérances des prêtres. Et elles y sont arrivées.
AFdB (avec les diocèses et vicariats)

