Mgr Lode Van Hecke était l'invité de l'émission "La Vie des diocèses" sur la chaîne privée KTO. Interrogé par Honorine Grasset, l'évêque de Gand s'est notamment exprimé sur ses priorités pastorales comme l'attention aux jeunes, la mission de l'Église "vers l'extérieur" et le soin des pauvres.

C'est la première fois que Mgr Lode Van Hecke, évêque de Gand, venait sur le plateau de "La Vie des diocèses" pour parler de l'actualité et des enjeux pastoraux de son diocèse. L'ancien père abbé d'Orval affronte avec confiance les défis de la sécularisation en Flandre.
Un moine devenu évêque
Flatté par la présentation de son diocèse, Lode Van Hecke trouve en effet que sa province (sic) est très dynamique, avec une histoire très longue, qui a aussi marqué l'Eglise, "nous représentons bien ce qui se passe en Flandre, au niveau du catholicisme, qui est quand même un peu particulier à notre pays".
Troisième moine trappiste au monde à devenir évêque en novembre 2019, il conserve sa devise de père abbé "Dans la joie du saint esprit". Il revient sur les circonstances de son ordination. "Ce fut une surprise totale". A l'époque de sa profession solennelle, il imaginait terminer ses jours à Orval, "le seul qui pourrait me sortir du monastère, c'est le pape, mais le pape ne connait pas Orval et encore moins Lode Van Heck, mais voilà tout a changé" raconte-t-il le sourire au coin des lèvres.
Il préfère d'ailleurs qu'on l'apelle père Lode plutôt que Monseigneur, le cardinal De Kesel lui avait même conseillé de conservé l'âme du moine lors de la messe d'ordination, "cette phrase fut comme un baume" sur le cœur du nouvel évêque qui avait été extirpé de sa vie contemplative. Car cela signifiait que "je peux être moi-même, ca marque ma façon de faire".
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Etre chrétien dans une Flandre très sécularisée
"En Flandre, on vient d'une Eglise système, on vivait dedans, et donc on n'avait pas besoin de s'expliquer et on n'était pas conscient soi-même de ce que l'on faisait. Le système a disparu, il n'est pas toujours évident de témoigner de sa foi, ce n'est pas une question de diminution de la pratique mais d'une conscience religieuse pas très élevée". Lode Van Hecke explique donc que "nous construisons une Eglise pour l'avenir", comme une charnière entre le passé et le futur.
Cette sécularisation est-elle synonyme d'effondrement ou d'opportunité? "Je considère cela d'abord comme une opportunité, nous apprenons à être une Eglise qui n'est pas tout et qui a le devoir d'être elle-même". Le défi, c'est de trouver cette nouvelle identité catholique, selon l'évêque gantois, de savoir pourquoi je suis croyant et suis-je capable d'en parler.
Le choc de l'affaire Jean Vanier
La journaliste s'enquiert ensuite de la manière dont Lode Van Hecke a vécu les récentes révélations sur Jean Vanier, fondateur de l'Arche, celui-ci venait régulièrement se reposer à Orval. "Le choc de ce que vivent les victimes en premier lieu", confie l'évêque qui éprouve des difficultés à concilier les faits qui lui sont reprochés et le bien qu'il a pu faire à travers ce qu'il a construit.
Retour sur visite ad limina
Honorine Grasset revient ensuite sur la visite ad limina des évêques belges à Rome en novembre dernier, "ce qui m'a frappé le plus c'est à quel point la voie synodale a fait son chemin dans la Curie romaine". Lode Van Hecke se dit très impressionné, que les évêques ont pu vivre un vrai dialogue, "on pouvait tout dire, ca a fait un bien immense".
Importance du dialogue oecuménique
"Ca fait longtemps que je suis sensible à cela, parce que Jésus a voulu l'unité comme presque preuve de la vérité de notre foi" exprime l'évêque de Gand, inquiet de l'indifférence envers l'œcuménisme considéré comme quelque chose de banal. "Je reste convaincu que cette désunion qui existe trop fait beaucoup de tort". Même si, précise-t-il, union ne veut pas dire uniformité. "Il faut partager nos richesses, pour moi c'est un travail urgent."
"Je vais partout où il y a des jeunes"
A la question, "qu'est ce qui vous semble prioritaire?" Lode Van Hecke répond sans hésiter : "Tout!" Et d'ajouter : "On n'a pas la choix, l'évangile nous pousse dans toutes les directions, on ne peut négliger personne, on doit avoir l'attention pour tous". Et comment peut-on rejoindre les jeunes et répondre à leurs aspirations? demande la journaliste. "C'est la question que tout le monde se pose. [...] je vais dans les écoles, j'encourage les étudiants en théologie à se retrouver, je vais partout où je peux aller où il y a des jeunes".
Quelle espérance pour demain?
"Découvrir l'essentiel de la foi, c'est la seule façon de se donner un avenir, [...] plus on (re)découvre sa foi, moins on a peur de la réalité, on perçoit mieux les opportunités" assure le moine-évêque.
"Nous avons encore une Bonne Nouvelle à annoncer dans ce monde sécularisé, nous donnons des réponses essentielles aux questions des gens d'aujourd'hui, dans notre foi, nous pouvons aussi donner l'espoir, et c'est cela que l'on attend le plus".
A découvrir également au fil de l'émission :
- un REPORTAGE dans la nouvelle paroisse de Ninove, qui regroupe quinze anciens clochers. Nous avons suivi son curé, le père Alexander Vandaele, et les laïcs qui participent à la réorganisation de cette paroisse, avec de nombreuses initiatives au service d'une vie chrétienne plus fraternelle.
- une INTERVIEW de Dieter Van Belle, délégué épiscopal à l'oecuménisme : le projet « Vivre le baptême » a permis d'impliquer les différentes communautés protestantes, orthodoxes et catholiques. Interrogé dans la paroisse orthodoxe de Saint-André à Gand, il évoque le travail oecuménique autour de fresques bibliques.
S.D. avec KTO

